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Di Nallo, le petit prince de Gerland

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  • Di Nallo, le petit prince de Gerland

    DI NALLO de ses débuts à 1964

    C’est le 20 avril 1943 qu’il est né. Mais où ???????, mais où vouliez-vous qu’il naisse ?????? dans le quartier de Gerland bien sur !!.

    Issu d’une famille modeste, il passe sa jeunesse à moins de 300 mètres du stade, entre les tristes HLM et les usines de produits chimiques. Il pousse ses premiers ballons dans cette cour de HLM avec ses copains.
    A 10 ans, il est la terreur du quartier. Il n’a qu’une passion le football. Il rentre ensuite au Rhône Sportif ou il reste 5 ans. C’est là que Jean Tamini, responsable technique de l’OL le remarque et lui propose de venir à l’OL.


    Une jeune pousse arrive…… et l’OL a…… « Fleury »
    Le 11 novembre 1959 à 16 ans et demi il signe à l’OL, il y restera …… 14 ans.
    L’OL est dans une période de grands changements. Le président M. Groslevin est remplacé par M.Maillet et l’entraîneur Gaby Robert succède à Lucien Troupel. Seul Jean Tamini reste au club. Au niveau sportif,. l’OL enregistre également les départs de joueurs cadres : l’international André Lerond part au Stade Français, Constantino Pirès pour Nîmes et Lucien Cossou pour Monaco.

    La saison suivante 1960/1961 est celle du rajeunissement Fleury Di Nallo et Marcel Aubour font leur début en équipe professionnelle au même moment ou débarquent à l’OL deux argentins Angel Rambert et Nestor Combin.
    Fleury joue son 1er match pro à Reims le 20 août 1960 lors de la 1ère journée. L’arrivée de Njo-léa l’éloigne de l’équipe fanion. En fin de saison devant le danger de relégation, l’entraîneur fait appel à lui. Il joue les 7 derniers matches de la saison et fait ses débuts à Gerland le 19 mars 1961 lors de la venue de Nancy. Il marque son 1er but (seul but de la saison) à Lens le 30 avril 1961 et permet à l’OL de s’imposer 1-0.

    L’année suivante 1961/1962 il marque en championnat 18 buts dont 3 doublés (Rouen Angers et St Etienne).

    11 novembre 1962 : son premier match en équipe de France.
    Le sélectionneur de l’équipe de France Georges Verriest et l’entraîneur Henri Guérin, las des critiques dont ils font l’objet, notamment sur la qualité du jeu offensif, appellent Fleury pour le match contre la Hongrie le 11 novembre 1962 au stade de Colombes. A 19 ans et demi, trois ans jour pour jour après avoir signé sa première licence à l’OL, il revêt pour la première fois le maillot de l’équipe de France, le jour ou Kopa (en froid avec le sélectionneur) fête sa 41ème et dernière sélection.

    A la 11ème minute l’équipe de France est menée 1-0. L’équipe semble paralysée et. Kopa ne réagit pas. Di Nallo n’a pas souvent la balle mais se bat, trop isolé à la pointe de l’attaque, il joue seul. Une fois, dix fois il tente mais échoue. Et soudain c’est l’éclair. Il dribble, un adversaire, deux, il mystifie le troisième, il perd la balle, la récupère et se retrouve seul devant le gardien. Sans s’affoler il le fusille d’un tir du gauche. Délire dans les tribunes, Kopa vient lui serrer la main.

    Hélas à la 36ème minute un deuxième but Hongrois conclu leur supériorité . Mais c’est sans compter sur Di Nallo. A la 74e minute il trompe une nouvelle fois le gardien Hongrois. Le public de Colombes lui fait une ovation et scande DI- NA- LLO, DI- NA- LLO, DI- NA- LLO. Les hongrois marqueront un dernier but.
    Le lendemain un journal titrait : Hongrie 3 Di Nallo 2.

