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[OL] Articles de presse : Saison 2017/2018 (sans blabla)

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    Malgré les polémiques, les Lyonnais soutiennent toujours Jean-Michel Aulas


    Les dernières prises de position de Jean-Michel Aulas ont dérangé jusqu'au sein des supporters de l'OL. Mais ces derniers, personnalités lyonnaises ou anonymes, ne remettent pas en cause leur président : pour eux, il reste l'homme de la situation.


    Le président lyonnais, Jean-Michel Aulas. (B. Papon/L'Équipe)



    Régis Dupont et Hugo Guillemet 23 mars 2020 à 00h40



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    Le président lyonnais ne s'arrête jamais, et ce n'est pas la mise sous cloche de la planète entière qui allait le stopper. Ces deux dernières semaines, Jean-Michel Aulas a meublé le vide des compétitions de quelques sorties abrasives. Il y a dix jours dans le Monde, il a notamment évoqué l'hypothèse de décréter une saison blanche si le Championnat actuel n'allait pas à son terme : « Le plus logique serait alors de dire on annule tout et on repart sur la situation du début de saison. » L'option aurait l'immense intérêt de qualifier l'actuel septième de Ligue 1 à la prochaine édition de la Ligue des champions.

    La prise de position a dérangé jusque dans son propre camp. « Dans le fond je suis d'accord, car on ne peut pas arrêter le Championnat maintenant, ça n'aurait pas de valeur. C'est le timing qui est catastrophique, juge Jérémy Lopez, acteur et sociétaire de la Comédie-Française, né à Lyon. Même moi là, ça me gêne de parler de football parce qu'on est dans une période très grave, une période d'angoisse, de stress, on est tous un peu perdus. Après, si on analyse la solution qu'il a proposée, sortie du contexte, elle est logique. Car dans le cas où on devrait arrêter le Championnat, bah on l'annule, en fait. »



    « Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai eu honte, mais je trouve ça déplacé par rapport à la période, ajoute Henry-Claude (51 ans), fervent supporter de l'OL. Ça l'est aussi par rapport à Marseille ou Rennes, qui méritent leur place, comme nous méritons la septième. »« On sait tous que ce qu'il dit est un peu absurde, qu'il a dit ça aussi parce que la saison sent le roussi », convient Guillaume, fan de 16 ans. La bataille de petites phrases avec le président de l'Olympique de Marseille, Jacques-Henri Eyraud, a enflammé la toile (1). Et si Jean-Michel Aulas a depuis pu préciser sa pensée (2), le constat d'un patron qui joue tous les ballons par tous les temps peut indisposer. « Mais il est dans son double rôle de président de club leader en France et de dirigeant important de la Ligue et de la Fédération, défend Thierry Braillard, l'ex-secrétaire d'État chargé des Sports (de 2014 à 2017). Il essaie de trouver une solution, et ce que ça engendre comme polémique, c'est autre chose. Il l'a rappelé : l'hypothèse de la saison blanche, c'est celle qu'on souhaite le moins, mais il faudra peut-être l'envisager. »



    « Cette décla, c'est un choix raisonné et stratégique, estime le Lyonnais Emmanuel Biron, ex-sprinteur de l'équipe de France d'athlétisme, aujourd'hui coach sportif et fondateur d'Optiforme. Il n'est peut-être pas le seul à penser ça. Pour nous, les sportifs, il est très, très compliqué de continuer à s'entraîner dans de bonnes conditions actuellement, en tout cas celles que demande le haut niveau. Donc il peut soumettre cette hypothèse. »« Depuis que je suis gamin et fan de l'équipe, et depuis six ans en tant qu'adjoint aux sports à la mairie, j'ai remarqué que Jean-Michel Aulas a toujours tout fait dans l'intérêt de son club, confie l'ex-gymnaste de haut niveau Yann Cucherat, candidat LREM aux municipales (3). Il faut interpréter ses déclarations comme celles d'un chef qui défend son entreprise. Twitter, j'en ai déjà parlé avec lui, il l'utilise car il considère que c'est un contre-pouvoir vis-à-vis de la presse, un point d'équilibre. »





    « Quand il parle après un match, il n'est pas à chaud, dans sa tête il est à J + 3 semaines »

