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  • #26
    Envoyé par Elano Voir le message

    Oui, Santini je n'en pouvais plus moi, il était parfois capable de nous sortir des compo avec 4 milieux défensifs (Laigle Linarès Foé Violeau par exemple), alors qu'on avait vraiment du talent dans ce secteur de jeu. Je n'ai jamais revu ça chez un autre entraîneur, même Deschamps, c'est dire.

    Une sacrée bande de bonhommes en tout cas.
    Laigle était plus un relayeur à vocation défensive qu'un vrai 6. Et à la décharge de Santini, c'était l'époque qui voulait ça. La France est championne du monde avec un système à 3 milieux défensifs, la Juventus joue ses 3 finales de suite entre 96 et 98 avec 3 milieux défensifs, le Real aussi en 98 après c'est évident que la qualité des joueurs intervient aussi quand t'alignes redondo et Seedorf sur ton milieu à 3 ça fait moins défensif que Laigle-Linares-Violeau, si tu t'appelles manchester United et que tu mets Scholes-Butt-Keane-Beckham au milieu on te traite pas de défensif, mais encore une fois c'est le talent plus que le profil des joueurs qui donne cette impression.

    Santini a malgré tout bien réussi ses 2 ans alors qu'à la base on attendait, dèja à l'époque, un nom sur le banc de l'OL, et que sa nomination avait été encore plus contestée que celle de Genesio. C'est pas un mauvais bougre mais sa personnalité rigide rendait les choses difficiles, les embrouilles qui manquent de finir en bagarre avec dhorasso et surtout Vairelles (dhorassoo il prenait une tarte de Santini même à 50 ans il aurait pleuré derrière), la mise au placard sans explications de Bak, la gestion de Juninho. Il refusait aussi de parler à OL Télé. C'était pas super détendu comme ambiance. Mais les mecs vont chercher le titre.

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    • #27
      Envoyé par roicip Voir le message

      Si. Il a expliqué ne pas pouvoir ne pas associer Cavé au titre.
      Un autre monde, c'est ouf comme je n'arrive pas à imaginer cette scène aujourd'hui ...

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      • #28
        Envoyé par CACOU38 Voir le message
        4 Mai 2002, Virage Nord Supérieur du stade de Gerland.

        Le supérieur qui vibre de 50 cm ou 1 m sur les qui ne saute pas n’est pas lyonnais…

        … puis trou noir de tension, d’euphorie ou de joie jusqu’à la celebration sur la pelouse.

        J’ai eu 3 trou noir sur des matchs… La saison précédente au Stade de France pour la coupe de la Ligue, OL-Lens et Milan-OL. Je ne sais pas pourquoi mais sur ces 3 matchs la tension ou l’excitation m’a emporté dans un monde parallèle sur 90 minutes ou plus!!!

        Ca reste de super souvenirs pas contre avec des mini flash-back assez énormes !!!
        flash back. ,pleurs, joie ,pleurs, morceau de pelouse toujours chez moi
        bonheur. Mais quel bonheur. J’avais donné ma place d abonné à un ami car j avais eu des places virages sud supérieur avec mon meilleur ami pour être ensemble

        inscrit depuis 2000

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        • #29
          « CE SOIR-LÀ, C'EST LA DÉLIVRANCE DE TOUT LE PEUPLE LYONNAIS »


          À deux pour un trône. En ce 4 mai 2002, Lyon et Lens s'engouffrent dans un Gerland volcanique pour la seule « finale » de l'histoire de la Ligue 1. Les Sang et Or, leaders, ont deux points d'avance sur les Gones. L'équation est simple. Vingt ans plus tard, les héros du premier titre lyonnais refont le match avec leurs victimes d'un soir ancré dans la mémoire de chacun, mais pas vraiment de la même manière...


          Casting



          Éric Carrière : milieu de l'Olympique lyonnais.
          Christophe Delmotte : défenseur de l'OL.
          Sidney Govou : attaquant de l'Olympique lyonnais.
          Gervais Martel : président du RC Lens.
          Joël Muller : entraîneur du RC Lens.
          Jacques Santini : entraîneur de l'OL.
          Jean-Guy Wallemme : défenseur et capitaine du RC Lens.
          Guillaume Warmuz : gardien du RC Lens.

          ***Une finale improbable
          Warmuz : Ce match, c’était absolument celui qu’il ne fallait pas jouer... enfin pas comme ça. Si tout s’était passé normalement, on aurait dû être accueillis par les Lyonnais en tant que champions, avec une haie d’honneur. À partir du moment où le titre se jouait là-bas, c’était une mauvaise limonade.

          Santini : À la trêve, on n'avait pas du tout coché ce dernier match. On était à 10 points de Lens, nous n'étions plus maîtres de notre destin. Ajoutez à cela notre parcours médiocre en Coupe d'Europe (reversé de la C1 en C3, élimination en 8es de finale par le Slovan Liberec, NDLR), il y a des dizaines d'exemples qui ont jalonné cette saison et nous faisaient dire que l'on ne jouerait pas le titre.

          « Le bouquet final, c'est d'affronter Lyon chez lui à la dernière journée... Dire que c'est juste un ordinateur qui nous met cette équipe-là à ce moment-là. »Jean-Guy Wallemme
          Martel : On aurait dû être champions avant, mais on a loupé des matchs faciles, on a laissé des points à Bollaert, contre Metz par exemple (2-2). Notre meilleur joueur de l'époque, El-Hadji Diouf, était parti au Sénégal et n'était pas revenu pour le match de Metz. Je suis sûr qu'avec lui, on aurait gagné, je lui en veux encore.

          Wallemme : Bien sûr, on a longtemps fait la course en tête, mais Lyon avait aussi un énorme banc. Tu pouvais sortir Anderson pour Luyindula ou pour Govou. Une vraie armada offensive. On n’en avait pas autant. El-Hadji est revenu cramé de la CAN, Daniel Moreira donnait tellement d’énergie qu’il a fini cramé aussi, Bruno Rodríguez arrivait sur la fin de sa carrière...

          Delmotte : La CAN a fait beaucoup de mal à Lens, les Africains à leur retour étaient en perte de vitesse.

          Wallemme : Le bouquet final, c'est d'affronter Lyon chez lui à la dernière journée... Dire que c'est juste un ordinateur qui nous met cette équipe-là à ce moment-là.

          Delmotte : Quand on a 10 points de retard sur Lens, je suis l'un des premiers instigateurs à cocher ce match en expliquant qu'en rattrapant deux points par mois sur Lens, on y arrivera.

          Carrière : Je me souviens d'un match à Lille qu'on a perdu (2-0) où l'on croyait que c'était fini. Dans la foulée, Jean-Michel Aulas avait fait un courrier à chacun de nous pour nous remobiliser. Il avait déjà en tête le dernier match face à Lens. Finalement, on l'avait tous en ligne de mire.