    Quels débuts, 1ère sélection et 2 buts.
    Un concert de louanges salut l’événement « C’est le nouveau Kopa » «Il rappelle Roger Piantoni » « Une nouvelle étoile brille au firmament du football français » «Fleury Di Nallo un rayon de soleil dans la grisaille » « Albert, le capitaine hongrois dira de lui : quel joueur »
    Et pourtant il est touché par les critiques qui pleuvent sur la style de jeu défensif imposé par le sélectionneur Georges Verriest et l’entraîneur Henri Guérin. Ce dernier dira même après le match que Fleury a eu de la réussite sur ses 2 buts.
    Fleury ne sera pas sélectionné lors des matches contre l’Espagne (0-0), l’Angleterre (5-2) et la Hollande (0-1).

    Les années 1963-1964 avec l’équipe de France
    Il joue son deuxième match avec l’équipe de France, le 28 avril 1963 contre le Brésil de Pelé, Gilmar, Santos, Gerson. Il marque à la 82e minute, le seul but de la France qui s’incline 2 à 1.

    Pour sa troisième sélection il retrouve la Hongrie à Budapest le 23/05/64. Associé en attaque avec ses compères Rambert et Combin, la France s’incline 2-1 (but de Combin).

    Les années 1962-1964 avec l’OL
    Après avoir été champion d’automne en 1962, l’OL perd sa première finale de coupe de France contre Monaco. Après un premier match qui se termine sur un 0-0. Lucien Jasseron s’en prend à Combin et Di Nallo. «A vingt ans, j’aurais mangé l’herbe du terrain lors d’une finale de coupe. Si on ne se bat pas à cet âge, quand le fera-t-on ? ». Pourtant Combin et Di Nallo n’avaient pas été aussi médiocre que le prétend leur entraîneur. Militaires depuis 10 jours, ils sont perturbés, mangent mal et leur condition physique n’est plus la même. La finale est rejouée le 24 mai, sans Di Nallo écarté au profit de l’allemand Linder. Monaco , le champion de France, l’emporte 2-0.
    Fleury termine la saison avec un total de 10 buts en championnat.

    La saison 1963-1964 est l’une des plus glorieuse avec un tandem d’attaque exceptionnel Di Nallo - Combin.

    Monaco réalisant le doublé coupe/championnat, c’est donc l’OL qui participe à la coupe des coupe. La campagne européenne se termine en ½ finale après un matche d’appui, le troisième contre Lisbonne. En championnat l’OL termine 4ème et la saison se termine en beauté. L’OL remporte la coupe de France 1964 contre Bordeaux.
    De cette période Di Nallo dira « les 11 joueurs étaient bons, malheureusement il n’y avait pas de remplaçant. Dès qu’un de nous était blessé, ça ne tournait plus rond »
    Durant cette saison il marque 10 buts en championnat loin derrière Combin et ses 23 buts.
    Dernière modification par F@B_, 03/05/2011, 14h06.
    Merci l'OL

  • #2
    Cette demi de C2, ils auraient dû la gagner! Le rouge de Combin contre Hambourg n'a pas aidé malheureusement! Mais cette équipe qui "jouait à l'italienne" (dixit Aubour) avait, il est vrai, un effectif un peu juste! Rare et pas facile à l'époque de jouer sur tous les tableaux jusqu'au mois de mai!

    Cette saison 63-64 reste la grande saison de l'histoire de l'OL.

    Arf cette règle du but à l'extérieur::(
    https://twitter.com/phanou_herko

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    • #3
      Envoyé par le_chat_noir



      Il est clair que désormais avec un physique comme ça (comparez avec les cuisses et les épaules de Pelé :shock: ) un joueur n'aurait plus aucune chance dans le footbal d'aujourd'hui, talent ou pas

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      • #4
        Les années 1964-1966 avec l’OL : le départ de Combin, l’arrivée de Louis Hon
        La saison 1964-1965 débute sur une mauvaise nouvelle pour Di Nallo et pour les supporters. L’OL fait une bonne affaire financière en transférant en plein mois de juillet Combin à la Juve, pour 800 000 francs.
        Après le départ de Combin (94 buts en 4 saisons), Di Nallo termine le championnat 64-65 comme meilleur buteur du club avec 13 buts en 34 matches.