    Emmanuel Biron, ex-sprinteur de l'équipe de France d'athlétisme






    Au moins « JMA » a retrouvé sa casquette de chef de clan, tentant de réunir l'OL derrière lui contre le reste du monde, après plusieurs mois de forte division. Quelques jours avant la victoire face à la Juventus Turin (1-0, le 26 février) en huitièmes de finale aller de Ligue des champions, les Bad Gones écrivaient sur leur page Facebook : « Monsieur le président, arrêtez de balader les fidèles supporters que nous sommes, sortez le nez de vos résultats financiers et regardez l'exaspération qui monte en face. » Et pointaient les « vrais responsables : le staff, les joueurs et votre communication ! »




    Depuis, Lyon a gagné des matches qui comptent contre Turin (1-0) et Saint-Étienne (2-0, le 1er mars). Les vents sont un peu plus porteurs. « Sa com, quand il attaque des gens qui n'ont pas de lien avec le club, me dérange moins, constate Jérémy Lopez, auteur d'une tribune remarquée il y a un an. Aulas prend beaucoup de place, oui, mais peut-être que ça prend du temps aussi (avant que Juninho, directeur sportif depuis cet été, maîtrise complètement son poste et l'environnement). »



    « S'il le fait c'est que ça sert le club, je ne connais pas de plus fervent défenseur de l'OL que lui », tranche Thierry Braillard. L'OL a réenclenché un fonctionnement qui nourrit son succès depuis trente-trois ans, le président a renoncé à sa mise en retrait annoncée avec l'arrivée de Juninho, et Lyon a retrouvé ses répères. « De l'extérieur, c'est le sentiment que ça a pu donner, peut-être, mais ce n'est pas vraiment le cas, tempère Yann Cucherat. Il a confié la responsabilité sportive à une légende du club. Et de par sa position, il essaie de le mettre dans les bonnes dispositions. Je connais Juninho, on a discuté, et je sais qu'il n'est pas du tout contraint par les choix de Jean-Michel. Juninho n'est pas quelqu'un qu'on peut téléguider. »

    « Tant qu'Aulas sera là, il sera le porte-parole du club, pense Emmanuel Biron. C'est un homme de première ligne. Parfois, il va à l'encontre de ce qu'on peut attendre ou imaginer. Lui, quand il parle après un match, il n'est pas à chaud, dans sa tête il est à J + 3 semaines ! Je pense qu'il prend trop de place, même s'il n'y a pas plus talentueux que lui dans son domaine. Mais je pense qu'il n'a pas encore trouvé celui qui peut l'accompagner pour exploiter au maximum le potentiel de l'équipe. » À 71 ans (il les a fêtés dimanche), Jean-Michel Aulas est plus que jamais nécessaire à l'OL, estiment la plupart des fans lyonnais, connus ou pas.



    « En fait, il réfléchit toujours à comment avoir un temps d'avance »

    Yann Cucherat, candidat LREM aux municipales




    « Même s'il est trop bavard, il suffit de regarder ce qu'il a fait chez les hommes comme chez les femmes, rappelle Guillaume. Il fera encore beaucoup pour Lyon. »« Il n'est pas au bout de son truc », pense aussi Henry-Claude. L'érection du grand stade à Décines est le rappel frappant d'un président visionnaire et obstiné. Qui a encore plein de projets en tête : entre le rapprochement avec l'Asvel, le rachat d'une franchise de foot féminin aux États-Unis ou la construction d'une salle multifonctions au pied du Groupama Stadium, JMA fourmille d'axes de développement. « Sa vision est dans l'air du temps, dit Yann Cucherat. Il lui a fallu dix ans pour sortir son stade de terre. Car il avait compris seul, dès le début des années 2000, que pour être en autonomie, il fallait avoir son centre de formation et son stade. En fait, il réfléchit toujours à comment avoir un temps d'avance. »



    « Le virage économique, ce n'est pas mon domaine, je vois ça avec des grands yeux ronds, reconnaît Jérémy Lopez. Se rapprocher du foot aux États-Unis, du basket... On crée un pôle, en fait, et sur ça je n'ai pas d'avis, ni bon ni mauvais. J'attends de voir. J'ai l'impression qu'on prend de l'avance sur ce que sera le sport dans le futur. Sur le business, je crois qu'on n'a pas trop de leçon à donner à Aulas. » Il semble ne pas être le seul à penser que ce président pas comme les autres reste le boss.