          Santini : Il y a aussi et surtout les 48 heures qui suivent notre élimination en Coupe d'Europe face à Liberec. J'ai réuni les joueurs. Là, on s'est parlé d'homme à homme, plutôt que d'entraîneur à joueur.

          Carrière : Ça avait été très tendu avec les Bad Gones. On avait fait une réunion dans un bar avec Greg (Coupet) et Sonny (Anderson). Il y avait eu une saine explication pour montrer qu'on n'avait pas fait exprès de perdre, qu'on était déçus aussi. Ça a été comme le début d'une union sacrée pour la fin de saison.

          « En cyclisme, le gars qui a 4 minutes d'avance, si à chaque kilomètre, il perd 25 secondes, il va commencer à se dire que l'arrivée n'arrivera jamais. On sentait la fébrilité chez les Lensois. Et Lens a perdu le titre avant ce match... »Éric Carrière
          Santini : Le déclic intervient aussi le week-end où Lens se fait accrocher à Troyes (1-1), et nous, on gagne dans les dernières minutes à Auxerre grâce à Sidney (0-1). Là, mathématiquement, tout devient jouable, mais on ne le dit pas aux joueurs. C'est surtout Lens qui avait la pression, pas nous. Ensuite, il fallait parfois calmer les ardeurs à l'entraînement.

          Carrière : Malgré tout, il ne faut pas idéaliser notre parcours : Lens a perdu beaucoup de points. Tout le monde avait vu le calendrier. On répétait qu'on avait en tête cette dernière journée, ça affecte celui qui est devant. En cyclisme, le gars qui a 4 minutes d'avance, si à chaque kilomètre, il perd 25 secondes, il va commencer à se dire que l'arrivée n'arrivera jamais. On sentait la fébrilité chez les Lensois. Et Lens a perdu le titre avant ce match...

          Warmuz : Il y avait un côté inéluctable à cette saison. On n’a pas su faire ce qu’il fallait avant ce dernier match. On a enchaîné trop de mauvais résultats, de matchs nuls, pour y arriver. Au regard de ce qu’on propose sur les dernières semaines de championnat, on sent qu’il va se passer ça...



          Santini : Je me souviens aussi d'un appel de mon fils quelques semaines avant cet ultime match où il m'annonce que dans L'Équipe, on parle déjà de mon successeur (Paul Le Guen, NDLR) qui avait signé. Je n'en ai même pas parlé à Aulas. Je me remobilise, mon staff était remonté par rapport au club de l'apprendre comme ça. Et tous ensemble, on est allés au bout, ça nous a servi.

          ***Nuit magique... ou pas
          Santini : Dans les quelques jours qui précèdent, physiquement nous étions prêts. Il fallait surtout travailler la fraîcheur mentale. Le jeudi, on est partis comme d'habitude au château de Pizay, dans notre petit cocon. La dernière nuit est vraiment bonne.

          Muller : Alors que chez nous, c'est le boxon...

          Martel : Des fumigènes, des tambours, il est 2 heures du mat' et les supporters lyonnais viennent nous réveiller à l'hôtel. Alerte incendie, on doit sortir, c'est l'bordel.

          « Les supporters lyonnais ont déjà gagné le match. Ils font bien leur boulot, ils viennent perturber la nuit réparatrice des joueurs adverses. Ils ont bien réussi, ça a réveillé tout le monde. »Guillaume Warmuz
          Warmuz : À ce moment-là, les supporters lyonnais ont déjà gagné le match. Ils font bien leur boulot, ils viennent perturber la nuit réparatrice des joueurs adverses. Ils ont bien réussi, ça a réveillé tout le monde.

          Muller : Quand on sait que l'on joue un titre de champion de France quelques heures plus tard, c'est très compliqué de retrouver le sommeil sachant qu'on était déjà quasiment dans le match. C'est la seule fois de ma carrière que j'ai connu ça.

          Warmuz : Ce n’est pas à cause de ça que nous n’avons pas été champions, mais les grandes victoires se jouent dans de petits détails. Et tout ça mis bout à bout... On sentait le peuple lyonnais à l’unisson avec son équipe.

          Muller : C'est sûr que lorsque tu es joueur de haut niveau et que tu joues le titre, tu ne peux pas sortir ça comme excuse.

          Carrière : De nôtre côté, on est plus détendus que tendus. On avait un groupe avec lequel on jouait souvent aux cartes, parfois on était 10 à jouer, deux groupes de 4 et une équipe de 2 qui attendait. Au tirage au sort, on savait qu'il valait mieux ne pas être avec certains. Christophe Delmotte était vraiment bon.

          Govou : Les anciens avaient amené une bouteille de vin, c'était leur rituel, mais je ne faisais pas encore partie de ce noyau avec Greg, Sonny, Philippe Violeau, Delmotte.



          Delmotte : Chaque semaine, c'était un gars différent qui amenait une petite bouteille de rouge la veille de match. C'était vraiment un groupe qui se construisait aussi dans ces moments-là, avec beaucoup de camaraderie.

          Santini : Certains aimaient déroger un peu aux règles et se retrouver à 10-12 dans une chambre. Certains sont allés jouer aux cartes, au billard, etc. Si ensuite ils n'étaient pas bons sur le terrain, ils s'éliminaient d'eux-mêmes de toute façon. Je n'allais pas leur dire de se coucher à 21 heures, s'ils voulaient être champions, ils savaient ce qu'il fallait faire.

          « Chaque semaine, c'était un gars différent qui amenait une petite bouteille de rouge la veille de match. C'était vraiment un groupe qui se construisait aussi dans ces moments-là avec beaucoup de camaraderie. »Christophe Delmotte
          Govou : Cette nuit-là, je dors parfaitement bien, sans pression. Je n'avais peut-être pas conscience de ce que ça représentait. Je n'étais pas depuis très longtemps dans le milieu, du coup je vis les choses tranquillement. Bon après, tout le monde voulait être sur la feuille de match...

          Carrière : La caractéristique de Jacques Santini, c'est qu'il prévenait les joueurs qui n'allaient pas jouer. Il les recevait individuellement.

          Santini : Avec mon staff, on a refait un dernier point, notamment avec Éric Carrière qui avait eu une élongation la semaine précédente. Lui me disait qu'il pouvait tenir 90 minutes, mais évidemment qu'il allait me dire ça...

          Carrière : J'avais raté Bordeaux. Pierre Laigle m'a remplacé et il a filé une passe décisive à Sonny. Finalement, avant Lens, je suis apte, mais comme quelqu'un qui a raté dix jours. Je ne pouvais pas dire à Pierre que c'était un mauvais joueur et que j'étais au-dessus. Il y a du respect pour lui. J'ai de la déception sur le moment, mais j'avais l'expérience de l'année précédente avec Nantes.