        Le départ de Combin explique t-il le déclin de Lyon ? Ou est-ce le style imposé par Jasseron ?
        Sous sa direction l’OL passe de champion d’automne en 62, vainqueur de la coupe de France en 64 avec une réputation de champion du béton, et se retrouver en fin de saison 1965-1966 dans un combat désespéré pour éviter la charrette des condamnés à la D2. Di Nallo marque 15 buts lors de ce championnat 1965-1966.

        Saison 1966-1967 : une pièce de 5 francs en bronze permet à l’OL de remporter sa 2ème Coupe de France
        L’arrivée de Louis Hon, au début de la saison 1966-1967, marque une rupture avec les méthodes du passé, le style change, l’OL pratique un 4-3-3 orienté vers la construction offensive et un jeu court. Un système ou Fleury retrouve la joie de jouer et le moral. On ne lui demande plus d’être au four et au moulin.
        « Il n’y a pas de miracle, je ne suis pas en meilleure forme que l’an dernier, mais sous la direction de Louis Hon, j’ai retrouvé la joie de jouer. On ne me demande pas d’être au four et au moulin comme c’était le cas auparavant »

        La coupe de France 67 : Un article du progrès avec photos commentées par Di Nallo, résume parfaitement comment après trois matches nuls contre Angoulème, le 10 mai 1967 à Marseille, le destin de la chute d'une pièce de 5 francs en bronze permet à Lyon d'accéder à la finale de la Coupe de France.

        Et le 21 mai 1967 Fleury Di Nallo marque une page d’histoire de l’OL en soulevant, comme capitaine, la coupe du cinquantenaire remise par le Général de Gaulle.

        Petite anecdote ce même jour un certain Serge Chiesa (Auvergne) recevait le prix du concours national des jeunes footballeurs.

        Son retour en équipe de France le 22 novembre 1966 contre la Pologne
        Le renouveau de Di Nallo se traduit par un retour en équipe de France.
        Après son premier match , on lui prédisait d’être rentrer dans l’équipe de France pour longtemps. Quatre années se sont écoulées avant de le retrouver pour sa 4ème sélection contre la Pologne le 22 novembre 1966. La France l’emporte 2-1 et Fleury marque le premier but à la 26e minute.

        Fleury explique alors cette absence de sélections par la dégringolade de Lyon. «Jouer devant, jouer derrière, prendre la balle dans les 18 mètres, la conduire jusqu’au but adverse, on fait ça un temps, on s’use puis on se décourage». Il n’aime pas le «béton» et préfère le style de jeu de Nantes.
        Il n’est pas épargné par les critiques qui pleuvent sur l’équipe de France. Aux critique sur son physique il répond « A lyon, on faisait de nombreux tests athlétiques, j’étais toujours second ou troisième. Le meilleur était Djorkaeff. Je faisait match nul à la longueur….La saison dernière j’ai marqué 6 buts de la tête»
        Ses autres sélections :
        17/9/67 Pologne France 1-4, il marque 2 buts.
        27/9/67 Allemagne-France 5-1
        28/10/67 France Belgique 1-1
        6/4/68 France Yougoslavie 1-1, il marque à la 78e
        24/4/68 Yougoslavie France 5-1 il marque à la 33e minute

        Le 22 septembre 1968 Fracture de la cheville
        La carrière de Fleury marque un coup d’arrêt ce 22 septembre 1968. A la 17ème minute à Saint-Ouen contre le Red-Star, un tacle de Monin a de lourdes conséquences : double fracture tibia-péronné.

        Après 10 mois sans jouer, il effectue sa rentrée à Bastia le 6 août 1969 en marquant 2 buts.

        9 avril 1971 un exploit dont il reparle souvent
        Après une défaite au match aller 2-0, (le jour de mes 20 ans, merci Fleury, quel cadeau), l’OL grâce aux 3 buts de Di Nallo se qualifie pour les ¼ de finale de la Coupe de France en éliminant après prolongation l’équipe des Carnus, Bosquier, Herbin, Revelli, Keita, Bereta.
        Di Nallo réalisé l’exploit de qualifier son équipe à la surprise de beaucoup en marquant à la 113e minute, sur une action partie de Chiesa et Ravier, il reçoit une passe de Félix et fusille Carnus.
        Comme il l’explique souvent, il avait même marqué 2 autres buts refusés par l’arbitre M. Machin à la 80e pour hors jeu ??? et à la 101e pour une faute ???? préalable d’un autre lyonnais

