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[OL] Articles de presse : Saison 2017/2018 (sans blabla)

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    Malgré les polémiques, les Lyonnais soutiennent toujours Jean-Michel Aulas


    Les dernières prises de position de Jean-Michel Aulas ont dérangé jusqu'au sein des supporters de l'OL. Mais ces derniers, personnalités lyonnaises ou anonymes, ne remettent pas en cause leur président : pour eux, il reste l'homme de la situation.


    Le président lyonnais, Jean-Michel Aulas. (B. Papon/L'Équipe)



    Régis Dupont et Hugo Guillemet 23 mars 2020 à 00h40



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    Le président lyonnais ne s'arrête jamais, et ce n'est pas la mise sous cloche de la planète entière qui allait le stopper. Ces deux dernières semaines, Jean-Michel Aulas a meublé le vide des compétitions de quelques sorties abrasives. Il y a dix jours dans le Monde, il a notamment évoqué l'hypothèse de décréter une saison blanche si le Championnat actuel n'allait pas à son terme : « Le plus logique serait alors de dire on annule tout et on repart sur la situation du début de saison. » L'option aurait l'immense intérêt de qualifier l'actuel septième de Ligue 1 à la prochaine édition de la Ligue des champions.

    La prise de position a dérangé jusque dans son propre camp. « Dans le fond je suis d'accord, car on ne peut pas arrêter le Championnat maintenant, ça n'aurait pas de valeur. C'est le timing qui est catastrophique, juge Jérémy Lopez, acteur et sociétaire de la Comédie-Française, né à Lyon. Même moi là, ça me gêne de parler de football parce qu'on est dans une période très grave, une période d'angoisse, de stress, on est tous un peu perdus. Après, si on analyse la solution qu'il a proposée, sortie du contexte, elle est logique. Car dans le cas où on devrait arrêter le Championnat, bah on l'annule, en fait. »



    « Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai eu honte, mais je trouve ça déplacé par rapport à la période, ajoute Henry-Claude (51 ans), fervent supporter de l'OL. Ça l'est aussi par rapport à Marseille ou Rennes, qui méritent leur place, comme nous méritons la septième. »« On sait tous que ce qu'il dit est un peu absurde, qu'il a dit ça aussi parce que la saison sent le roussi », convient Guillaume, fan de 16 ans. La bataille de petites phrases avec le président de l'Olympique de Marseille, Jacques-Henri Eyraud, a enflammé la toile (1). Et si Jean-Michel Aulas a depuis pu préciser sa pensée (2), le constat d'un patron qui joue tous les ballons par tous les temps peut indisposer. « Mais il est dans son double rôle de président de club leader en France et de dirigeant important de la Ligue et de la Fédération, défend Thierry Braillard, l'ex-secrétaire d'État chargé des Sports (de 2014 à 2017). Il essaie de trouver une solution, et ce que ça engendre comme polémique, c'est autre chose. Il l'a rappelé : l'hypothèse de la saison blanche, c'est celle qu'on souhaite le moins, mais il faudra peut-être l'envisager. »



    « Cette décla, c'est un choix raisonné et stratégique, estime le Lyonnais Emmanuel Biron, ex-sprinteur de l'équipe de France d'athlétisme, aujourd'hui coach sportif et fondateur d'Optiforme. Il n'est peut-être pas le seul à penser ça. Pour nous, les sportifs, il est très, très compliqué de continuer à s'entraîner dans de bonnes conditions actuellement, en tout cas celles que demande le haut niveau. Donc il peut soumettre cette hypothèse. »« Depuis que je suis gamin et fan de l'équipe, et depuis six ans en tant qu'adjoint aux sports à la mairie, j'ai remarqué que Jean-Michel Aulas a toujours tout fait dans l'intérêt de son club, confie l'ex-gymnaste de haut niveau Yann Cucherat, candidat LREM aux municipales (3). Il faut interpréter ses déclarations comme celles d'un chef qui défend son entreprise. Twitter, j'en ai déjà parlé avec lui, il l'utilise car il considère que c'est un contre-pouvoir vis-à-vis de la presse, un point d'équilibre. »