          Santini : Marc-Vivien Foé était suspendu, Edmilson était blessé, Eric Deflandre absent pour des raisons persos. Le 11, je l'avais en tête dès le début de semaine. On avait tellement travaillé les schémas avec chacun depuis deux ans que ça coulait.

          Muller : Chez nous, j'avais un groupe responsable. On n'a rien changé dans les derniers jours. Il ne fallait pas mettre de pression supplémentaire. Si on a fait 33 matchs qui nous ont permis de jouer le titre, ce n'était pas le moment de modifier notre manière de faire. Il n'allait pas y avoir quelque chose d'exceptionnel. Plus on est naturel, mieux c'est.



          Carrière : Au-delà de l'aspect individuel, il fallait être champion, même si c'est toujours plus facile à dire qu'à vivre. (Rires.) Je suis cartésien.

          Warmuz : On y croit, on sait qu’il ne nous faut pas grand-chose pour être champions. On a joué nos chances à fond c’est évident, il n’y a aucun gars qui n’a pas cru en nos chances de titre.

          Santini : La seule chose que je change cette semaine-là, c'est la préparation de veille de match. Au lieu de faire la dernière séance sur le petit terrain annexe, on était revenus à Gerland. J'avais une idée derrière la tête dont je n'avais parlé à personne. Si nous étions à 1-1 à 15 minutes de la fin, j'avais imaginé de basculer défensivement sur du un-contre-un avec Chanelet, Bréchet et Caçapa qui auraient répondu présent. Ensuite, je faisais monter Patrick Müller en milieu de terrain parce qu'il avait la qualité de la dernière passe, puis faire sortir un milieu de terrain et amener un dernier renfort offensif. On a travaillé cette séquence pendant une dizaine de minutes sans que personne ne s'en aperçoive. Bon finalement, on n'en a pas eu besoin le lendemain. (Rires.)

          ***Gerland, c'était bouillant
          Muller : Plus on approche du stade, plus on sait qu'en 90 minutes, chacun va jouer un moment décisif de sa carrière. On bascule dans le contexte du match, mais je ne maîtrise plus tout. Quand un joueur se dit « ce soir il ne faut pas que je me rate » , on n'a pas de psychologue pour influer.

          Carrière : C'est la causerie qui lance surtout le début du match. Là, tu sens que ça commence à monter, il n'y a plus de bruit dans le bus.

          Delmotte : On nous passe une vidéo où nos familles nous adressent un message. Ça m'a mis les poils. On a été chamboulés, heureusement qu'il y avait ensuite une grosse demi-heure de bus pour aller au stade, ça nous a permis de replonger dans le match.

          Warmuz : En arrivant à Gerland, ça sentait le soufre et la poudre...



          Santini : C'est la folie dès l'arrivée du bus. Après il y a l'échauffement, l'hommage de Coupet à Caveglia. J'en ai connu des grandes soirées à Gerland, mais là c'est juste au-dessus de la demi-finale de Coupe de la Ligue face à Nantes la saison précédente. C'était énorme.

          « Dix minutes avant le match, j'ai appelé ma femme, je lui ai dit qu'on ne serait pas champions, je ne le sentais pas. Autant je suis très optimiste, mais je ne sentais pas mes mecs. Il y avait de la peur. »Gervais Martel
          Govou : Je n'ai jamais vu Gerland comme ça et je ne l'ai jamais revu ainsi. On entre sur le terrain à l'échauffement, le stade est plein, c'est le feu. Ça m'a galvanisé comme un dingue. On savait d'où on venait, c'était une chance extraordinaire de remonter autant de points pour arriver à cette finale.

          Warmuz : Les Lyonnais avaient mis chaque détail de leur côté. Le moindre brin d’herbe avait été coupé au millimètre pour que le ballon tourne du bon côté, ils avaient enlevé la poussière dans les bureaux, prié à Notre-Dame de Fourvière.

          Wallemme : On pense aussi jouer sur l'ambiance, car ils n’ont jamais été champions, ils sont chez eux, ils veulent absolument gagner ce titre. On pensait les Lyonnais stressés et capables de céder mentalement comme un tennisman qui rate la balle de match.

          Carrière : El-Hadji Diouf passe devant nos supporters et leur fait un doigt d'honneur. Il venait sûrement de se faire allumer par eux. Je suis avec David Linarès et je lui dis que c'est bon pour nous. El-Hadji on le craignait, on savait qu'il avait besoin de se mettre dans une atmosphère conflictuelle, mais là, j'ai trouvé que ce n'était pas un bon signal de sa part.

          Martel : Dans le vestiaire, j'ai senti beaucoup de joueurs fébriles. Je ne vais pas citer de noms, mais je sentais cette atmosphère. Un silence de mort. J'essaye de réveiller les mecs avec mes mots, ça ne marche pas. Dix minutes avant le match, j'ai appelé ma femme, je lui ai dit qu'on ne serait pas champions, je ne le sentais pas. Autant je suis très optimiste, mais je ne sentais pas mes mecs. Il y avait de la peur.



          Muller : Ceux qui sont tout le temps habitués au haut niveau résistent mieux à cette pression. Dans mon groupe, j'avais quelques joueurs qui n'avaient jamais connu ces moments-là.

          Martel : Il y a aussi quelqu'un qui a dit « si on fini deuxièmes, c'est bien quand même » . Il ne faut jamais dire ça dans le sport...

          « Je n'ai jamais vu Gerland comme ça et je ne l'ai jamais revu ainsi. On entre sur le terrain à l'échauffement, le stade est plein, c'est le feu. Ça m'a galvanisé comme un dingue. »Sidney Govou
          Santini : Durant la semaine, les joueurs avaient lu les Lensois dans la presse qui disaient : « Un nul nous suffit. » On sentait la fébrilité de leur côté. Mais il n'en reste pas moins qu'ils avaient un vrai potentiel offensif avec Moreira, Sibierski, Diouf et des joueurs de tête comme Bak et Coly. De mon côté, dans mon discours, je n'avais pas besoin d'en rajouter. Sans dire qu'on revenait de très loin, j'ai juste rappelé aux joueurs qu'on était prêts pour ce type de rencontre. Nous en avions fait des dizaines et des dizaines depuis 1997.

          Carrière : Bien sûr que ton cerveau parfois veut partir en mode « si on gagne, il se passera ça » . Et c'est là où la force collective est importante. Elle dissipe le doute. Je vois des Lensois fébriles et chez nous des gars comme Sonny avec son expérience, Violeau, Delmotte, sûrs d'eux. Dans leur regard, tu savais que ça allait le faire.