        Son dernier match avec l’équipe de France
        A la suite de son exploit en coupe de France, il est rappelé le 24 avril 1971 en équipe de France contre la Hongrie, pour sa dernière sélection. Il ne joue qu’une mi-temps
        Son parcours en équipe de France se termine sur un total de 10 sélections et 8 buts

        Son départ de l’OL
        Ce vendredi 13 septembre 1974 devant 9 000 personnes, l’OL remonte 4 buts au PSG dans un match où Fleury est jugé absent et maladroit. Les supporters refont le match. Est-ce la fin du petit prince ? Ils ne savent pas alors, qu’ils ont vu pour la dernière fois Fleury sur son stade avec le maillot de l’OL.
        Deux mois après, le 20 novembre, il est rappelé par Aimé Mignot pour le déplacement à Strasbourg, afin de palier l’absence de Serge Chiesa, suspendu pour avoir refusé de jouer avec l’équipe de France. Mais Fleury déclare forfait, blessure réelle ou mentale ?
        Au matin du 24 novembre, jour du match contre Sochaux, il invoque une vielle blessure à une cheville et ne joue pas.
        Les bruits de transferts courent. Un quotidien spécialisé laisse entendre que Marseille serait intéressé et que Fleury verrait d’un bon œil son transfert avant la fin de la saison. Aimé Mignot affirme «pas d’ostracisme vis à vis de Di Nallo… Qu’il donne la preuve qu’il est capable de tenir sa place convenablement chez les pro et il l’a retrouvera. Actuellement il n’est pas compétitif pour l’élite».
        Voilà qui était clair, entre l’OL et Di Nallo les ponts sont coupés.
        Le 28 novembre 1974 à 9 heure il est au siège de l’OL, il téléphone au président du Red-Star. A 13H il s’envole de Bron pour Paris et après une discussion de 30 minutes avec le président Sanchez, il signe un contrat de 18 mois et retrouve dix ans après son compère Nestor Combin.
        Merci l'OL

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        • #5
          Envoyé par le_chat_noir
          Les années 1963-1964 avec l’équipe de France
          Il joue son deuxième match avec l’équipe de France, le 28 avril 1963 contre le Brésil de Pelé, Gilmar, Santos, Gerson. Il marque à la 82e minute, le seul but de la France qui s’incline 2 à 1.
          Bravo pour le Petit Prince de Gerland.

          En fait le match du 28 avril 1963, c'était France 2 (Wisnieski, Di Nallo) - Brésil 3 (Pelé X3).

          http://www.fff.fr/cgi-bin/historique...pl?nomatch=282
          In Juninho we trust

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          • #6
            Envoyé par Roger H@nin
            En fait le match du 28 avril 1963, c'était France 2 (Wisnieski, Di Nallo) - Brésil 3 (Pelé X3).
            Bien vu, bonne rectification
            Merci l'OL

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            • #7
              Envoyé par sima-nikolic
              Il est clair que désormais avec un physique comme ça (comparez avec les cuisses et les épaules de Pelé :shock: ) un joueur n'aurait plus aucune chance dans le footbal d'aujourd'hui, talent ou pas
              faut pas "psychoter" sur la taille des cuisses, sinon on aurait pu mettre Priou a cote de Tigana et dire a jeannot de rentrer a la maison... je n ai pas eu la chance de voir jouer le petit prince de Gerland par contre c est lui qui me vendait toutes mes chaussures a crampon a l epoque de son magasin avenue de l universite dans le 7eme. avant qu il ne brule et que le petit prince n aille entrainer l equipe du FC ST PAUL pour fraude a la carte bleue...avait il vraiment besoin de cela ?

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              • #8
                Je me rappelle de son magasin de sport....c'était un truc style Di Nallo sport ?
                Je n'ai vu que ses deux dernières saisons à l'OL, donc peu de souvenirs...mais Fleury du quartier de Gerland, grand ami de Nicollin est un mythe....