    « Quand il parle après un match, il n'est pas à chaud, dans sa tête il est à J + 3 semaines »

    Emmanuel Biron, ex-sprinteur de l'équipe de France d'athlétisme






    Au moins « JMA » a retrouvé sa casquette de chef de clan, tentant de réunir l'OL derrière lui contre le reste du monde, après plusieurs mois de forte division. Quelques jours avant la victoire face à la Juventus Turin (1-0, le 26 février) en huitièmes de finale aller de Ligue des champions, les Bad Gones écrivaient sur leur page Facebook : « Monsieur le président, arrêtez de balader les fidèles supporters que nous sommes, sortez le nez de vos résultats financiers et regardez l'exaspération qui monte en face. » Et pointaient les « vrais responsables : le staff, les joueurs et votre communication ! »




    Depuis, Lyon a gagné des matches qui comptent contre Turin (1-0) et Saint-Étienne (2-0, le 1er mars). Les vents sont un peu plus porteurs. « Sa com, quand il attaque des gens qui n'ont pas de lien avec le club, me dérange moins, constate Jérémy Lopez, auteur d'une tribune remarquée il y a un an. Aulas prend beaucoup de place, oui, mais peut-être que ça prend du temps aussi (avant que Juninho, directeur sportif depuis cet été, maîtrise complètement son poste et l'environnement). »



    « S'il le fait c'est que ça sert le club, je ne connais pas de plus fervent défenseur de l'OL que lui », tranche Thierry Braillard. L'OL a réenclenché un fonctionnement qui nourrit son succès depuis trente-trois ans, le président a renoncé à sa mise en retrait annoncée avec l'arrivée de Juninho, et Lyon a retrouvé ses répères. « De l'extérieur, c'est le sentiment que ça a pu donner, peut-être, mais ce n'est pas vraiment le cas, tempère Yann Cucherat. Il a confié la responsabilité sportive à une légende du club. Et de par sa position, il essaie de le mettre dans les bonnes dispositions. Je connais Juninho, on a discuté, et je sais qu'il n'est pas du tout contraint par les choix de Jean-Michel. Juninho n'est pas quelqu'un qu'on peut téléguider. »

    « Tant qu'Aulas sera là, il sera le porte-parole du club, pense Emmanuel Biron. C'est un homme de première ligne. Parfois, il va à l'encontre de ce qu'on peut attendre ou imaginer. Lui, quand il parle après un match, il n'est pas à chaud, dans sa tête il est à J + 3 semaines ! Je pense qu'il prend trop de place, même s'il n'y a pas plus talentueux que lui dans son domaine. Mais je pense qu'il n'a pas encore trouvé celui qui peut l'accompagner pour exploiter au maximum le potentiel de l'équipe. » À 71 ans (il les a fêtés dimanche), Jean-Michel Aulas est plus que jamais nécessaire à l'OL, estiment la plupart des fans lyonnais, connus ou pas.



    « En fait, il réfléchit toujours à comment avoir un temps d'avance »

    Yann Cucherat, candidat LREM aux municipales




    « Même s'il est trop bavard, il suffit de regarder ce qu'il a fait chez les hommes comme chez les femmes, rappelle Guillaume. Il fera encore beaucoup pour Lyon. »« Il n'est pas au bout de son truc », pense aussi Henry-Claude. L'érection du grand stade à Décines est le rappel frappant d'un président visionnaire et obstiné. Qui a encore plein de projets en tête : entre le rapprochement avec l'Asvel, le rachat d'une franchise de foot féminin aux États-Unis ou la construction d'une salle multifonctions au pied du Groupama Stadium, JMA fourmille d'axes de développement. « Sa vision est dans l'air du temps, dit Yann Cucherat. Il lui a fallu dix ans pour sortir son stade de terre. Car il avait compris seul, dès le début des années 2000, que pour être en autonomie, il fallait avoir son centre de formation et son stade. En fait, il réfléchit toujours à comment avoir un temps d'avance. »



