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Edmilson :"Je cherche ma voie"

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  • Edmilson :"Je cherche ma voie"

    Après avoir monté une fondation pour faciliter l'insertion des enfants défavorisés et occupé des fonctions au sein d'un modeste club de son pays, l'ancien défenseur brésilien de l'OL « profite de sa famille »..

    UN SOURIRE destiné à la webcam en guise de sésame. Les responsables de la sécurité s'activent ensuite pour enregistrer notre identité. Un coup de fil et, quelques minutes plus tard, les imposantes grilles automatiques de la résidence Tamboré, au nord-ouest de Sao Paulo, s'entrouvrent. Au milieu d'un magnifique parc boisé apparaissent des villas immenses, certaines d'un goût douteux, mais aussi des courts de tennis ou un terrain de foot synthétique. C'est là qu'Edmilson (37 ans) nous retrouve, tout sourire et heureux d'échanger quelques mots en français. L'ancien défenseur brésilien de l'OL (2000-2004) et du FC Barcelone (2004-2008) arbore un polo où figure le nom de sa fondation « Edmilson semeur de rêves ». Depuis l'arrêt de sa carrière, en 2011, après une dernière expérience à Ceará SC, un club du nord-est du Brésil, il a d'abord consacré son temps au montage de cette association qui aide les enfants défavorisés de Taquaritinga, la ville où il a grandi. « L'idée est d'insérer ces jeunes par le biais de l'éducation, explique l'intéressé. Il faut agir le plus tôt possible pour aider à l'insertion sociale de ces gamins. »

    Avec des partenaires comme la Fondation du FC Barcelone ou Unimed, un géant de l'assurance médicale, le champion du monde 2002 a réussi à monter une structure haut de gamme sur un site de 2 000 m2, avec des salles de cours, une cantine, une bibliothèque et des terrains de sport. « C'est le projet qui lui tient à coeur, il y consacre beaucoup d'énergie », souligne Soraïa, sa collaboratrice. « On accueille presque 500 jeunes par jour, c'est du boulot », confirme Edmilson.

    L'AN DERNIER, Il A PARTICIPÉ À UNE ÉMISSION DE TÉLÉRÉALITÉ

    Le triple champion de France (2002, 2003 et 2004) garde cependant toujours un pied dans le football. Il travaille sur la chaîne de télévision brésilienne SBT où il prend part à l'émission Arena SBT et interviewe des joueurs en activité comme Luis Fabiano, l'attaquant du Sao Paulo FC. L'année dernière, il a aussi participé avec Zetti ou Paulo Sergio à une émission de téléréalité – le Gamin en or -, qui avait pour but de dénicher la nouvelle pépite brésilienne. « C'était marrant, j'aime bien découvrir et faire des choses nouvelles », commente Edmilson.

    Son expérience en tant que dirigeant a été moins concluante. De novembre à février dernier il a occupé des fonctions au sein de la direction de Barueri, un modeste club de la grande banlieue de Sao Paulo. Mais dans quelles fonctions ? « Difficile à dire, se marre-t-il. On n'est jamais arrivé à se comprendre. J'avais l'impression de parler chinois. Ici, les gens ont une culture un peu différente de la mienne. Moi, je suis resté dix ans en Europe. J'ai appris des choses, j'ai une autre ouverture d'esprit. C'est pour ça que cela n'a pas fonctionné. Je suis sorti de ce projet, mais je suis encore jeune, je cherche ma voie. En attendant, je profite de ma famille et je prends mon temps. » Suffisamment pour observer le foot européen et surtout la Ligue 1, qui continue de l'attirer.

    Sa fiche

    SA CARRIÈRE, SES CLUBS

    Brésilien, né le 10 juillet 1976 à Taquaritinga.

    FC SAO PAULO (BRE)

    1994-2000

    LYON

    2000-2004

    FC BARCELONE (ESP)

    2004-2008

    VILLARREAL (ESP)

    2008-2009

    PALMEIRAS (BRE)

    2009-2010

    REAL SARAGOSSE (ESP)

    2010-2011

    CEARA SC (BRE)

    2011

    ÉQUIPE NATIONALE

    42 SÉLECTIONS, 1 BUT


    5 Le nombre de titres et trophées remportés par Edmilson avec Lyon : trois Championnats de France (2002, 2003 et 2004), une Coupe de la Ligue (2001) et un Trophée des champions (2003). En Europe, il a aussi décroché deux Ligas (2005, 2006), une Ligue des champions (2006) et une Supercoupe d'Espagne (2005) avec le FC Barcelone



    Paroles d'ex

    1.« JE PRÉFÈRE LA LIGUE 1 À LA LIGA »