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                • #9
                  Le petit Prince sur France 3, à la mi-temps de ce OL-FCSM. :proud:
                  In Juninho we trust

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                  • #10
                    Envoyé par Roger Hanin
                    Le petit Prince sur France 3, à la mi-temps de ce OL-FCSM. :proud:
                    Oui il ne change pas trop, ça fait plaisir de voir ce grand monsieur.

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                    • #11
                      Son intervention reste ce qui m'a le plus plu ce soir :)

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                      • #12
                        Le Petit Prince



                        Non, je ne vais pas vous narrer mon interprétation du chef d’œuvre de Saint-Exupéry au travers de cet article, ça n’aurait d’ailleurs rien à faire sur un site de sport! Mais je vais plutôt tenter de vous raconter à travers mes souvenirs personnels le parcours d’un autre authentique lyonnais, celui qui a été surnommé à son époque "le Petit Prince de Gerland"... Et je fais un petit clin d’œil au passage à celle qui m’a donné envie d’écrire cet article à la suite du sien, plein d’émotion et de souvenirs sur le grand footballeurs hongrois, Ferenc Puskás... Ceux qui liront jusqu’au bout verront au cours de cet article quelles en sont les raisons...

                        Gerland... Le stade historique de l’Olympique Lyonnais, bientôt sûrement remplacé par un autre stade, flambant neuf, situé un peu plus loin du cœur de Lyon, sûrement plus beau et fonctionnel mais qui n’atteindra pourtant jamais mon âme comme ce bon vieux stade, classé "monument historique" (et pas par moi!), maintes fois modifié, agrandi puis rapetissé, amélioré, mais toujours chargé des émotions de mon enfance.

                        Gerland... C’est aussi et surtout un quartier un peu excentré de Lyon, situé au sud de la ville, là où le Rhône et la Saône se rejoignent et s’épousent pour mélanger leurs eaux et dérouler leur cours unifié jusqu’à la Méditerranée... Le Rhône impétueux et la Saône sage et romantique dont les rives et les ponts lumineux agrémentent et embellissent, chacun à leur façon le centre de la belle capitale rhônalpine...

                        Gerland... C’est dans ce quartier autrefois très populaire et terre d’accueil des immigrés italiens, dans le premier quart du XXème siècle, que sont nés et ont vécu leur enfance et adolescence quelques personnes très chères à mon cœur... Mon père, bien qu’il n’y soit arrivé qu’à l’âge de deux ans, puis ses frères et sœurs... Et puis un autre fils d’immigré, devenu plus tard un vague cousin par les hasards de la vie et de l’amour, mais surtout un footballeur très talentueux et malheureusement un peu oublié aujourd’hui: Fleury Di Nallo...

                        Fleury, "la fleur" pour ses copains et coéquipiers...

                        Quel magnifique et prédestiné prénom pour celui qui a embelli de ses dribbles et crochets les matinées et soirées de match de Gerland...

                        Né le 20 Avril 1943 à Lyon, il a grandi et commencé à jouer football dans les cours des immeubles HLM édifiés sur les plan de Tony Garnier, architecte à qui l’on doit aussi le Stade de Gerland, l’hôpital Edouard Herriot, la Halle qui porte son nom et quelques autres édifices célèbres lyonnais... et le quartier des Etats-Unis, tout proche de Gerland, où j’ai grandi et vécu mon enfance...

                        Son premier club, le Rhône-Sportif, où sont venus le chercher les dirigeants de l’Olympique Lyonnais, sur la recommandation de Jean Tamini, personnage influent du club phare de Lyon et sa banlieue...

                        L’Olympique Lyonnais, où la Fleur effectua la quasi totalité de sa carrière, là où en tout cas il exprima le mieux son talent précocement mis en évidence dès 1959, à l’âge de 16 ans. Il intégra l’équipe pro du club l’année suivante, et n’en sortit quasiment plus, sauf sur blessures, rares durant sa carrière, sauf fin 1968 où il eut la malchance suite à une opposition très musclée d’un défenseur du Red Star, d’avoir une double fracture tibia-péroné qui le tint éloigné des terrains près d’un an...