    (1) JHE a déclaré : « Nous tenons notre Lider maximo, prêt à bondir sur un virus dévastateur pour occulter la saison difficile de son club en L 1. » JMA a rétorqué : « Heureusement pour toi et tes disciples que le ridicule tue moins que le Coronavirus ».



    (2) L'OL a précisé via un communiqué que cela était « uniquement une hypothèse dans le cas précis où la saison de L1 ne pourrait pas aller à son terme ».



    (3) Troisième au 1er tour avec 14,9 % des voix

    L'Equipe

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      Jean-Michel Aulas (OL) évoque sa communication sur Twitter : « La forme d'expression peut irriter »

      Le président de l'OL reconnaît que ses prises de position sur les réseaux sociaux apparaissent parfois « lapidaires ». Mais il se satisfait de la relation qu'il peut avoir avec ses supporters.




      Jean-Michel Aulas utilise régulièrement son compte Twitter pour communiquer. (A.Martin/L'Équipe)



      Bilel Ghazi @BilelGhazimis à jour le 23 mars 2020 à 14h17


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      « Comment jugez-vous l'évolution de la perception de votre communication par vos propres supporters ?



      Sur certains réseaux sociaux, avec l'anonymat qui ne permet pas toujours de savoir à qui on s'adresse, il y a des points qui laissent à penser que, quelquefois, ma pensée n'est pas toujours pleinement comprise. Ceci étant, globalement et de manière assez constante, il y a une perception ultra-positive de meilleur président. Pas uniquement de l'instant présent mais de tous les temps. Parce que je dis les choses et que je défends le club. Je retiens surtout que les gens voient dans mes prises de position une vision que n'ont pas beaucoup d'autres et qui dépasse très nettement la perception que peuvent avoir certains historiques dans le football. Je suis très satisfait de la relation que j'ai avec les supporters que je vois ou que je rencontre sur les réseaux sociaux. Après, il y a aussi une frange très minimaliste de gens qui s'énervent quelquefois.





      Pour quelle raison selon vous ?



      Soit ils n'ont pas compris ce que je voulais dire, soit ils sont orientés par les médias qui jouent un rôle pernicieux dans ma relation aux supporters lorsqu'ils déforment mes propos ou que ceux-ci sont occultés...




      Cela ne peut pas être dû qu'aux médias...



      On est dans un monde de médias. Et c'est pour ça que j'ai choisi Twitter pour m'exprimer. Personne ne m'empêchera de m'exprimer, avec le juste ton, sur Twitter. [...] Sur ce réseau, on peut toutefois tomber sur des supporters d'autres clubs qui se font passer pour des supporters lyonnais. Ceci étant, dans toute population, il y a aussi une évolution. Et on a dans toute population, y compris à Lyon, des supporters plus jeunes qui n'ont pas le recul et qui réagissent plus directement par rapport à des situations. Mais je ne leur en veux pas. C'est la vie qui est comme ça. Dans tous les horizons, vous avez un certain nombre de personnes qui ne comprennent pas les gens qui avancent, qui innovent et qui se remettent en question. Après, le mode d'expression de ce que j'exprime ne me satisfait pas. Car il y a une censure sur certains propos que je peux exprimer, ou ils sont déformés. Après, j'ai beau démentir, ça reste...






      Pour vous, Twitter représente-t-il donc la meilleure manière d'assurer votre communication ?



      Twitter, c'est ma parole. Évidemment, je ne peux pas faire de longues phrases. Pourtant, je pourrais car j'arrive à manier plutôt bien le verbe. Mais c'est extrêmement réduit. Sauf que de l'autre côté, on me censure... Donc il reste Twitter avec ses insuffisances, dont celle qui ne permet pas de faire de longues phrases. Je reconnais que c'est un peu lapidaire et je m'en excuse auprès de ceux qui me suivent. Et cela permet tellement à ceux qui ont un a priori défavorable sur moi de pouvoir dire que je suis dans le faux ou que je ne m'exprime pas très bien. Mais si vous faites un sondage auprès des gens qui aiment le football pour savoir qui est le meilleur président de France, je n'ai aucun doute sur son résultat...




      Le côté réducteur de Twitter peut-il contribuer à des perceptions différentes de votre communication ?