    « Je continue de regarder la Ligue 1 dès que je peux. J'aime bien voir les matches de Monaco, du PSG et de Lyon, évidemment. Pour moi, c'est le Championnat le plus difficile à conquérir après le Championnat anglais. En France, le niveau est très homogène et c'est plaisant. Je préfère la L 1 à la Liga. Jusqu'en 2009, le Championnat espagnol était un Championnat compétitif mais après, c'est devenu ennuyeux, ça se résume à un duel entre le Barça et le Real. Cette saison, l'Atlético Madrid (actuellement leader) est venu se greffer mais, dans l'ensemble, je m'ennuie devant la Liga. En 2004, à mon époque (Il évoluait alors au FC Barcelone), c'était difficile d'aller gagner à Saragosse, Valence ou Osasuna. Le Barça perdait six-sept matches par saison. Aujourd'hui, tu connais les résultats à l'avance. En France, le niveau technique n'est peut-être pas aussi élevé qu'en Liga, mais ça demeure toujours très intéressant. Le PSG peut avoir des difficultés face à une équipe de milieu de tableau. Il ne va pas gagner tous ces matches 4 ou 5 à 0 comme le Barça. C'est ce qui rend la L 1 passionnante, c'est serré. Un Real Madrid-Celta Vigo, tu connais le résultat à l'avance, donc, ça n'a pas d'intérêt. »

    2.« AULAS EST UN EXEMPLE »

    « Quand je suis arrivé à Lyon, en 2000, l'OL n'était pas grand-chose dans le paysage footballistique français et européen. Je me souviens de ma première interview pour L'Équipe. J'avais dit à Claude Chevally que je voulais être champion de France ! Il m'avait répondu : ‘‘Mais tu es fou ou quoi ? '' Finalement, je crois que c'était une prophétie. Lyon a été champion sept fois de suite ! La gestion de ce club a été vraiment très réussie. Même aujourd'hui, malgré les difficultés financières que traversent les clubs en Europe, l'OL s'en sort pas mal. Jean-Michel Aulas (le président du club) est un exemple. Sa gestion mérite le respect. »

    3.« THIAGO SILVA, LE LEADER, LE CRACK DE LA L 1 »

    « Le Edmilson de 2014 ? C'est évidemment Thiago Silva ! C'est le joueur le plus complet, c'est un leader, un exemple, une force physique impressionnante, une technique magnifique… Quand il est arrivé au PSG (à l'été 2012), il était déjà beaucoup plus expérimenté que moi à l'époque où j'ai débarqué à l'OL. Je venais de quitter Sao Paulo alors que lui arrivait de l'AC Milan. Il est le capitaine, le leader, le crack de la L 1. Il pourrait sortir davantage et utiliser ses qualités techniques. Lui et David Luiz peuvent se le permettre. Mais c'est difficile de parler de ça si vous n'êtes pas à l'entraînement et surtout si vous ne connaissez pas les consignes du coach. »

    4.« LE PROCHAIN ENTRAÎNEUR DE L'OL ? JUNINHO ! »

    « J'ai déjà ma petite idée en tête pour le prochain entraîneur de l'OL ! Juninho ! Il faut que ce soit lui. Je sais qu'il a déjà été invité à être coach de Lyon quand il était encore joueur… Le moment va venir. C'est par étapes. Pour l'instant, Rémi (Garde) accomplit un travail magnifique avec des moyens limités. C'est un bon coach, sérieux, qui connaît très bien le club. Mais je pense que, dans deux-trois ans, le timing sera parfait pour que Juninho devienne l'entraîneur de l'OL. »

    5.« IL NE FAUT PAS TOUJOURS ALLER EN AFRIQUE POUR RECRUTER DE BONS JOUEURS »

    « Lyon a besoin de talents brésiliens. Je suis triste quand je vais à Gerland et que je ne vois aucun Brésilien dans l'effectif. C'est dommage et je me demande où est notre héritage. Rémi (Garde) pourrait nous demander quelques conseils. Au Brésil, il y a pas mal de joueurs qui ne sont pas si chers et qui pourraient apporter une plus-value. Il ne faut pas toujours aller en Afrique pour recruter de bons joueurs. Nous en avons un paquet ici. Au Brésil, en Argentine ou au Chili, il y a des joueurs plus techniques et plus intéressants (qu'en Afrique). Il faut arrêter de privilégier la force physique et l'endurance. Pour bien jouer au foot, il faut d'abord avoir une bonne technique, non ? Je pourrais leur conseiller Osvaldo (Sao Paulo), qui ressemble un peu à (Sidney) Govou. Il y a aussi Wellington (Sao Paulo), il joue peu mais il a les caractéristiques pour évoluer à l'OL. Un attaquant ? C'est plus difficile, mais Alan Kardec (Benfica prêté à Palmeiras) pourrait être un bon choix. J'investirais surtout dans la création. C'est ce qui manque à Lyon. Je prendrais aussi un grand défenseur, genre Cleber (Corinthians), qui pourrait aider l'OL à retrouver la C 1. »



    Souvenirs d'ex

    « QUEL EST LE JOUEUR LE PLUS FORT QUE VOUS AYEZ AFFRONTÉ ?