                        Fleury, un attaquant petit (1,67), râblé, et d’une vivacité et un sens du but rares. Ses crochets et dribbles déroutants semaient la panique dans les meilleures défenses adverses...Ce n’était pas un joueur très régulier au cours d’un match, mais il pouvait le gagner à lui tout seul.

                        Durant les premières années de son long parcours lyonnais, le jeu de l’équipe était basé sur une défense virile et le plus souvent hermétique, du type "catenaccio", et un jeu offensif basé sur la vivacité, la vitesse et le sens du but de ses attaquants. Cette première partie de sa carrière, il l’effectua au cotés de Nestor Combin, autre figure emblématique de l’OL et buteur puissant, et du grand ailier gauche, franco-argentin lui aussi, Angel Rambert. Ces trois redoutables attaquants portèrent à plusieurs reprises le maillot de l’équipe de France et firent trembler la France et l’Europe sous les couleurs lyonnaises, particulièrement lors de la saison 1963-64, qui vit Lyon remporter la Coupe de France, aux portes de la finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe (à cette époque prestigieuse) éliminé seulement par tirage au sort par le Sporting de Lisbonne (0-0 à Lyon, 1-1 à Lisbonne, mais à cette époque les buts marqués à l’extérieur n’avaient aucune influence sur la qualification, sinon c’est Lyon qui aurait disputé la finale au lieu du club portugais). On peut rajouter que cette saison là, Lyon échoua de peu et seulement en fin de saison, pour l’obtention de son premier titre de Champion de France, titre qui fut perdu notamment en raison d’un effectif un peu "court" et de la désillusion et baisse de régime due à l’élimination en Coupe d’Europe...

                        Et alors que le départ du fer de lance Nestor Combin vers l’Italie allait affaiblir considérablement la puissance de l’OL, l’ASSE grand et magnifique rival régional, allait, lui, asseoir sa domination sur le football régional et national pour de longues années, en partenariat avec cet autre illustre club, le FC Nantes...

                        Di Nallo lui résista aux sirènes du voisin et de bien d’autres clubs, jusqu’en 1974...

                        A Lyon, il remporta la Coupe de France 1967 face au FC Sochaux (celle du Cinquantenaire, magnifiée par une magnifique passe en tribune d’Hector Maison au Général De Gaulle, Président de la République Française à l’époque) puis celle de 1973 face au grand FC Nantes, après avoir échoué en 1971 face à Rennes...

                        Cette dernière partie de la carrière lyonnaise de Fleury Di Nallo fut marquée par son association avec Sege Chiesa et Bernard Lacombe, autres "lutins" emblématiques du club lyonnais où ils formaient une redoutable triplette, malheureusement insuffisamment épaulée par le reste de l’équipe pour espérer remporter enfin un titre de champion... Mais l’OL terminait dans les toutes premières places du championnat français...

                        1974, départ pour le Red Star où il retrouve une dernière fois son ami Nestor Combin, puis il termine de 1975 à 1977 sa carrière de joueur professionnel chez son ami lyonnais, et fondateur du club montpelliérain "La Paillade" aujourd’hui le FC Montpellier-Hérault, alors en division d’Honneur...

                        Si on parle de la carrière internationale de Fleury Di Nallo, on peut dire qu’avec 10 sélections, dont sa première lors d’un fameux match France-Hongrie, veille de mon 10ème anniversaire, où il inscrivit deux buts qui lui valurent son surnom de "Petit Prince de Gerland", on peut dire qu’elle fut très décevante et frustrante au vu de ses qualités. Voilà quelques commentaires de l’époque, après son premier match contre les hongrois:

                        «C’est le nouveau Kopa» «Une nouvelle étoile brille au firmament du football français» «Fleury Di Nallo un rayon de soleil dans la grisaille» «Albert, le capitaine hongrois dira de lui: quel joueur»«Di Nallo 2 - Hongrie 3» (ben oui, la France avait perdu ce match malgré Fleury...)...

                        Il s’illustra encore face au grand Brésil quelques mois plus tard... Et ne fit plus que quelques apparitions sous le maillot tricolore au cours de sa carrière...