    « Le virage économique, ce n'est pas mon domaine, je vois ça avec des grands yeux ronds, reconnaît Jérémy Lopez. Se rapprocher du foot aux États-Unis, du basket... On crée un pôle, en fait, et sur ça je n'ai pas d'avis, ni bon ni mauvais. J'attends de voir. J'ai l'impression qu'on prend de l'avance sur ce que sera le sport dans le futur. Sur le business, je crois qu'on n'a pas trop de leçon à donner à Aulas. » Il semble ne pas être le seul à penser que ce président pas comme les autres reste le boss.



    (1) JHE a déclaré : « Nous tenons notre Lider maximo, prêt à bondir sur un virus dévastateur pour occulter la saison difficile de son club en L 1. » JMA a rétorqué : « Heureusement pour toi et tes disciples que le ridicule tue moins que le Coronavirus ».



    (2) L'OL a précisé via un communiqué que cela était « uniquement une hypothèse dans le cas précis où la saison de L1 ne pourrait pas aller à son terme ».



    (3) Troisième au 1er tour avec 14,9 % des voix

    L'Equipe

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      Jean-Michel Aulas (OL) évoque sa communication sur Twitter : « La forme d'expression peut irriter »

      Le président de l'OL reconnaît que ses prises de position sur les réseaux sociaux apparaissent parfois « lapidaires ». Mais il se satisfait de la relation qu'il peut avoir avec ses supporters.




      Jean-Michel Aulas utilise régulièrement son compte Twitter pour communiquer. (A.Martin/L'Équipe)



      Bilel Ghazi @BilelGhazimis à jour le 23 mars 2020 à 14h17


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      « Comment jugez-vous l'évolution de la perception de votre communication par vos propres supporters ?



      Sur certains réseaux sociaux, avec l'anonymat qui ne permet pas toujours de savoir à qui on s'adresse, il y a des points qui laissent à penser que, quelquefois, ma pensée n'est pas toujours pleinement comprise. Ceci étant, globalement et de manière assez constante, il y a une perception ultra-positive de meilleur président. Pas uniquement de l'instant présent mais de tous les temps. Parce que je dis les choses et que je défends le club. Je retiens surtout que les gens voient dans mes prises de position une vision que n'ont pas beaucoup d'autres et qui dépasse très nettement la perception que peuvent avoir certains historiques dans le football. Je suis très satisfait de la relation que j'ai avec les supporters que je vois ou que je rencontre sur les réseaux sociaux. Après, il y a aussi une frange très minimaliste de gens qui s'énervent quelquefois.





      Pour quelle raison selon vous ?



      Soit ils n'ont pas compris ce que je voulais dire, soit ils sont orientés par les médias qui jouent un rôle pernicieux dans ma relation aux supporters lorsqu'ils déforment mes propos ou que ceux-ci sont occultés...




      Cela ne peut pas être dû qu'aux médias...



      On est dans un monde de médias. Et c'est pour ça que j'ai choisi Twitter pour m'exprimer. Personne ne m'empêchera de m'exprimer, avec le juste ton, sur Twitter. [...] Sur ce réseau, on peut toutefois tomber sur des supporters d'autres clubs qui se font passer pour des supporters lyonnais. Ceci étant, dans toute population, il y a aussi une évolution. Et on a dans toute population, y compris à Lyon, des supporters plus jeunes qui n'ont pas le recul et qui réagissent plus directement par rapport à des situations. Mais je ne leur en veux pas. C'est la vie qui est comme ça. Dans tous les horizons, vous avez un certain nombre de personnes qui ne comprennent pas les gens qui avancent, qui innovent et qui se remettent en question. Après, le mode d'expression de ce que j'exprime ne me satisfait pas. Car il y a une censure sur certains propos que je peux exprimer, ou ils sont déformés. Après, j'ai beau démentir, ça reste...