    Il y en a eu beaucoup. Lors de ma première année à Lyon, j'avais été impressionné par Nicolas Anelka et Jay-Jay Okocha, qui jouaient au PSG. Ensuite, il y a eu Djibril Cissé, qui allait vraiment très vite avec Auxerre (1999-2004). Dans un autre registre, il y a eu Florent Malouda à Guingamp (2000-2003) et surtout Didier Drogba (janvier 2002-2003). Avec lui, on s'est souvent chauffé. Je me souviens d'un match contre l'OM (1-2, le 3 avril 2004) et d'un duel terrible avec lui. Je pense avoir réalisé le meilleur match de ma carrière ce soir-là. C'était un duel de fou, magnifique. On s'était mis des coups, des dribbles, des feintes, des provocations.

    CELUI QUE VOUS AVEZ PERDU DE VUE ET QUE VOUS AIMERIEZ REVOIR ?

    Jean-Marc Chanelet (à l'OL de 2000 à 2003). C'est un grand ami, j'aimerais bien le voir plus souvent. C'est un gars qui m'a beaucoup aidé lors de mon arrivée à Lyon. À chaque fois que je vais en France, je mange chez lui, on sort ensemble, on parle du bon vieux temps.

    LE PLUS DRÔLE ?

    Mahamadou Diarra ! Un vrai phénomène. Il y avait aussi Govou, Luyindula, Essien. Ils étaient jeunes mais super drôles. Coupet, Laville, Laigle, Delmotte étaient plus sérieux. Au début, on ne pouvait pas trop rigoler ou écouter de la musique avec eux. Il y avait un peu une ambiance d'enterrement dans le vestiaire (rire). Mais quand une bande de jeunes, qui rigole, chambre, crie ou danse a débarqué, c'est devenu beaucoup plus cool.

    LE MOINS MARRANT ?

    Vikash Dhorasoo. Il était toujours renfermé sur lui-même. Il y avait Philippe Violeau aussi. Mais ce n'est pas un reproche. Il montrait l'exemple.

    LE PLUS TECHNIQUE ?

    Ronaldinho. Que ce soit avec la Seleçao ou le Barça, je l'ai vu faire des choses incroyables. Ce mec inventait des dribbles, des passes, des feintes fabuleuses. Et parfois, il ne le faisait même pas exprès. Comme ce coup franc direct contre l'Angleterre, en quarts de finale de la Coupe du monde 2002 (2-1). Il a beau prétendre le contraire, je pense qu'il voulait centrer sur ce coup-là (rire).

    LE PLUS DÉTERMINÉ ?

    Sans doute “Il Fenomeno” Ronaldo. Il a connu pas mal de blessures graves, mais il est toujours revenu. En 2002, plus personne ne croyait vraiment en lui. Mais il a un mental d'acier. Et c'est lui qui fait la différence pour nous aider à remporter la Coupe du monde (8 buts, meilleur total de la compétition).

    L'ENTRAÎNEUR QUE VOUS AVEZ LE PLUS APPRÉCIÉ ?

    Paul Le Guen (à l'OL de 2002 à 2005), un mec exceptionnel ! Je ne veux pas non plus oublier Dominique Cuperly (adjoint de 1999 à 2002) ! Il a bossé des années avec Guy Roux. Il faisait tout ! Chapeau Dominique (en français dans le texte). Il m'a appris à comprendre la culture foot en France. Je crois que Lyon a beaucoup perdu quand Dominique est parti.

    LE MEILLEUR MOMENT DE VOTRE CARRIÈRE ?

    Sans doute en 2002. Je gagne le titre de champion de France et la Coupe du monde (2-0 contre l'Allemagne). En 2006, c'était pas mal aussi. Je suis champion avec le Barça et on gagne la Ligue des champions (2-1 face à Arsenal). Cette année-là, j'aurais aussi pu disputer le Mondial en Allemagne mais j'ai été écarté une semaine avant la convocation finale.

    LE PIRE ?

    Quand je suis arrivé au Barça, en 2004, je me suis rompu les ligaments croisés après seulement cinq matches. J'avais vingt-huit ans et j'étais au top physiquement quand ça m'est tombé dessus. J'ai joué encore un an et demi en étant bien, mais après, ce n'était plus vraiment ça. J'avais toujours des pépins physiques et je n'ai jamais retrouvé mon niveau.

    L'ANECDOTE QUE VOUS N'AVEZ JAMAIS RACONTÉE ?

    Il y a ce match que nous disputons en Coupe de l'UEFA, contre Bruges. Moi j'étais retenu avec la Seleçao au Mexique, donc, quand je suis arrivé directement en Belgique, j'ai d'abord cherché à me reposer pour récupérer du décalage horaire. Sauf que nous étions obligés de descendre pour prendre le petit déjeuner avec le reste du groupe. Moi, je suis resté dans mon lit. Je me suis fait descendre parce que j'avais zappé le protocole. Le problème, c'est que j'ai fait un match de merde et on a perdu 0-4 (1-4 en réalité, en seizièmes de finale aller de la Coupe de l'UEFA 2001-2002). J'aurais peut-être dû descendre prendre le petit déj en fait (rire)… »
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