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Lacazette, apprenti leader

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  • Lacazette, apprenti leader

    A 23 ans, Alexandre Lacazette a pris du poids au sein de l'effectif lyonnais, dont il était même le capitaine le week-end dernier face à Nice. S'il n'est pas encore un vrai patron de vestiaire, l'attaquant international français est en train de combler cette lacune.

    Il y a encore quelques mois, Alexandre Lacazette était un capitaine peu évident aux yeux de Rémi Garde. «Ce n’est pas le premier nom qui me serait venu à l’esprit», reconnaît l’ancien entraineur de l’OL reconverti consultant pour Canal+. Gonalons suspendu, c’est pourtant bien à lui que Hubert Fournier a décidé de confier le brassard, samedi dernier, face à Nice. Un choix qui se justifie par l’impact de l’international français (3 sélections) sur les résultats de son équipe: 10 buts, 4 passes décisives en douze journées ; deuxième joueur le plus décisif dans les cinq grands championnats européens ex-aequo avec Lionel Messi, mais derrière Cristiano Ronaldo (20 buts). Un choix qui en dit long sur sa nouvelle influence auprès de ses partenaires. Lacazette n’est pas devenu du jour au lendemain un ‘‘rameuteur’’ de troupes. Mais il a malgré tout su forcer sa nature introvertie pour devenir «un leader à sa manière», ajoute Garde.

    UN LEADER TECHNIQUE

    C’est sur le terrain que son évolution a été le plus visible. Dix buts et quatre passes décisives en douze matches : Lacazette a déjà presque atteint son total de l’an passé (15 buts). Plus surprenant lorsqu’on connaît les reproches qui lui étaient formulés plus jeune sur son manque de coffre, il a pris part aux 16 matches disputés par l’OL toutes compétitions confondues. «Pour un attaquant, c’est exceptionnel, insiste Bruno Genesio, ancien adjoint de Garde toujours en poste avec Fournier. Il est régulier, il marque, il fait marquer. Il a le sens du collectif. Plutôt que prendre sa chance, des fois, il préfère servir un partenaire mieux placé. Pour moi, à ce niveau-là, c’est un vrai leader

    Plus jeune, un doute entourait pourtant sa capacité à s’imposer. Le talent de Lacazette n’a jamais été remis en question. «Mais il souffrait parce qu’on le prenait pour un joker de luxe, indique son formateur, Robert Valette, entraineur de la réserve 1997 à 2011. Il n’était pas prêt athlétiquement à jouer 90 minutes.» En 2011, après la Coupe du monde des moins de 20 ans en Colombie en 2011 (compétition où il avait tout de même terminé co-meilleur buteur avec 5 buts), Rémi Garde se souvient avoir récupéré un joueur «très loin du niveau physique» exigé pour évoluer en L1. En cause principalement: son investissement dans les efforts défensifs. «Il y avait des côtés de l’entraînement qu’il n’aimait pas», souligne Genesio. «Chez les jeunes, il lui était un peu reproché d’être fainéant sur le plan défensif», confirme son équipier et ami Jordan Ferri.

    Son frère, Benoît, donne une autre version. Alexandre n’aurait jamais été fainéant, mais seulement handicapé par une blessure à une épaule dont les éducateurs de l’OL n’étaient pas tous au courant. «Au centre de formation, il s’était fait opérer et lors des tests de début de saison, il n’était pas au point physiquement, il avait encore des douleurs, relate-t-il. Ils l’ont assimilé comme un fainéant, mais c’était juste un problème de sensation. La preuve, c’est que l’année suivante, il est passé de la dernière à la première place aux tests physiques. Après, c’est sûr que ça n’a jamais été un marathonien…» A force de travail foncier, le corps de Lacazette s’est tonifié. «Mais il n’a pas non plus gonflé comme tous les joueurs qui partent en Premier League, poursuit Benoît. En pro, il y a plus de travail physique, plus de foncier. Ils l’ont fait travailler musculairement, sur ses lacunes, mais lui n’a jamais rien fait tout seul de son côté.»