                        Carrière frustrant car il était assurément le joueur français le plus doué de sa génération et de bien d’autres, suivant l’avis de nombreux observateurs et spécialistes... Les raisons sont multiples.

                        La première responsabilité incombe à lui-même: à l’orée d’une période de grande mutation du football professionnel, il ne prit pas assez soin de sa préparation, de son hygiène de vie, et continuait à vivre de la même manière que les footballeurs d’avant guerre, alternant les périodes exceptionnelles et les méformes au cours d’une même saison, voir d’un même match... Je l’ai vu briller de mille feux, et gagner en inscrivant trois buts fabuleux seul ou presque face au prestigieux St Etienne, qui avait pris la fâcheuse habitude de corriger Lyon, même à domicile, en ces années là... Et aussi face à Hambourg en quart de finale de "Coupe des Coupes" en 1968 où il maintint les espoirs de qualification pour la demi-finale de l’épreuve en inscrivant deux buts splendides (j’y étais aussi!) et permettant un match d’appui face au futur vainqueur de l’épreuve (malheureusement, le choix du terrain adverse en raison d’intérêts financiers pour ce match décisif ôta tout espoir de le remporter)...

                        L’autre raison était l’état de déliquescence du football français à l’échelon international durant ces années. Après l’épopée glorieuse (mais perdante) de l’équipe de 58 en Suède, s’ensuivit une période de vaches maigres pour l’EDF... Non par l’absence de talents, mais par une gestion catastrophique et très controversée de la sélection nationale, et aussi des clubs... D’ailleurs, il fallut attendre 1978, Hidalgo et Platini pour voir à nouveau l’équipe française figurer en phase finale d’une compétition internationale, si l’on oublie l’épisode fugace et catastrophique de la présence en Angleterre en 1966...

                        Alors, le Petit Prince ne devint jamais Roi, malgré son immense talent...

                        Il n’a jamais su non plus qu’il avait donné l’amour du football et était devenu l’idole de son tout jeune petit cousin par alliance, qu’il a vaguement "bisouillé" lors de rencontres fugaces au coin d’un cimetière... Eh oui! Ces rencontres avaient lieu la plupart du temps lors des cérémonies funèbres et enterrements familiaux...

                        Il me reste de lui les souvenirs très forts et présents de nombre de ses buts marqués avec son Olympique parmi les 222 qu’il a marqué en 14 ans de présence...

                        J’ai omis jusque là de dire qu’il jouait en N°10, à un poste qu’on appellerait aujourd’hui de deuxième avant-centre, ou 9 1/2... C’est dire qu’avec une moyenne de 17 buts par saison en club, en tenant compte de sa longue blessure, et même à cette époque, il était décisif et prolifique à son poste... Et en 10 sélection: 8 buts...

                        Aujourd’hui vous pourrez l’apercevoir à Gerland, dans son fief, où il assiste en tribune d’honneur à tous les matchs de son club de toujours, près de son "jeune" et fidèle ami, Bernard Lacombe... Sa calvitie, son visage rond et son regard aigu et leur complicité éternelle ne pourront vous échapper si vous y prêtez un peu d’attention...
                        http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=29869
                        Décines on s'en fout, Gerland c'est chez nous

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                        • #13
                          Ca fait du bien d'entendre le nom de Di Nallo, Rambert, Combin, Chiesa... :lov:

                          Les premiers grands messieurs qui ont marqué l'OL :proud:

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                          • #14


                            Bon anniversaire. :oui:
                            sigpic

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                            • #15
                              OL : Di Nallo hospitalisé


                              Fleury Di Nallo (70 ans) a été hospitalisé d’urgence ce vendredi matin. L’ancienne gloire de Gerland (1960-1974) était en train de discuter dans le bureau de Bernard Lacombe, comme à son habitude.

                              http://www.olympique-et-lyonnais.com...ise,54660.html
                              Tenetevi il milliardo

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                              • #16
                                Rho, mauvaise nouvelle ça :non:

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                                • #17
                                  Planète Lyon ‏@Planete_Lyon

                                  Bonne nouvelle : on a croisé Fleuy Di Nallo ce matin durant notre promotion à Lyon, il nous a dit qu'il va mieux et se remet de son cancer.

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