      En partie, oui. Comme je l'ai dit, c'est lapidaire. Twitter permet d'être juste et précis par rapport à des choses qui sont erronées. Mais à l'inverse, la forme est un inconvénient. La forme d'expression peut irriter, c'est clair. Twitter, c'est aussi une zone de non-droit. Donc on peut intervenir avec des idées saines et des valeurs, comme j'essaye de le faire. Mais on peut être contesté aussi car c'est un état de non-droit. Quand on est un peu rodé à cela, on essaye de ne pas retenir les avis les plus tranchés et négatifs car il y a beaucoup d'inepties qui sont dites. Mais ça permet aussi de toucher une large audience lorsqu'on a plus de 500 000 « followers



      Cela permet-il aussi de mesurer de quelle manière votre communication et votre stratégie sont perçues ?



      Bien sûr, j'analyse. Même si tout ce qu'y est insulte ou non explicatif, je n'en tiens pas compte. Après, il faut savoir dire qu'il y a peut-être, dans certains cas, entre 1 et 5 % de gens qui réagissent plus par automatisme. Mais je suis le premier à aller à la rencontre des groupes de supporters, à échanger avec eux par des lettres et il se dit beaucoup de choses très positives. À partir de là, il faut savoir utiliser Twitter pour 85 ou 95 % des avis et essayer de tirer des synthèses où ce n'est pas la minorité qui doit définir ce que doit faire la gouvernance d'un club.


      l

      Pour défendre votre institution ou vos idées, vous pouvez aussi vous montrer offensif, même envers vos propres supporters. Mesurez-vous que cela peut aussi engendrer des réactions de leur part ?



      Je le mesure et j'en tiens compte. L'année dernière, on a eu un mouvement sur les réseaux sociaux qui était orienté contre Bruno Genesio (alors entraîneur) et j'ai géré toute la saison pour sa protection. Et plutôt que de lui proposer de poursuivre (à l'intersaison), on a décidé de changer, sans en être convaincus profondément. Les supporters voulaient que Juninho revienne et après trois années d'efforts, il est arrivé et on lui a donné le pouvoir (en tant que directeur sportif). Globalement, on a toujours écouté les supporters. Il y a eu des tracts, on les a laissés et on y a répondu. On a même corrigé un certain nombre de choses. Mais on l'a surtout fait dans l'intérêt de l'institution.





      Jean-Michel Aulas est allé dans le sens du souhait de ses supporters en nommant Juninho comme directeur sportif à l'intersaison. (A.Martin/L'Équipe)




      Sur les réseaux sociaux, un certain nombre de vos supporters vous reprochent d'évoquer plus facilement la bonne santé économique de votre club plutôt que des résultats sportifs moins réguliers...


      La crise qu'on connaît aujourd'hui, elle apporte une réponse à ça. Les clubs qui n'ont pas de fonds propres ou qui ont vécu au-dessus de leurs moyens, est-ce qu'ils vont se sortir de cette crise ? Comme le dit l'homme d'affaires américain Warren Buffet, c'est quand la mer se retire qu'on voit que certains baigneurs sont nus. On risque de voir qu'un certain nombre de clubs ne sont pas aussi sereins sur le plan économique et donc sportif qu'on l'imagine. Après, Twitter permet de mesurer et de corriger. Donc on parle beaucoup moins d'économie, depuis quelque temps, pour l'OL. Mais j'essaye d'avoir une ligne directrice qui assure aux enfants de nos supporters un club performant sur le plan national mais aussi européen.



      Vous renvoyez parfois l'impression d'être volontairement provocateur dans votre communication pour concentrer la critique sur vous et en protéger vos entraîneurs ou joueurs...


      Ce qui est sûr, c'est que je souhaite protéger les entraîneurs et les joueurs. Je n'ai pas trouvé d'autres solutions que de leur faire confiance pour avoir des résultats. Si on ne le fait pas, on peut tout perdre. Je note d'ailleurs qu'il n'y a pas beaucoup d'entraîneurs ou joueurs qui m'ont critiqué sur le management... Après, dire que je provoque pour concentrer la critique sur ma personne, je ne suis pas sûr que cela soit aussi systématique que cela. Je protège et, pour protéger, il faut quelques fois se mettre en avant. Et vu que j'ai le cuir épais, je résiste peut-être mieux que si c'était un entraîneur ou un joueur. »

      publié le 23 mars 2020 à 11h10mis à jour le 23 mars 2020 à 14h17

      L'Equipe

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      • Lyon



        avant-première abonnés



        Jean-Michel Aulas (OL) considère que Tony Parker pourrait lui succéder à la présidence, dans quelques années





        Depuis près de dix mois, Jean-Michel Aulas et Tony Parker ont uni leurs efforts entrepreneuriaux autour de l'OL et de l'Asvel. À tel point que le premier songe ouvertement au second pour lui succéder dans quelques années à la tête de l'OL. Lequel n'est pas insensible au projet.



