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Foot - Economie - Clubs cherchent publics fidèles

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    Spécialiste de l'économie du football, responsable du département sport d'Ineum Consulting, Vincent Chaudel (Photo L'Equipe) conseille plusieurs clubs français dans leur stratégie de développement. A quelques jours de la reprise du Championnat de Ligue 1, qui a encore perdu plus de valeurs sûres qu'elle n'en a gagné cet été sur le marché des transferts, il dresse pour nous un bulletin de santé mitigé du football hexagonal. Deuxième partie de notre entretien.


    « Comment expliquer le temps retard du football français ? Vous évoquiez des raisons historiques...


    Il y a des éléments que les clubs ne maîtrisent pas, comme la démographie. Notre pays compte peu de grands bassins de population. Or il y a une corrélation très étroite entre les performances d'un club et la puissance économique de sa ville, de sa région. Dans le top 10 des meilleurs clubs européens, pas un seul n'est issu d'une agglomération de moins de deux millions d'habitants. En France, seul Paris dépasse cette taille. C'est un handicap pour générer une forte dynamique populaire et élever le niveau d'investissement des sponsors. Il y a aussi des freins culturels : le lien identitaire entre le club et ses supporters est moins solide en France que chez nos voisins, ce qui rend les affluences plus sensibles aux contre performances sportives. Dans ces conditions, fidéliser et développer le public est un vrai challenge pour les clubs français.


    Quel lien particulier un club anglais ou espagnol entretient avec ses supporters?


    En Espagne, en Italie, en Angleterre, l'attachement au club procède d'un profond ancrage social ou communautaire. A Madrid, vous pouvez soutenir le Real ou l'Atletico (surtout si vous êtes d'origine basque), à Barcelone, le Barça est le digne représentant de la Catalogne, mais il y a aussi l'Espanyol ; à Rome, vous avez le choix entre la Roma ou la Lazio, de même à Milan entre l'Inter (et ses origines anglaises) et l'AC Milan ; en Angleterre, il n'est pas rare de trouver deux clubs dans chaque ville, représentant historiquement les couches populaires (les rouges) ou la bourgeoisie (les bleus). Avec une telle identification sociale entre les clubs et les individus, même les clubs relégués gardent leur public !


    Pourquoi la France n'a pas connu une telle évolution ?


    En France, la tradition centralisatrice a prévalu, également dans le sport. Les collectivités locales ont souvent poussé au regroupement des clubs pour faciliter leur gestion... et parfois en faire leur porte-drapeau. Même Paris et ses 10 millions d'habitants ont le seul PSG quand un bassin de 4 millions d'habitants comme Manchester compte trois clubs en bonne, voire en très bonne santé - Manchester United, Manchester City et Bolton...


    Autant de beaux derbies...


    Il est clair que la rivalité alimente la passion et fait grimper les recettes. C'est aussi le cas en France. Lens n'a pas souffert du retour de Lille - au contraire, et Lyon pourrait profiter du développement de Saint-Etienne. Sans oublier que nous avons une rivalité originale entre la Province et Paris. Elle s'incarne dans l'opposition entre le PSG, symbole du pouvoir centralisateur, et l'OM, représentant la rébellion face à ce pouvoir, mais pas seulement : partout, on se déplace pour voir Paris... et s'y mesurer ! D'un point de vue économique, le maintien du Paris-SG est, sans aucun doute, une bonne nouvelle pour la L1. Comme sont aussi de bonnes nouvelles le retour de l'OM au premier plan et, bien sûr, l'éclosion de Lyon ces dernières saisons. Paris, Lyon, Marseille : les trois premières villes de France, le noyau dur du football français, ses locomotives.


    Est-ce à dire que la Ligue peut envisager sereinement le nouvel appel d'offre pour les droits TV, en novembre ?


    Je le crois, oui. En Angleterre, BSkyB a mis plus d'argent pour aider les clubs à proposer un meilleur spectacle. Canal+ ou autres ont le même intérêt en France. Mais il est non moins évident que les clubs dépendent trop des droits TV - 40% des recettes en Angleterre contre plus de 50% en France. Les clubs ont leur part de responsabilité dans cette « télé dépendance ». J'ai rencontré un jour un dirigeant de club qui m'a dit vouloir rénover son stade. Bien entendu, je l'ai encouragé et puis je lui ai demandé quelle enveloppe il comptait mobiliser. « 15.000 euros » m'a-t-il répondu. Et il était sérieux ! Aux clubs donc de rassurer les diffuseurs, les sponsors et les collectivités en mobilisant des capacités d'investissements. En faisant appel à des capitaux non seulement privés mais aussi publics, comme cela se passe en Angleterre, contrairement à ce que l'on croit...»
    PSG
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