          ***Le match d'une vie
          Martel : Le premier quart d'heure, c'est catastrophique...

          Carrière : Je suis sur le banc et je vois Sidney, après sept minutes seulement, accélérer. Il a une force exceptionnelle ; des mecs tombent, lui reste debout.

          Govou : C'était compliqué de me mettre à terre ce soir-là. (Rires.) Je vais chercher le ballon assez bas sur une passe de Bréchet, je me retourne. Il y a Coulibaly que je pousse un peu de mon bras gauche, il me tacle, mais je continue. J'aurais peut-être pu tomber, mais je continue et je frappe. Et Guillaume Warmuz glisse.

          Warmuz : C’est sûrement le seul but de ma carrière que je prends en glissant. Et ça arrive au pire moment. J’ai la responsabilité entière. La frappe n’est pas dingue, j’en ai arrêté des plus dures, mais je suis surpris, je fais un mauvais appui... Quatre ans plus tôt, peu avant que l’on soit champions, on gagne à Metz. Ce soir-là, sur un corner messin, je vais la chercher très loin au point de penalty, je relance et on marque. Je suis l’acteur premier du but. Là, c’est la même chose, mais à l’inverse. Et sur le deuxième, c'est compliqué aussi.



          Muller : J'ai du mal à reconnaître mon équipe. On n'était pas habitués à prendre trois buts à chaque match. D'un point de vue défensif, quand on va jouer le titre à l'extérieur, ce n'est pas possible de livrer ça. Le premier quart d'heure est un cauchemar. On devait éviter de mettre l'OL en confiance.

          « Les gens ne voient que le but, mais à ce moment-là, il y a eu une satisfaction un peu égoïste du coach qui a préparé ça depuis des mois. »Jacques Santini
          Warmuz : Les choses sont déjà tranchées, et j’ai peur que ça fasse beaucoup plus, que ça s’enchaîne. En face, il y avait des artistes. Sonny a souvent marqué contre moi. Nous, on est apathiques, on se prend deux crochets de boxeur.

          Santini : Ce but de Violeau vient d'un schéma que l'on répétait sur deux, trois ballons à chaque entraînement. En cas de débordement, beaucoup de défenses se précipitent dans les 6 mètres ou au point de penalty. Je souhaitais donc qu'un des milieux axiaux soit là pour le deuxième ballon, et Philippe Violeau est au rendez-vous. Il n'avait pas fait ça en 33 matchs et il le fait ce soir-là. Les gens ne voient que le but, mais à ce moment-là, il y a eu une satisfaction un peu égoïste du coach qui a préparé ça depuis des mois.

          Muller : Quand on revient à 2-1, la possibilité d'égaliser est flagrante. L'espoir est de nouveau très important.

          Govou : J'ai un petit moment de peur, je sentais la pression monter.

          Wallemme : On a deux trois, situations que l’on négocie mal, dont une avec Daniel (Moreira) et l’on sent que ça se crispe côté lyonnais, pendant que nous, on joue déjà notre va-tout. Mais derrière, il y a ce troisième but....

          Martel : En plus, c'est Pierre (Laigle, NDLR), formé à Lens, qui tue son ancien club, mais il a joué son rôle, c'est normal.



          Santini : Au retour de vestiaire, on devait repartir le pied au plancher. Ce troisième but, on ne le programme pas, mais il arrive très vite.

          Warmuz : Vu comment le but se produit, je comprends qu’on ne pourra rien faire ce soir-là.

          Wallemme : Dès le départ, on délaisse cette zone gauche, et Pierre prend l’espace. Le connaissant, je savais qu’il n’allait pas me dribbler. Dès qu’il arme, je tacle, c’est contré et ça passe au-dessus de Guillaume.

          « Il y avait toujours une petite partie de nous qui disait qu'on allait revenir. J'aurais aimé que le match dure encore des heures, des jours, des semaines, parce qu'on jouait le titre, quand même. »Joël Muller
          Warmuz : Parfois, il y a des matchs qui sont dingues et où on perd le fil, mais ce sont des épiphénomènes. Là, la logique était lyonnaise.

          Carrière : Les Lensois ont la tête dans le seau.

          Muller : La dernière demi-heure est très difficile. Je souhaite qu'elle dure plus longtemps parce qu'il y avait toujours une petite partie de nous qui disait qu'on allait revenir. J'aurais aimé que le match dure encore des heures, des jours, des semaines, parce qu'on jouait le titre, quand même.

          Carrière : Derrière, on doit faire tourner. Dès que j'entre, je me fait choper par Ferdinand Coly. Entorse de la cheville droite. Je finis le match, mais il n'a clairement pas fait le voyage pour rien. (Rires.)



          Delmotte : Malgré la maîtrise, les minutes ne passent pas. Le chrono, tu as l'impression qu'il est au ralenti.

          Santini : J'étais serein, mais il fallait calmer un peu tout le monde. Deflandre, Foé, tous ceux-là étaient descendus sur le banc. À chaque coup de sifflet de Gilles Vessière, ils pensaient que c'était la fin du match. À partir de la 80e, je ne vais pas dire que c'était gagné, parce qu'on pouvait avoir encore un expulsé ou un blessé, mais ça sentait bon. J'ai aussi permis à Flo Laville de fouler le terrain pour qu'il puisse aussi participer à ce match merveilleux.

          Govou : Je sors, et à 5 minutes de la fin, Sonny se lève déjà, on se tape dans les mains, on sait que c'est purement impossible que ça nous échappe. J'ai envie de sauter partout, je suis excité. J'attends juste le coup de sifflet final pour qu'on s'embrasse tous, qu'on parte en folie.

          Wallemme : C'est assez étrange ces dernières minutes. C’est plié, mais on ne pense pas à la satisfaction de terminer deuxièmes, même si, en début de saison, on n’est pas programmés pour ça. Au coup de sifflet, il y a beaucoup de pensées dans le cerveau, l’ancien Stéphanois qui se dit qu’il aurait pu faire un coup à Gerland, la déception...

          Muller : On devient le spectateur du bonheur des autres. Je fais la bise à Jacques et je rentre aux vestiaires.

          ***Champagne et douche froide
          Govou : Tout le monde est dépassé par les événements, ça devient un bon bordel, le terrain envahi, le podium. Une communion totale, c'est juste top. Toute ma famille et mes potes d'enfance sont là.

          Santini : Avec mon adjoint Alain Olio et un supporter emblématique qui nous a quittés, René, qui était aveugle et suivait tous les matchs à côté de nous, on s'est vraiment congratulés. Ça a duré quelques secondes, mais c'était très intense. J'ai conservé une photo de ce moment que j'ai toujours avec moi. J'ai aussi eu une énorme pensée pour mon papa décédé quelques semaines plus tôt... Il aurait tellement aimé être là. Vingt ans après, j'en suis encore ému.