    Lacazette a entamé sa mue à droite. Et Rémi Garde, lui, a fait coup double. Maintenir le 4-3-3, «le système qui permettait à l’équipe de mieux jouer.» Et permettre à son joueur d’augmenter son volume de jeu. «Au départ, c’est un joueur qui n’a pas de fond, pas d’endurance, rappelle le technicien. Il a fallu lui apprendre, au travers des matches, à se faire violence. Pour qu’Alex acquiert ça, je lui répétais sans arrêt que c’était pour lui le meilleur des entrainements. Je ne sentais pas qu’il allait progresser dans ce domaine grâce à des séances d’entraînement. Avec Lisandro qui était à gauche, ils l’ont fait à reculons, mais ça lui a énormément servi.»

    De cette période, Garde juge Lacazette «marqué par les efforts défensifs et la grinta sud-américaine» de son équipier argentin. «Il y a du mimétisme dans son jeu, reprend Garde. Il ne faut pas oublier qu’à son poste, il y a eu une forte concurrence avec Licha, Bafé Gomis et Jimmy Briand. Il n’a jamais lâché. Il a appris de tous ces joueurs, il en a fait la synthèse. Tout le travail d’observation, physique, tactique et technique, il le ressert aujourd’hui à sa sauce. Non pas de manière individualiste, mais de manière à entrainer les autres avec lui.» Ancien sélectionneur des Espoirs, Erick Mombaerts détaille la métamorphose : «A un moment, Alexandre avait besoin de prendre conscience que pour être un joueur de très haut niveau, il faut avoir un jeu complet aussi bien avec le ballon que sans. Aujourd’hui, il montre des qualités que je lui connaissais moins: des attitudes et des comportements à la perte du ballon, dans le replacement, dans la volonté de faire des efforts pour l’équipe. Ce qu’il fait en dehors de ses points forts, c’est ça qui renforce son statut de leader». «Quand tu vois qu’il se défonce pour t’aider à la récupération du ballon, ça te donne toi aussi envie de te défoncer toi aussi», confirme Ferri.

    UN «LEADER AFFECTIF»

    L’expression a été utilisée par Robert Valette et selon Rémi Garde, elle correspond plutôt bien au personnage. «C’est un garçon avec qui on a envie de passer du temps», souligne le technicien. S’il se montre encore un peu réservé dans le vestiaire quand vient le temps des grands discours, Lacazette étale au quotidien sa joie de vivre. «Quand il était avec moi, c’était un joyeux drille, pas quelqu’un qui engendre la monotonie, se souvient Valette. C’est un gamin qui a le sourire aux lèvres, qui est heureux de vivre.» «C’est l’un des premiers à rire, à déconner», surenchérit Ferri. Pas du genre à s’amuser avec les salières, type Ribéry. Lui, c’est plutôt «la bonne rigolade, pas des trucs qui énervent», souligne son frère Benoît.

    «Quand tu le vois arriver avec le sourire à l’entraînement alors que tout tu ne l’as pas, toi aussi, tu as envie de te mettre à sourire», reprend Ferri. «Il ne peut être qu’heureux ! Et sa joie est communicative, souligne encore son frère. Tout le monde peut se reconnaître en lui.» Surtout les jeunes qui l’ont érigé en modèle. Pour les Lopes, Umtiti, et autre Bahlouli, Lacazette est celui qui a montré qu’il était possible de percer dans son club formateur. «C’était le chemin à suivre», reprend le milieu de terrain lyonnais.

    L’attraction est réciproque. Garde relève que Lacazette préférait être avec les plus jeunes que lui plutôt que d’être «le leader pour tout le monde». «On en a parlé ensemble, poursuit-il. Je pense que ça lui a joué des tours quand il est parti en sélection pour la tournée en Amérique du Sud (au mois de juin 2013)» En Uruguay, puis au Brésil, l’attaquant de 23 ans ne donne pas le sentiment au staff de l’équipe de France d’apprécier cette convocation à sa juste valeur. «Il était sans doute encore un peu trop enfantin dans son comportement au sens où c’est un joyeux qui prend les choses du bon côté, estime Garde. Ça n’a peut-être pas été interprété de manière positive à ce moment-là.»