      Pour vous, Twitter représente-t-il donc la meilleure manière d'assurer votre communication ?



      Twitter, c'est ma parole. Évidemment, je ne peux pas faire de longues phrases. Pourtant, je pourrais car j'arrive à manier plutôt bien le verbe. Mais c'est extrêmement réduit. Sauf que de l'autre côté, on me censure... Donc il reste Twitter avec ses insuffisances, dont celle qui ne permet pas de faire de longues phrases. Je reconnais que c'est un peu lapidaire et je m'en excuse auprès de ceux qui me suivent. Et cela permet tellement à ceux qui ont un a priori défavorable sur moi de pouvoir dire que je suis dans le faux ou que je ne m'exprime pas très bien. Mais si vous faites un sondage auprès des gens qui aiment le football pour savoir qui est le meilleur président de France, je n'ai aucun doute sur son résultat...




      Le côté réducteur de Twitter peut-il contribuer à des perceptions différentes de votre communication ?



      En partie, oui. Comme je l'ai dit, c'est lapidaire. Twitter permet d'être juste et précis par rapport à des choses qui sont erronées. Mais à l'inverse, la forme est un inconvénient. La forme d'expression peut irriter, c'est clair. Twitter, c'est aussi une zone de non-droit. Donc on peut intervenir avec des idées saines et des valeurs, comme j'essaye de le faire. Mais on peut être contesté aussi car c'est un état de non-droit. Quand on est un peu rodé à cela, on essaye de ne pas retenir les avis les plus tranchés et négatifs car il y a beaucoup d'inepties qui sont dites. Mais ça permet aussi de toucher une large audience lorsqu'on a plus de 500 000 « followers



      Cela permet-il aussi de mesurer de quelle manière votre communication et votre stratégie sont perçues ?



      Bien sûr, j'analyse. Même si tout ce qu'y est insulte ou non explicatif, je n'en tiens pas compte. Après, il faut savoir dire qu'il y a peut-être, dans certains cas, entre 1 et 5 % de gens qui réagissent plus par automatisme. Mais je suis le premier à aller à la rencontre des groupes de supporters, à échanger avec eux par des lettres et il se dit beaucoup de choses très positives. À partir de là, il faut savoir utiliser Twitter pour 85 ou 95 % des avis et essayer de tirer des synthèses où ce n'est pas la minorité qui doit définir ce que doit faire la gouvernance d'un club.


      l

      Pour défendre votre institution ou vos idées, vous pouvez aussi vous montrer offensif, même envers vos propres supporters. Mesurez-vous que cela peut aussi engendrer des réactions de leur part ?



      Je le mesure et j'en tiens compte. L'année dernière, on a eu un mouvement sur les réseaux sociaux qui était orienté contre Bruno Genesio (alors entraîneur) et j'ai géré toute la saison pour sa protection. Et plutôt que de lui proposer de poursuivre (à l'intersaison), on a décidé de changer, sans en être convaincus profondément. Les supporters voulaient que Juninho revienne et après trois années d'efforts, il est arrivé et on lui a donné le pouvoir (en tant que directeur sportif). Globalement, on a toujours écouté les supporters. Il y a eu des tracts, on les a laissés et on y a répondu. On a même corrigé un certain nombre de choses. Mais on l'a surtout fait dans l'intérêt de l'institution.





      Jean-Michel Aulas est allé dans le sens du souhait de ses supporters en nommant Juninho comme directeur sportif à l'intersaison. (A.Martin/L'Équipe)




      Sur les réseaux sociaux, un certain nombre de vos supporters vous reprochent d'évoquer plus facilement la bonne santé économique de votre club plutôt que des résultats sportifs moins réguliers...