          Carrière : Je ressens cet énorme complexe de n'avoir jamais été champion, notamment vis-à-vis du voisin Saint-Étienne. Ce soir-là, c'est la délivrance de tout un peuple. Les choses vont très vite. On partage pas mal dans le vestiaire, champagne avec Jean-Marc Chanelet, on est juste heureux. On n'était pas aussi talentueux que les années qui vont suivre, mais notre groupe était équilibré, avec une homogénéité dans l'état d'esprit.

          « Ma mémoire a presque volontairement voulu effacer tous ces moments d'après-match, c'était tellement triste. Il fallait tourner la page, sinon on n'allait plus vivre. »Joël Muller
          Santini : On fait monter Bernard Lacombe sur le podium, il avait aussi grandement contribué à ce titre. Depuis 1987, avec Jean-Michel Aulas, ils parlaient de ça. Tout le monde envahit le terrain, ça me rappelle l'époque des titres avec Saint-Étienne quand j'étais joueur.

          Muller : C'est extrêmement difficile d'entendre la joie et la liesse des autres pendant que nous on est dans le vestiaire. Chacun a conscience de ce que l'on vient de rater. Ma mémoire a presque volontairement voulu effacer tous ces moments d'après-match, c'était tellement triste. Il fallait tourner la page, sinon on n'allait plus vivre.

          Martel : Il y a un silence de mort, on va voir la presse pour assumer. En atterrissant à Lesquin, je suis vite rentré chez moi, je n'avais plus le cœur à rien. Ni d'ouvrir Bollaert comme on me l'avait proposé pour accueillir tout de même les joueurs au retour. J'ai sûrement mal fait, mais j'avais tellement les boules.

          Warmuz : C'était fini et, au fond, c'était inéluctable. J'avais pas mal de potes lensois en face, je suis allé boire une bière et fumer un cigare avec eux, avec Pierre et Christophe pour partager un peu leur joie. Je m'entendais aussi avec Sonny et Greg. Ils m'ont bien accueilli : grâce à nous, ils ont été champions. Forcément, j'étais extrêmement déçu, cela n'enlève rien à ma tristesse. J'ai toujours dit que j'aurais préféré remporter ce titre que de disputer neuf Ligue des champions.

          Muller : Je discute un peu avec les joueurs, mais il n'y a pas grand-chose à dire, la déception est énorme. Moins on en dit, mieux c'est. Ce n'était plus le moment de faire des commentaires sur la rencontre ou sur la saison. La déception la plus importante est aussi sur le fait de ne pas avoir pu apporter un grand bonheur à tout le peuple lensois.

          Santini : Dans notre vestiaire, c'est tout le monde sous la douche, Jean-Michel Aulas aussi. C'est le souhait de tout président lorsqu'il gagne un titre. (Rires.) Le cigare ? C'était le deal avec les dirigeants lyonnais. En 2001, avec la Coupe de la Ligue, on l'avait fait. Des bulles aussi, mais pas de la San Pellegrino.

          Govou : Je n'avais jamais vu le président comme ça, à finir dans le bain, noyé. À ce moment-là, je ne pense pas une seconde à la détresse des Lensois. Je n'ai pas dû y penser pour eux avant l'année suivante. (Rires.)

          Delmotte : C'est l'une des plus grosses fêtes que j'ai pu faire dans ma vie de footballeur. Il y avait tellement de gens que tu aimais qui étaient là, c'était dingue. On avait déjà fait des troisièmes mi-temps ou des repas pendant la saison, mais là, c'est vraiment énorme.

          Santini : Ensuite, on enchaîne avec le balcon de l'hôtel de ville, alors que ce n'était pas prévu, puis dans une discothèque sur une péniche, le Fish. Avec la folie, tout le programme a été décalé de deux heures.



          « Tu vois des mecs que l'on n'a jamais vus comme ça en soirée. Avec Éric, on ne se côtoyait pas forcément en dehors niveau soirées et là, on a tous fini bouillis avec très peu de lucidité dans les yeux de chacun. Je crois même que ça s'achève à l'aube. »Sidney Govou
          Govou : Le Fish, c'est le feu, tu lâches tout. Tu te dis que tu t'es levé chaque matin pour ça. Tu vois des mecs que l'on n'a jamais vus comme ça en soirée. Avec Éric, on ne se côtoyait pas forcément en dehors niveau soirées et là, on a tous fini bouillis avec très peu de lucidité dans les yeux de chacun. Je crois même que ça s'achève à l'aube.

          Carrière : Si je ne me trompe pas, on termine aux Halles avec Peguy (Luyindula) et Sidney, au Ricard, à 6 heures du mat'. Durant la saison, je faisais très peu de fêtes sinon j'avais tendance à me blesser rapidement. Quand il y avait une soirée entre joueurs, soit je n'y allais pas, soit j'étais très raisonnable. J'avais l'image d'un mec qui aime déconner, mais qui est très sérieux. C'est comme s'ils m'avaient découvert sur cette fin de soirée.

          Delmotte : Et le lendemain, resto à nouveau. C'était comme un lendemain de mariage. La fête ne s'arrêtait jamais. Et après, on est partis plusieurs jours à Saint-Tropez.

          Santini : Le début de semaine est compliqué pour moi. Dès le lundi, j'ai rendez-vous avec Jean-Michel Aulas dans son bureau de la Cegid, où je sais qu'on traite les dossiers brûlants. C'est notre relation interne, mais aujourd'hui encore personne ne sait pourquoi je n'ai pas continué. Ça a un peu entaché le titre. Sincèrement, ce groupe-là, sachant que Mahamadou Diarra allait nous rejoindre, je voulais continuer encore un ou deux ans avec. Quand on arrive à Saint-Tropez, où je descends avec ma voiture perso, je l'annonce aux joueurs, au moins c'était clair.

          Carrière : Le titre, on est allés le chercher pour nous tous, pas forcément pour Jacques. Mais il a réussi à faire converger les intérêts de chacun vers un but commun, c'était forcément dommage que ça s'arrête ainsi.

          Govou : À Saint-Tropez, c'est encore plus la fête, on n'a pas grand-chose à faire hormis manger et faire le tour des boîtes. Je n'ai même pas trop le temps de redescendre de tout ça, après, avec Brech' on part au championnat d'Europe espoirs.

          ***En ce temps-là y avait 20 ans
          Martel : Ça reste une grosse déception. Si on prenait ce deuxième titre quatre ans après le premier, on était lancés. Même si la saison qui suit, on fait une belle campagne de Ligue des champions avec un groupe fou où l'on bat l'AC Milan, où on fait nul au Bayern Munich. Finalement, on a mis le pied à l'étrier à Lyon qui a enquillé sept titres d'affilée.