        Jean-Michel Aulas et Tony Parker, le 23 juin 2019. (A. Martin/L'Équipe)


        David Loriotmis à jour le 4 avril 2020 à 22h04


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        Ce n'est encore qu'une idée, mais elle pourrait bien vite se muer en véritable croyance. À 71 ans, Jean-Michel Aulas, emblématique président de l'Olympique Lyonnais depuis trente-trois ans, est dans le jour d'après, le prochain chapitre, celui où il n'aura plus le dernier mot, au nom de l'institution. Il ne va pas partir demain, non. Mais la réflexion est ouverte désormais, et depuis un petit moment déjà.

        « Ce n'est pas une obsession, mais c'est une volonté ferme », avoue-t-il, au sujet d'une succession à la tête de l'OL, qu'il pèse au centigramme près et qu'il échafaude dans les moindres détails. La fonction est lourde, le costume prestigieux. À son départ, la vacance sera immense. Aulas veut donc de l'épaisseur, de la dimension, un homme qui remplisse tous les vides. Et Tony Parker (37 ans) pourrait bien être celui-là.



        Il y a un mois, le président lyonnais avait déjà laissé tomber quelques adjectifs laudatifs sur le chemin du quadruple champion NBA et président de l'Asvel, admettant, en toute transparence, que TP « cochait à peu près toutes les cases ». Ce n'est certainement pas pour se dédire aujourd'hui, bien au contraire. Depuis près de dix mois, les deux acteurs majeurs du sport lyonnais ont uni leurs efforts entrepreneuriaux dans une vision commune du sport business de demain.

        « Depuis le début, il y a des atomes crochus qui font qu'on a envie de se découvrir et de travailler ensemble »

        Jean-Michel Aulas, président de l'OL



        OL Groupe est entré au capital de l'Asvel (dont il détient aujourd'hui 31,6 % des parts), mais s'est aussi engagé conséquemment en tant que partenaire des deux équipes de basket, masculine et féminine. Dans l'autre sens, Tony Parker, devenu ambassadeur de l'OL à l'international, a participé activement au rachat du Reign FC (devenu OL Reign) en décembre dernier, dont il a acquis 3 % du capital, et il sera officiellement membre du conseil d'administration de l'OL lors de la prochaine assemblée générale du club.




        À l'heure d'évoquer la suite, la piste est sérieuse. Car l'union Aulas-Parker ne tombe pas du ciel. La genèse remonte à douze ans, durant l'Euro de foot 2008 en Suisse, quand Aulas emmenait en avion le couple Parker-Longoria sur les matches de l'équipe de France. « Il y a un personnage au milieu, qui est Thierry Henry, qui a permis de nous rencontrer, se souvient Aulas. J'ai senti dans cet immense sportif un homme d'une sensibilité très grande et avec une histoire un peu comme la mienne, lui dans le sport, moi dans la partie business. L'étincelle, c'est la personnalité et un parcours qui mérite le respect. Ce n'est pas une rencontre par hasard. Depuis le début, il y a des atomes crochus qui font qu'on a envie de se découvrir et de travailler ensemble. »



        « On ressent les choses de la même façon : même mentalité, même motivation pour faire bouger les lignes »

        Tony Parker





        Une vision commune, une concorde dans le business, que Tony Parker a, lui aussi, très vite cernée. « On ressent les choses de la même façon : même mentalité, même motivation pour faire bouger les lignes. Sur ça, on se ressemble énormément. On n'est pas de la même génération, ça peut paraître assez incroyable, mais c'est comme ça. Des fois, ça clique, des fois, ça ne clique pas. Avec Jean-Michel, ça se fait au feeling, naturellement », expose le champion d'Europe 2013.