      La crise qu'on connaît aujourd'hui, elle apporte une réponse à ça. Les clubs qui n'ont pas de fonds propres ou qui ont vécu au-dessus de leurs moyens, est-ce qu'ils vont se sortir de cette crise ? Comme le dit l'homme d'affaires américain Warren Buffet, c'est quand la mer se retire qu'on voit que certains baigneurs sont nus. On risque de voir qu'un certain nombre de clubs ne sont pas aussi sereins sur le plan économique et donc sportif qu'on l'imagine. Après, Twitter permet de mesurer et de corriger. Donc on parle beaucoup moins d'économie, depuis quelque temps, pour l'OL. Mais j'essaye d'avoir une ligne directrice qui assure aux enfants de nos supporters un club performant sur le plan national mais aussi européen.



      Vous renvoyez parfois l'impression d'être volontairement provocateur dans votre communication pour concentrer la critique sur vous et en protéger vos entraîneurs ou joueurs...


      Ce qui est sûr, c'est que je souhaite protéger les entraîneurs et les joueurs. Je n'ai pas trouvé d'autres solutions que de leur faire confiance pour avoir des résultats. Si on ne le fait pas, on peut tout perdre. Je note d'ailleurs qu'il n'y a pas beaucoup d'entraîneurs ou joueurs qui m'ont critiqué sur le management... Après, dire que je provoque pour concentrer la critique sur ma personne, je ne suis pas sûr que cela soit aussi systématique que cela. Je protège et, pour protéger, il faut quelques fois se mettre en avant. Et vu que j'ai le cuir épais, je résiste peut-être mieux que si c'était un entraîneur ou un joueur. »

      publié le 23 mars 2020 à 11h10mis à jour le 23 mars 2020 à 14h17

      L'Equipe

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      • Lyon



        avant-première abonnés



        Jean-Michel Aulas (OL) considère que Tony Parker pourrait lui succéder à la présidence, dans quelques années





        Depuis près de dix mois, Jean-Michel Aulas et Tony Parker ont uni leurs efforts entrepreneuriaux autour de l'OL et de l'Asvel. À tel point que le premier songe ouvertement au second pour lui succéder dans quelques années à la tête de l'OL. Lequel n'est pas insensible au projet.



        Jean-Michel Aulas et Tony Parker, le 23 juin 2019. (A. Martin/L'Équipe)


        David Loriotmis à jour le 4 avril 2020 à 22h04


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        Ce n'est encore qu'une idée, mais elle pourrait bien vite se muer en véritable croyance. À 71 ans, Jean-Michel Aulas, emblématique président de l'Olympique Lyonnais depuis trente-trois ans, est dans le jour d'après, le prochain chapitre, celui où il n'aura plus le dernier mot, au nom de l'institution. Il ne va pas partir demain, non. Mais la réflexion est ouverte désormais, et depuis un petit moment déjà.

        « Ce n'est pas une obsession, mais c'est une volonté ferme », avoue-t-il, au sujet d'une succession à la tête de l'OL, qu'il pèse au centigramme près et qu'il échafaude dans les moindres détails. La fonction est lourde, le costume prestigieux. À son départ, la vacance sera immense. Aulas veut donc de l'épaisseur, de la dimension, un homme qui remplisse tous les vides. Et Tony Parker (37 ans) pourrait bien être celui-là.



        Il y a un mois, le président lyonnais avait déjà laissé tomber quelques adjectifs laudatifs sur le chemin du quadruple champion NBA et président de l'Asvel, admettant, en toute transparence, que TP « cochait à peu près toutes les cases ». Ce n'est certainement pas pour se dédire aujourd'hui, bien au contraire. Depuis près de dix mois, les deux acteurs majeurs du sport lyonnais ont uni leurs efforts entrepreneuriaux dans une vision commune du sport business de demain.