    Il aussi progressé dans ce domaine lorsqu’il faisait partie des sept réservistes présents à Clairefontaine au mois de juin, puis lors sa convocation pour les deux matches amicaux face à l’Espagne et en Serbie au mois de septembre. «Niveau personnalité, c’était déjà beaucoup mieux», souffle un membre de l’encadrement des Bleus. «Il peut avoir cette attitude-là qui peut laisser croire qu’il a du détachement, mais pour moi, c’était surtout de la timidité et de l’humilité, juge pour sa part Bruno Genesio. C’est quelqu’un qui ne se met pas en avant lorsqu’il ne connaît pas l’environnement dans lequel il est.» Ferri embraye : «C’est quelqu’un qui observe d’abord. C’est à force d’aller en équipe de France qu’il se sentira de plus en plus à l’aise et qu’il va se libérer.» «Il arrive quelque part, il regarde et ensuite il s’installe», résume Valette. A la manière de ce qu’il a fait à Lyon.

    En parallèle, sa famille a appris sur le tas à apprivoiser «un milieu dont elle ne connaissait rien du tout» (son papa est fonctionnaire, tandis que sa maman, aujourd’hui retraitée, était aide-soignante). A tel point qu’aujourd’hui, chacun de ses frères occupe une fonction bien précise. Benoît gère l’aspect sportif, tandis que ses deux autres frangins ont la main sur le volet droit/comptabilité. «Il y a une personne à chaque niveau et le paternel qui chapote tout ça au-dessus, souligne Benoît. C’est lui qui dit ‘’on valide, on valide pas’’». «Il a un environnement qui a les mêmes caractéristiques que lui: assez réfléchi, qui n’est pas perturbé à la moindre sollicitation ou au moindre éclat médiatique, insiste Rémi Garde. Il y a beaucoup de stabilité autour d’Alex, c’est ce qui lui a permis de franchir toutes ces étapes.» Benoît se souvient que lorsque Clément Grenier et Yannis Tafer ont signé leur premier contrat pro, «on n’est pas parti tête baissée dans les bureaux pour demander notre contrat aussi.»

    UN LEADER BIEN ENTOURÉ

    «La tête bien faite avec un bon environnement» Voilà à quoi Robert Valette attribue la réussite d’Alexandre Lacazette. Contrairement à beaucoup de jeunes qui débarquent en centre de formation, l’international français n’a jamais souffert de l’éloignement de ses proches. Il est né à Lyon, et jusqu’à il y encore deux ans, il vivait toujours chez ses parents. «C’était pour dire: ‘‘je prends mon envol’’, mais il n’est pas non plus très loin, sourit son frangin Benoît. Entre chez lui et les parents, il y a quinze minutes en voiture. Il n’a pas totalement coupé les ponts.» Même si les emplois du temps ne coïncident pas tout le temps, Lacazette continue de voir ses trois frères ou ses parents une fois par jour. «Mais jamais au même moment», sourit Benoît. Sauf le dimanche quand il n’y a pas match.

    Quand il y a match, en revanche, un simple regard vers les tribunes suffit. Dans le pire des cas, ils sont au minimum deux à le voir jouer: ses parents. Dans le meilleur, c’est toute la famille qui s’installe dans les gradins. «Il a quelque chose que les autres n’ont pas, c’est qu’à côté de lui, c’est costaud», apprécie Valette. De la génération 1991 (celle des Grenier, Kolodziejczak, Fontaine, Faure et autre Tafer) il est le seul à avoir poussé ses études jusqu’au bac sur l’insistance de ses parents. «Ils avaient besoin de se rassurer au cas où il y avait un contretemps, reprend son frère. A ce niveau-là, tout peut aller très vite. Une grosse blessure et c’est terminé. On voyait bien à ses notes que c’était compliqué de suivre en même temps le rythme scolaire demandé et un planning sportif chargé, mais il n’a jamais manifesté un ras-le-bol général. Il faisait ce qu’il pouvait…»