        Durant plus de dix ans, comme des aimants, les deux hommes vont se tourner autour, sans jamais brusquer les choses. « Assez bizarrement, on était chacun dans notre destinée, avec la certitude que ça allait se faire, sans se précipiter pour que ça ne soit pas le mauvais moment. Il y a toujours eu cette appétence à vouloir se compléter », raconte Aulas. Ces derniers mois, les choses se sont donc accélérées. « Les éléments du puzzle se sont mis en place », confie le patron de l'OL.




        À tel point que l'association de neuf mois pourrait bien se transformer, dans quelques années, en succession. Car s'il n'est pas incongru d'évoquer le nom et la dimension mondiale de Tony Parker pour prendre la tête des affaires d'un OL tourné vers l'international dans le futur, TP apparaît même, à ce jour en tout cas, comme la personne idoine aux yeux du président. « Il a ce côté un peu mystique de la réussite dans le sport et de la réussite dans l'entrepreneuriat et il n'y en a pas beaucoup », confesse Aulas, qui n'hésite pas à développer sa pensée.

        « Indépendamment de l'envie que pourrait avoir Tony, de l'envie que pourraient avoir les autres actionnaires, c'est vrai qu'il a le profil pour s'occuper d'un groupe de sport professionnel mondial, avec toutes les composantes économiques et de communication qui y sont associées. On le voit bien quand on va aux États-Unis pour racheter le Reign FC, que je débarque avec Tony à Seattle : les Américains s'enflamment ! Quand je parle aux Chinois de ce que l'on pourra faire avec Tony dans le futur en Chine, les Chinois s'enflamment ! Je me dis que les cases, elles peuvent coller. »





        Et JMA de poursuivre : « J'ai vraiment le sentiment qu'il a les caractéristiques. En plus des qualités professionnelles et humaines, j'ai une grande affection pour lui et tout ce qu'il représente. Si le jour où je souhaite passer la main, ça peut se faire avec une forme de transmission professionnelle, mais aussi affective, ça peut être top. C'est un élément dans la réflexion qui n'est pas anodin. Je le dis par transparence et parce que ça me paraît évident, je ne le dis pas parce que j'ai une idée derrière la tête et que j'en ai parlé avec Tony. Il n'y a aucune décision de prise, ni de son côté, ni du mien, ni du côté de nos actionnaires. »



        « Ce qui est raisonnable, c'est d'imaginer qu'à l'orée de mes 75 ans, si on avait un président opérationnel, ce serait bien »

        Jean-Michel Aulas





        Évidemment, depuis San Antonio où il est confiné avec sa famille, « TP » a eu vent de tout cela. Le jeune businessman de 37 ans est honoré mais prudent : « Je suis très touché par les propos de Jean-Michel. C'est un honneur de savoir qu'il pense à moi, qu'il me voit avec les qualités pour un poste comme celui-là. Mais j'ai encore beaucoup, beaucoup de choses à apprendre. Ce n'est pas du tout d'actualité. Pour l'instant, je suis président de l'Asvel, je suis content de la position où je suis, et j'ai envie de grandir avec Jean-Michel, de continuer d'apprendre de lui. C'est quand même un poste très, très costaud. Après on verra dans quatre, cinq ans », reconnaît l'ancien meneur de jeu.




        Justement, les timings semblent s'aligner. « On n'est pas divergent », sourit le président lyonnais, qui a affiné son calendrier personnel. « Ce qui est raisonnable, c'est d'imaginer qu'à l'orée de mes 75 ans, si on avait un président opérationnel, ce serait bien. Il y a aussi un autre paramètre : l'objectif est de gagner une Coupe d'Europe chez les garçons. Si on arrivait à faire coïncider le fait de gagner sur le plan européen avec les garçons et le fait que je puisse derrière tirer ma révérence, ce serait une belle histoire. Mais la logique c'est d'aller à peu près jusqu'à 75 ans », confirme le totem de l'OL.