          Muller : Sur le coup, je me suis dit que j'étais maudit, car en 1998, j'avais perdu le titre aussi à la dernière journée avec Metz. Avec le temps, la déception ne sera jamais oubliée. Mais depuis, Lens n'a plus jamais joué le titre. Ça revalorise notre saison. Ce qu'on a fait n'était pas courant.

          « Dans une carrière de joueur, il y a des chances, il ne faut pas les laisser passer. Un tel scénario ne s'est jamais produit, c'est aussi pour ça que ça reste gravé dans les mémoires. »Guillaume Warmuz
          Warmuz : Dans les semaines qui ont suivi, ça a été très dur, je cherchais à comprendre ce qu’il s’était passé, je me repassais le film sans cesse. Dans une carrière de joueur, il y a des chances, il ne faut pas les laisser passer. Un tel scénario ne s'est jamais produit, c'est aussi pour ça que ça reste gravé dans les mémoires. Pour moi, c'est un titre qui me manque, même 20 ans après. J'aurais dû être champion une deuxième fois avec Lens...

          Santini : D'une manière générale, je pense à toutes mes années lyonnaises où je suis passé de simple observateur de match à la direction du recrutement, puis directeur sportif et entraîneur. Ce titre était aussi la face cachée de l'iceberg. Derrière, c'était le centre de formation, l'obstination de Jean-Michel Aulas, la détermination de tout un club. Avec Sonny, il y a quelques semaines, on a passé le match face à West Ham ensemble et on ne parlait que de ce premier titre. Enfin, même pas besoin de parler, les yeux parlent d'eux-mêmes, les émotions reviennent. On est tous liés.

          Carrière : Il reste les liens qui nous unissent. On l'a dans les tripes, quand on se voit, on sait ce qu'on a traversé. Dans quelques jours, on doit fêter les 20 ans. On risque de finir sûrement à 6h du matin à refaire le monde...

          Govou : C'est le plus marquant de mes titres à Lyon, il n'y a pas de doute. C'est mon premier, le premier pour le club. On m'en parle encore régulièrement. À Lyon, chacun se souvient où il était ce 4 mai 2002.

          PROPOS RECUEILLIS PAR FLORENT CAFFERY


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          • #30
            Je rejoins l'avis de Warmuz : l'union entre les joueurs, le staff, les supps, la ville était totale. C'est ce qui manque le plus, peut-être.

            On a vraiment eu de la chance de vivre ça.

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            • #31
              Merci Tendreg, super interview.

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              • #32
                Envoyé par stadier Voir le message
                Merci Tendreg, super interview.
                Oui, j'ai oublié la politesse élémentaire : merci tendreg pour le partage !

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                • #33
                  Avec plaisir et voici le lien ....

                  https://www.sofoot.com/20-ans-lyon-l...is-514128.html

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                  • #34
                    Tres intéressant merci. On sent vraiment que les joueurs étaient soudés et formaient une équipe... cette mentalité nous manque aujourd'hui.

                    Super article!

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                    • #35
                      Y a plein de trucs autour de ce match, c'est ce qui le rend encore plus extraordinaire. Le fait que ce soit la finale d'un championnat est dèja en soit quelque chose de fabuleux, même si Arsenal en allant s'imposer à Anfield en 1989 pour ête sacré au nombre de buts marqués grâce au but de Michael Thomas dans les arrêts de jeu, au niveau de la dramaturgie c'est au dessus de l'OL, leur attente de 18 ans pour le titre est en revanche pas au niveau du fait que pour l'OL se soit le premier.

                      Il me semble que j'avais lu qu'à la base ce match n'aurait pas du avoir lieu à la 34ème journée, mais que suite aux demandes des clubs en début de saison sur les dates et le fait de commencer à doicile ou à l'extérieur, c'est finalement ce qui s'est produit.

                      Il y a aussi Bak qui est sûr d'être champion au début du match quel que soit le score, et qui marque. Sans parler de Aulas et Martel qui sont potes, Laigle qui est lensois marque contre son club et on a Delmotte qui joue aussi à l'OL après des années à Lens, Carrière lui fera le chemin inverse, Joel Müller entraineur lensois avait joué à l'OL, plus surprenant, même si je n'arrive pas à trouver la confirmation il m esemble que Jacques Santini se retrouvera sur le banc lensois pour un match nul à Borderaux en remplacement de Jean-Guy Wallemme licencié comme entraineur.

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                      • #36
                        Envoyé par stadier Voir le message

                        Laigle était plus un relayeur à vocation défensive qu'un vrai 6. Et à la décharge de Santini, c'était l'époque qui voulait ça. La France est championne du monde avec un système à 3 milieux défensifs, la Juventus joue ses 3 finales de suite entre 96 et 98 avec 3 milieux défensifs, le Real aussi en 98 après c'est évident que la qualité des joueurs intervient aussi quand t'alignes redondo et Seedorf sur ton milieu à 3 ça fait moins défensif que Laigle-Linares-Violeau, si tu t'appelles manchester United et que tu mets Scholes-Butt-Keane-Beckham au milieu on te traite pas de défensif, mais encore une fois c'est le talent plus que le profil des joueurs qui donne cette impression.

                        Santini a malgré tout bien réussi ses 2 ans alors qu'à la base on attendait, dèja à l'époque, un nom sur le banc de l'OL, et que sa nomination avait été encore plus contestée que celle de Genesio. C'est pas un mauvais bougre mais sa personnalité rigide rendait les choses difficiles, les embrouilles qui manquent de finir en bagarre avec dhorasso et surtout Vairelles (dhorassoo il prenait une tarte de Santini même à 50 ans il aurait pleuré derrière), la mise au placard sans explications de Bak, la gestion de Juninho. Il refusait aussi de parler à OL Télé. C'était pas super détendu comme ambiance. Mais les mecs vont chercher le titre.
                        En parlant de Linares, ce soir là il y avait une banderole "Il faut sauver le soldat Linares" à Jean Bouin, ou Jean Jaurès, je ne sais plus, en tout cas en latérale.
                        http://www.youtube.com/channel/UC8C2..._as=subscriber

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                        • #37
                          Envoyé par stadier Voir le message
                          Y a plein de trucs autour de ce match, c'est ce qui le rend encore plus extraordinaire. Le fait que ce soit la finale d'un championnat est dèja en soit quelque chose de fabuleux, même si Arsenal en allant s'imposer à Anfield en 1989 pour ête sacré au nombre de buts marqués grâce au but de Michael Thomas dans les arrêts de jeu, au niveau de la dramaturgie c'est au dessus de l'OL, leur attente de 18 ans pour le titre est en revanche pas au niveau du fait que pour l'OL se soit le premier.