    Cet environnement a mis Lacazette à l’abri des bêtises. «Mais ce n’est de toute façon pas dans son caractère, estime Ferri. Ce n’est pas le genre de gars à basculer du mauvais côté.» Valette n’a pas le souvenir d’un écart de conduite dans sa formation. Chez les Espoirs, il aurait pu déraper. Mais contrairement à Yann M’Vila, Antoine Griezmann, Chris Mavinga, M’Baye Niang et Wissam Ben Yedder, suspendus de toute sélection nationale pendant un an, lui a eu l’intelligence de s’arrêter à temps. Dans la nuit du 13 au 14 octobre, pendant que ses équipiers filent en taxi à Paris en discothèque à trois jours du barrage retour à l’Euro 2013 contre la Norvège, lui reste finalement au Havre où se tenait le rassemblement des Espoirs «Je l’ai eu le soir même au téléphone, puis le lendemain, se souvent Benoît. Il n’était pas loin, mais ça ne m’a pas surpris qu’il n’y soit pas allé. Ce qui m’a surpris, c’est que les autres l’aient fait. Heureusement qu’il n’a pas suivi, ça aurait fait tâche. Parfois, il suffit d’un instant de réflexion.» «S’il a été capable de faire la part des choses, c’est très bien, souligne Mombaerts, le sélectionneur de l’époque. Mais ça n’aurait pas remis en cause sa progression. A un moment donné, on a le droit à l’erreur, on peut faire des choses que l’on regrette sans que cela ne remette en cause toute sa carrière. Alexandre est un type bien, il l’a toujours montré». Mais d’admettre : «Je vais être franc, c’est mieux qu’il n’y soit pas allé.»

    BIENTÔT UN LEADER DE VESTIAIRE ?

    Dans le vestiaire lyonnais, Alexandre Lacazette n’est pas du genre à prendre naturellement la parole devant les autres. «Il n’aime pas trop ça, affirme Genesio. Ce n’est pas dans son caractère de le faire.» Du temps où il officiait sur le banc de l’OL, Rémi Garde avait d’ailleurs préféré promouvoir Clément Grenier capitaine plutôt que lui. Pas Hubert Fournier. Depuis le début de la saison, la voix de l’attaquant d’origine guadeloupéenne se fait de plus en plus entendre. Et pas seulement auprès des jeunes dont il est «un peu le leader» (Ferri). Les départs durant l’intersaison de Jimmy Briand et Bafé Gomis, mais aussi sa prolongation de contrat (jusqu’en 2018), l’ont conforté dans l’idée qu’il devait s’impliquer davantage.

    «Il savait qu’il allait avoir de lourdes responsabilités, témoigne Ferri. Dès la préparation, il a montré sa détermination. Et lorsqu’il a vu que le fauteuil de leader d’attaque lui allait bien, qu’il arrivait à s’en sortir, ça l’a mis en confiance et donné envie de prendre ses responsabilités au sein du vestiaire». Le plus souvent, Lacazette opte pour des discussions individuelles - notamment avec ses milieux de terrain pour être servi dans de bonnes conditions -. Mais il lui est aussi arrivé de hausser le ton lorsque l’OL tanguait en début de saison. «Après certains matches, il a dit ce qu’il avait à dire, poursuit le milieu de terrain lyonnais. Vu que ce n’est pas forcément dans sa nature, même moi, ça m’a un peu surpris

    Emery Taisne

  • #2
    Déjà posté deux fois :rolleye: :

    http://forum.olweb.fr/showthread.php...cazette/page16

    http://forum.olweb.fr/showthread.php...-blabla)/page2

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    • #3
      Jamais 2 sans 3 et puis je ne l avais pas vu sur les autres sujets
      Adieu Ô Stade de Gerland :joue:

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      • #4
        Aucun souci, la section joueur sert à parler des performances des joueurs mais non de l'actualité qui doit rester sur le café. Tout le monde ne lisant pas la section article de presse et le café ne regorgeant pas non plus de topics, celui-ci à tout à fait lieu d'être ;)

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        • #5
          Merci pour l'article ... Je ne l'avais pas vu sur les deux autres topics.
          2001 -2002 : 64 points - 18 équipes - Santini
          Demain sera un jour meilleur...

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