        Parker sera alors mûr pour la haute fonction ? « Pourquoi pas. Pourquoi pas... », lâche la star du basket français, homme de challenge, forcément titillé. « Je n'en ai jamais parlé avec Jean-Michel. Mais c'est vrai que si un jour il me voit comme cela et qu'il me le demande, je pense que c'est un poste qui ne peut pas se refuser. » La voie est débroussaillée, la piste avancée. Parker est donc en pole. Aujourd'hui, du moins. « Il ne faut pas raisonner comme ça. C'est au moment donné. Il faut être the right man at the right time (la bonne personne au bon moment) », tempère le président de l'OL. Mais l'idée est bien née : « C'est vrai qu'aujourd'hui, dans un monde parfait, on ne peut pas ne pas l'imaginer comme ça », glisse-t-il pour terminer.



        publié le 4 avril 2020 à 21h00mis à jour le 4 avril 2020 à 22h04

        l'Equipe

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        • Transferts,


          OL


          issu du journal


          Transferts : Lyon reste sous la menace des grands clubs européens sur les dossiers Dembélé et Aouar




          Malgré les perturbations liées à la pandémie de coronavirus, l'OL devrait être attaqué par des grands clubs européens pour ses joueurs Moussa Dembélé et Houssem Aouar.






          Houssem Aouar célèbre son ouverture du score contre Angers (6-0), le 16 août 2019. (J. Prévost/L'Équipe)
          Bilel Ghazimis à jour le 6 avril 2020 à 02h27
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          Quelle que soit l'issue de cette saison, le prochain mercato s'annonce agité pour l'Olympique Lyonnais, qui s'attend à quelques offensives sur plusieurs de ses joueurs majeurs. Déjà sollicité cet hiver, son buteur Moussa Dembélé (23 ans, 22 réalisations toutes compétitions confondues cette saison) devrait disposer d'un bon de sortie cet été. Dans le viseur de grands clubs anglais (Chelsea, Manchester United), l'international Espoirs (sous contrat jusqu'en juin 2023) devrait être à l'abri des potentielles conséquences économiques d'une saison perturbée par la pandémie de coronavirus.




          Si, dans l'idéal, les dirigeants rhodaniens souhaiteraient ne pas se séparer d'un autre élément majeur, ils sont conscients qu'il pourrait leur être difficile de retenir également Houssem Aouar (21 ans, sous contrat jusqu'en juin 2023). L'été dernier, le milieu polyvalent avait déjà engagé une réflexion sur son avenir. Mais après concertation avec son entourage, le natif de Lyon avait décidé d'accomplir une saison supplémentaire avec son club formateur pour parfaire sa progression. Avec, en arrière-pensée, la volonté de découvrir les Bleus en vue de l'Euro 2020 et l'idée d'un envol dans la foulée.




          Même avec le report du Championnat d'Europe à l'été 2021, l'international Espoirs devrait conserver ses envies d'ailleurs au terme de la saison actuelle. Ces derniers mois, parmi les gros clubs européens à lui porter un intérêt, deux l'ont fait de manière plus concrète : la Juventus Turin et Manchester City. Pour les Citizens, courtisans de longue date, les interrogations portent toutefois sur leur exclusion des Coupes d'Europe pour deux saisons, prononcée mi-février par l'UEFA pour avoir enfreint les règles du fair-play financier. Une réduction de cette sanction, à l'issue de l'appel déposé devant le Tribunal arbitral du sport par le club anglais, et la perspective d'évoluer sous les ordres de Pep Guardiola pourraient toutefois séduire Aouar.



          Depay, l'enjeu de la prolongation





          L'OL pourrait également connaître un peu d'agitation autour de Memphis Depay (26 ans). Après sa grave blessure au genou gauche, mi-décembre, l'international néerlandais (51 sélections) s'est vu proposer une prolongation de contrat à laquelle il n'a toujours pas répondu. Et son bail actuel court jusqu'en juin 2021. Initialement déterminé à revenir avant la fin de la saison pour disputer l'Euro 2020, le capitaine lyonnais avait renvoyé l'impression de vouloir attendre cette compétition et les différentes perspectives qu'elle aurait pu lui offrir.

          Portés par l'envie de le conserver et de le prolonger, les dirigeants lyonnais étaient eux très réservés quant à la course contre-la-montre entamée par Depay dans sa rééducation, jugée risquée sur le plan physique. Dans ce dossier, avec le report du Championnat d'Europe, ils semblent avoir repris la main. À condition de le prolonger dans les prochaines semaines...



          publié le 6 avril 2020 à 00h00mis à jour le 6 avril 2020 à 02h27

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