        « Depuis le début, il y a des atomes crochus qui font qu'on a envie de se découvrir et de travailler ensemble »

        Jean-Michel Aulas, président de l'OL



        OL Groupe est entré au capital de l'Asvel (dont il détient aujourd'hui 31,6 % des parts), mais s'est aussi engagé conséquemment en tant que partenaire des deux équipes de basket, masculine et féminine. Dans l'autre sens, Tony Parker, devenu ambassadeur de l'OL à l'international, a participé activement au rachat du Reign FC (devenu OL Reign) en décembre dernier, dont il a acquis 3 % du capital, et il sera officiellement membre du conseil d'administration de l'OL lors de la prochaine assemblée générale du club.




        À l'heure d'évoquer la suite, la piste est sérieuse. Car l'union Aulas-Parker ne tombe pas du ciel. La genèse remonte à douze ans, durant l'Euro de foot 2008 en Suisse, quand Aulas emmenait en avion le couple Parker-Longoria sur les matches de l'équipe de France. « Il y a un personnage au milieu, qui est Thierry Henry, qui a permis de nous rencontrer, se souvient Aulas. J'ai senti dans cet immense sportif un homme d'une sensibilité très grande et avec une histoire un peu comme la mienne, lui dans le sport, moi dans la partie business. L'étincelle, c'est la personnalité et un parcours qui mérite le respect. Ce n'est pas une rencontre par hasard. Depuis le début, il y a des atomes crochus qui font qu'on a envie de se découvrir et de travailler ensemble. »



        « On ressent les choses de la même façon : même mentalité, même motivation pour faire bouger les lignes »

        Tony Parker





        Une vision commune, une concorde dans le business, que Tony Parker a, lui aussi, très vite cernée. « On ressent les choses de la même façon : même mentalité, même motivation pour faire bouger les lignes. Sur ça, on se ressemble énormément. On n'est pas de la même génération, ça peut paraître assez incroyable, mais c'est comme ça. Des fois, ça clique, des fois, ça ne clique pas. Avec Jean-Michel, ça se fait au feeling, naturellement », expose le champion d'Europe 2013.

        Durant plus de dix ans, comme des aimants, les deux hommes vont se tourner autour, sans jamais brusquer les choses. « Assez bizarrement, on était chacun dans notre destinée, avec la certitude que ça allait se faire, sans se précipiter pour que ça ne soit pas le mauvais moment. Il y a toujours eu cette appétence à vouloir se compléter », raconte Aulas. Ces derniers mois, les choses se sont donc accélérées. « Les éléments du puzzle se sont mis en place », confie le patron de l'OL.




        À tel point que l'association de neuf mois pourrait bien se transformer, dans quelques années, en succession. Car s'il n'est pas incongru d'évoquer le nom et la dimension mondiale de Tony Parker pour prendre la tête des affaires d'un OL tourné vers l'international dans le futur, TP apparaît même, à ce jour en tout cas, comme la personne idoine aux yeux du président. « Il a ce côté un peu mystique de la réussite dans le sport et de la réussite dans l'entrepreneuriat et il n'y en a pas beaucoup », confesse Aulas, qui n'hésite pas à développer sa pensée.

        « Indépendamment de l'envie que pourrait avoir Tony, de l'envie que pourraient avoir les autres actionnaires, c'est vrai qu'il a le profil pour s'occuper d'un groupe de sport professionnel mondial, avec toutes les composantes économiques et de communication qui y sont associées. On le voit bien quand on va aux États-Unis pour racheter le Reign FC, que je débarque avec Tony à Seattle : les Américains s'enflamment ! Quand je parle aux Chinois de ce que l'on pourra faire avec Tony dans le futur en Chine, les Chinois s'enflamment ! Je me dis que les cases, elles peuvent coller. »