                          Il me semble que j'avais lu qu'à la base ce match n'aurait pas du avoir lieu à la 34ème journée, mais que suite aux demandes des clubs en début de saison sur les dates et le fait de commencer à doicile ou à l'extérieur, c'est finalement ce qui s'est produit.

                          Il y a aussi Bak qui est sûr d'être champion au début du match quel que soit le score, et qui marque. Sans parler de Aulas et Martel qui sont potes, Laigle qui est lensois marque contre son club et on a Delmotte qui joue aussi à l'OL après des années à Lens, Carrière lui fera le chemin inverse, Joel Müller entraineur lensois avait joué à l'OL, plus surprenant, même si je n'arrive pas à trouver la confirmation il m esemble que Jacques Santini se retrouvera sur le banc lensois pour un match nul à Borderaux en remplacement de Jean-Guy Wallemme licencié comme entraineur.
                          Pour le calendrier, à l'époque tu jouais la même équipe à la première et à la dernière journée.
                          J'étais à Bollaert pour la première journée, la seule fois de ma vie dans ce stade.
                          On perd 2-0 avec 2 buts dans la première demi-heure...
                          C'est aussi le premier match de ton idole Juninho avec l'OL.
                          Ce soir là, impossible de penser que quelques mois plus tard on allait coiffer les lensois au poteau.
                          http://www.youtube.com/channel/UC8C2..._as=subscriber

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                          • #38
                            Envoyé par inlandsis Voir le message

                            Pour le calendrier, à l'époque tu jouais la même équipe à la première et à la dernière journée.
                            J'étais à Bollaert pour la première journée, la seule fois de ma vie dans ce stade.
                            On perd 2-0 avec 2 buts dans la première demi-heure...
                            C'est aussi le premier match de ton idole Juninho avec l'OL.
                            Ce soir là, impossible de penser que quelques mois plus tard on allait coiffer les lensois au poteau.
                            Ca date d'à peine quelques années le fait de ne plus jouer la même équipe lors de la première et la dernière journée donc je m'en rappelle, je crois pas qu'on ait perdu contre la même équipe dans cette configuration à part le Havre en 1991/92 d'ailleurs (si maleante veut bien confirmer).

                            Ce que je voulais dire c'est qu'en fait le logiciel avait tiré Lens et Lyon pour s'affronter lors de la première et la dernière journée suite à des demandes spécifiques de l'un et/ou de l'autre, je crois que c'était l'OL d'ailleurs qui pour des raisons particulières ne souhaitait pas commencer la saison à domicile (comme on l'avait fait les 2 saison pécédentes) et c'est ce qui a fait qu'on s'est retrouvés avec un OL /Lens, qui aurait pu ne pas être tiré au sort.

                            La première journée de L1 2001/02, j'étais allé voir Placebo aux Nuits Electriques de Fouvière et on m'avait donné le score en revenant. C'est lors de ce match qu'on fait rentrer un jeune du nom de Bryan Bergougnoux qui sera champion de France par la même occasion, lui qui regardera le match retour en tribunes après être venu en métro et rentrera de la même manière.

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                            • #39
                              Envoyé par stadier Voir le message

                              Ca date d'à peine quelques années le fait de ne plus jouer la même équipe lors de la première et la dernière journée donc je m'en rappelle, je crois pas qu'on ait perdu contre la même équipe dans cette configuration à part le Havre en 1991/92 d'ailleurs (si maleante veut bien confirmer).

                              Ce que je voulais dire c'est qu'en fait le logiciel avait tiré Lens et Lyon pour s'affronter lors de la première et la dernière journée suite à des demandes spécifiques de l'un et/ou de l'autre, je crois que c'était l'OL d'ailleurs qui pour des raisons particulières ne souhaitait pas commencer la saison à domicile (comme on l'avait fait les 2 saison pécédentes) et c'est ce qui a fait qu'on s'est retrouvés avec un OL /Lens, qui aurait pu ne pas être tiré au sort.

                              La première journée de L1 2001/02, j'étais allé voir Placebo aux Nuits Electriques de Fouvière et on m'avait donné le score en revenant. C'est lors de ce match qu'on fait rentrer un jeune du nom de Bryan Bergougnoux qui sera champion de France par la même occasion, lui qui regardera le match retour en tribunes après être venu en métro et rentrera de la même manière.
                              Te lire me donne des frissons ... merci !

                              Commentaire


                              • #40
                                Ca fait hyper plaisir de lire tout ça!
                                Quelques belles anecdotes :)


                                Envoyé par stadier Voir le message
                                Du coup vu que c'est l'anniversaire aujourd'hui, il y a 21 ans l'OL gagnait son premier trophée depuis 24 ans avec la Coupe de la Ligue remportée face à Monaco.

                                Pour avoir été de la partie le 4 mai 2002 et le 5 mai 2001, je sais pas si on aurait remporté le premier titre si on avait pas était chercher cette coupe de la Ligue en prolongations l'année d'avant, l'OL devient une équipe de gagneurs cette année là. En 2001/02 y a beaucoup de doutes sur la saison, c'est éprouvant nerveusement, le fait d'être derrière Lens, la décéption et l'energie laissées en C1, le retournement de situation contre Bruges qu'on enchaine avec la claque à Liberec, Sonny qui est pas mal blessé, la contestation de Santini et son comportement parano. Le groupe aurait pu lacher, mais non quand arrive le jour du match contre Lens, tu sens que les mecs y peut rien leur arriver.

                                La différence avec les joueurs l'an dernier qui terminent 4èmes...

                                Enfin du coup, si vous avez, comme moi, eu la chance de faire Stade de France le 05/05/01 et Gerland le 04/05/02, j'espère que Laville que Sonny vient chercher en civil avec ses béquilles, Coupet qui rend hommage à Borelli, l'Abbé Pierre interviewé par France Television sous l'oeil de Marie-Georges Buffet, Caçapa qui se débat avec les filets et Müller qui aurait échappé au XV all black entier dans sa course de célébration du but de la victoire, ça vous rappelera de beaux et bons souvenirs.
                                J'ai toujours pensé ça; en tous cas, à l'époque, je me suis dit : "ça y est, ils savent gagner". On sentait une montée en puissance sportive. Même au stade... le 1er "qui ne saute pas" sur tout le stade pour OL-Strasbourg 2001, tu sentais que ça passait un cap.

                                Et début 2002, je dis à un pote (j'étais au collège) : "tu vas voir, s'ils gagnent ce titre, ils vont en gagner 5 de suite". C'était un peu ambitieux, arrogant, prétentieux, car à l'époque personne ne réussissait à conserver son titre...