        Et JMA de poursuivre : « J'ai vraiment le sentiment qu'il a les caractéristiques. En plus des qualités professionnelles et humaines, j'ai une grande affection pour lui et tout ce qu'il représente. Si le jour où je souhaite passer la main, ça peut se faire avec une forme de transmission professionnelle, mais aussi affective, ça peut être top. C'est un élément dans la réflexion qui n'est pas anodin. Je le dis par transparence et parce que ça me paraît évident, je ne le dis pas parce que j'ai une idée derrière la tête et que j'en ai parlé avec Tony. Il n'y a aucune décision de prise, ni de son côté, ni du mien, ni du côté de nos actionnaires. »



        « Ce qui est raisonnable, c'est d'imaginer qu'à l'orée de mes 75 ans, si on avait un président opérationnel, ce serait bien »

        Jean-Michel Aulas





        Évidemment, depuis San Antonio où il est confiné avec sa famille, « TP » a eu vent de tout cela. Le jeune businessman de 37 ans est honoré mais prudent : « Je suis très touché par les propos de Jean-Michel. C'est un honneur de savoir qu'il pense à moi, qu'il me voit avec les qualités pour un poste comme celui-là. Mais j'ai encore beaucoup, beaucoup de choses à apprendre. Ce n'est pas du tout d'actualité. Pour l'instant, je suis président de l'Asvel, je suis content de la position où je suis, et j'ai envie de grandir avec Jean-Michel, de continuer d'apprendre de lui. C'est quand même un poste très, très costaud. Après on verra dans quatre, cinq ans », reconnaît l'ancien meneur de jeu.




        Justement, les timings semblent s'aligner. « On n'est pas divergent », sourit le président lyonnais, qui a affiné son calendrier personnel. « Ce qui est raisonnable, c'est d'imaginer qu'à l'orée de mes 75 ans, si on avait un président opérationnel, ce serait bien. Il y a aussi un autre paramètre : l'objectif est de gagner une Coupe d'Europe chez les garçons. Si on arrivait à faire coïncider le fait de gagner sur le plan européen avec les garçons et le fait que je puisse derrière tirer ma révérence, ce serait une belle histoire. Mais la logique c'est d'aller à peu près jusqu'à 75 ans », confirme le totem de l'OL.




        Parker sera alors mûr pour la haute fonction ? « Pourquoi pas. Pourquoi pas... », lâche la star du basket français, homme de challenge, forcément titillé. « Je n'en ai jamais parlé avec Jean-Michel. Mais c'est vrai que si un jour il me voit comme cela et qu'il me le demande, je pense que c'est un poste qui ne peut pas se refuser. » La voie est débroussaillée, la piste avancée. Parker est donc en pole. Aujourd'hui, du moins. « Il ne faut pas raisonner comme ça. C'est au moment donné. Il faut être the right man at the right time (la bonne personne au bon moment) », tempère le président de l'OL. Mais l'idée est bien née : « C'est vrai qu'aujourd'hui, dans un monde parfait, on ne peut pas ne pas l'imaginer comme ça », glisse-t-il pour terminer.



        publié le 4 avril 2020 à 21h00mis à jour le 4 avril 2020 à 22h04

        l'Equipe

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        • Transferts,


          OL


          issu du journal


          Transferts : Lyon reste sous la menace des grands clubs européens sur les dossiers Dembélé et Aouar




          Malgré les perturbations liées à la pandémie de coronavirus, l'OL devrait être attaqué par des grands clubs européens pour ses joueurs Moussa Dembélé et Houssem Aouar.