                                Envoyé par stadier Voir le message

                                Ca date d'à peine quelques années le fait de ne plus jouer la même équipe lors de la première et la dernière journée donc je m'en rappelle, je crois pas qu'on ait perdu contre la même équipe dans cette configuration à part le Havre en 1991/92 d'ailleurs (si maleante veut bien confirmer).

                                Ce que je voulais dire c'est qu'en fait le logiciel avait tiré Lens et Lyon pour s'affronter lors de la première et la dernière journée suite à des demandes spécifiques de l'un et/ou de l'autre, je crois que c'était l'OL d'ailleurs qui pour des raisons particulières ne souhaitait pas commencer la saison à domicile (comme on l'avait fait les 2 saison pécédentes) et c'est ce qui a fait qu'on s'est retrouvés avec un OL /Lens, qui aurait pu ne pas être tiré au sort.

                                La première journée de L1 2001/02, j'étais allé voir Placebo aux Nuits Electriques de Fouvière et on m'avait donné le score en revenant. C'est lors de ce match qu'on fait rentrer un jeune du nom de Bryan Bergougnoux qui sera champion de France par la même occasion, lui qui regardera le match retour en tribunes après être venu en métro et rentrera de la même manière.
                                Oui la réforme c'était en 2017 je crois; les calendriers actuels sont pourris (exit aussi le "miroir" phase aller-phase retour (J2-J20, J3-J21...).

                                Si on a demandé à se déplacer en J1, est-ce par peur du revival 'pelouse pourrie, merci Johnny' ? :)
                                (je me souviens qu'en 2003, 2004 etc., les polémiques c'était "Aulas dirige la Ligue, la preuve l'OL recevra en J38.." => finalement on a chopé quelques titres bien en avance de la J38.. dans la gueule de tous ces cons!!!)



                                PS. Merci pour l'article tendreg ! J'aimerais bien voir la "réunion des 20 ans.."!!!
                                Envoyé par stadier
                                - Upe : ça tiendrait qu'à moi tu serais responsable des Sports sur Canal ...

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                                • #41
                                  Merci à vous tous pour ce rappel nostalgique.

                                  Pour ma part cette journée a commencé bien tôt, excité comme jamais pour un match de foot à 5h30 j'étais déjà debout.
                                  je ne me souviens plus trop de l'avant match, sauf d'une atmosphère particulière au abord du stade. Une confiance inébranlable que ce soir nous serons champions, bien aidé par notre victoire en coupe de la ligue.

                                  Placé au virage nord inférieur où j'étais abonné je me souviens que j'avais dit à ma future femme lors de l'échauffement des lensois qu'ils avaient peur. Cela se lisait dans leurs attitudes leur regard.

                                  Quelle ambiance magnifique que ce soit avant pendant ou après match ou j'achetât en tout hâte une bouteille de pseudo champagne dans une épicerie proche de Gerland, qui a la première gorgé à même la bouteille me ressorti par les trous de nez.
                                  ahh mes 20 ans...
                                  En fait j'suis un ancien de Mars 2006

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                                  • #42
                                    Envoyé par Upe Voir le message

                                    Oui la réforme c'était en 2017 je crois; les calendriers actuels sont pourris (exit aussi le "miroir" phase aller-phase retour (J2-J20, J3-J21...).

                                    Si on a demandé à se déplacer en J1, est-ce par peur du revival 'pelouse pourrie, merci Johnny' ? :)
                                    (je me souviens qu'en 2003, 2004 etc., les polémiques c'était "Aulas dirige la Ligue, la preuve l'OL recevra en J38.." => finalement on a chopé quelques titres bien en avance de la J38.. dans la gueule de tous ces cons!!!)



                                    PS. Merci pour l'article tendreg ! J'aimerais bien voir la "réunion des 20 ans.."!!!
                                    C'était pas une tradition justement que le champion se déplace en 1ère journée ?

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                                    • #43
                                      Je me souviens aussi de la journée interminable avant d'aller au stade. J'étais en plus entourés de gens qui ne s'intéressaient pas du tout au foot, encore moins à l'OL. Ils ne comprenaient pas mon irritation et mon désintérêt total pour les conversations sur la météo et la politique (le lendemain, c'était Chirac-Le Pen). Je pense que j'ai jamais été aussi proche de me brouiller avec certains de mes proches que ce jour-là.

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                                      • #44
                                        Très chouette ton article tendreg merci du partage.
                                        Comment est votre blanquette ?

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                                        • #45
                                          Envoyé par roicip Voir le message
                                          Je me souviens aussi de la journée interminable avant d'aller au stade. J'étais en plus entourés de gens qui ne s'intéressaient pas du tout au foot, encore moins à l'OL. Ils ne comprenaient pas mon irritation et mon désintérêt total pour les conversations sur la météo et la politique (le lendemain, c'était Chirac-Le Pen). Je pense que j'ai jamais été aussi proche de me brouiller avec certains de mes proches que ce jour-là.
                                          La pluie s'était arrêtée au coup d'envoi, c'était parfait

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                                          • #46
                                            Envoyé par stadier Voir le message

                                            La pluie s'était arrêtée au coup d'envoi, c'était parfait
                                            Par contre il me semble que cela caillait bien.
                                            En fait j'suis un ancien de Mars 2006

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                                            • #47
                                              Envoyé par whiteshark38 Voir le message

                                              Par contre il me semble que cela caillait bien.
                                              Grave, il faisait à peine 10 degrés je crois.

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                                              • #48
                                                Moi je supportai encore les sardines à l’époque du 1er titre…

                                                Il fallait que je la fasse en ce jour précis

                                                Sinon, j’étais des 15-20 bourricots à être aller voir Sonny apres l’annonce de sa venue
                                                De bons souvenirs avec pierrot Laigle, le maillot info grammes, pour moi, c’est le plus grand moment que j’ai connu à l’OL, le titre venait d’une certaine logique ou nous étions les plus forts mais cet événement pour moi, sonnait comme un séisme dans mon petit cœur lyonnais habitué à espérer max l’Europe, et là, on avait un des meilleurs attaquants mondiaux avec notre maillot….

                                                Incroyable
                                                L’avenir sera Lyonnais !!!

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                                                • #49
                                                  Envoyé par stadier Voir le message

                                                  Grave, il faisait à peine 10 degrés je crois.
                                                  C'est marrant mais apres le match on sentait plus du tout le froid
                                                  Comment est votre blanquette ?

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                                                  • #50
                                                    Envoyé par Eomer Voir le message

                                                    C'est marrant mais apres le match on sentait plus du tout le froid
                                                    Ouais enfin même pendant le match hein même le froid ne me faisait pas peur avec mon maillot gris europe trop grand floqué Edmilson.
                                                    En fait j'suis un ancien de Mars 2006

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