          Houssem Aouar célèbre son ouverture du score contre Angers (6-0), le 16 août 2019. (J. Prévost/L'Équipe)
          Bilel Ghazimis à jour le 6 avril 2020 à 02h27
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          Quelle que soit l'issue de cette saison, le prochain mercato s'annonce agité pour l'Olympique Lyonnais, qui s'attend à quelques offensives sur plusieurs de ses joueurs majeurs. Déjà sollicité cet hiver, son buteur Moussa Dembélé (23 ans, 22 réalisations toutes compétitions confondues cette saison) devrait disposer d'un bon de sortie cet été. Dans le viseur de grands clubs anglais (Chelsea, Manchester United), l'international Espoirs (sous contrat jusqu'en juin 2023) devrait être à l'abri des potentielles conséquences économiques d'une saison perturbée par la pandémie de coronavirus.




          Si, dans l'idéal, les dirigeants rhodaniens souhaiteraient ne pas se séparer d'un autre élément majeur, ils sont conscients qu'il pourrait leur être difficile de retenir également Houssem Aouar (21 ans, sous contrat jusqu'en juin 2023). L'été dernier, le milieu polyvalent avait déjà engagé une réflexion sur son avenir. Mais après concertation avec son entourage, le natif de Lyon avait décidé d'accomplir une saison supplémentaire avec son club formateur pour parfaire sa progression. Avec, en arrière-pensée, la volonté de découvrir les Bleus en vue de l'Euro 2020 et l'idée d'un envol dans la foulée.




          Même avec le report du Championnat d'Europe à l'été 2021, l'international Espoirs devrait conserver ses envies d'ailleurs au terme de la saison actuelle. Ces derniers mois, parmi les gros clubs européens à lui porter un intérêt, deux l'ont fait de manière plus concrète : la Juventus Turin et Manchester City. Pour les Citizens, courtisans de longue date, les interrogations portent toutefois sur leur exclusion des Coupes d'Europe pour deux saisons, prononcée mi-février par l'UEFA pour avoir enfreint les règles du fair-play financier. Une réduction de cette sanction, à l'issue de l'appel déposé devant le Tribunal arbitral du sport par le club anglais, et la perspective d'évoluer sous les ordres de Pep Guardiola pourraient toutefois séduire Aouar.



          Depay, l'enjeu de la prolongation





          L'OL pourrait également connaître un peu d'agitation autour de Memphis Depay (26 ans). Après sa grave blessure au genou gauche, mi-décembre, l'international néerlandais (51 sélections) s'est vu proposer une prolongation de contrat à laquelle il n'a toujours pas répondu. Et son bail actuel court jusqu'en juin 2021. Initialement déterminé à revenir avant la fin de la saison pour disputer l'Euro 2020, le capitaine lyonnais avait renvoyé l'impression de vouloir attendre cette compétition et les différentes perspectives qu'elle aurait pu lui offrir.

          Portés par l'envie de le conserver et de le prolonger, les dirigeants lyonnais étaient eux très réservés quant à la course contre-la-montre entamée par Depay dans sa rééducation, jugée risquée sur le plan physique. Dans ce dossier, avec le report du Championnat d'Europe, ils semblent avoir repris la main. À condition de le prolonger dans les prochaines semaines...



          publié le 6 avril 2020 à 00h00mis à jour le 6 avril 2020 à 02h27

          l'Equipe

          Commentaire



          • Le tacle du lundi – Ligue 1 : hélas, Aulas…



            CHRONIQUE. Alors que son club devrait être privé de Coupe d'Europe, le turbulent président de l'OL déploie des trésors d'imagination… et de mauvaise foi.





            Par Florent Barraco
            Publié le 04/05/2020 à 08:00 | Le Point.fr


            Jean-Michel Aulas, le 26 février 2020. © FRANCK FIFE
            On connaît le jugement de Victor Hugo : « Être contesté, c'est être constaté. » Jean-Michel Aulas l'applique avec force et obstination. Et depuis de nombreuses années. À l'occasion de la crise sans précédent qui touche le football mondial, le turbulent patron de l'Olympique lyonnais a fait parler de lui. Pas en bien. Alors que le Covid-19 a mis fin au Championnat de France, Aulas, dont le club ne verra pas la Coupe d'Europe pour la première fois depuis 1997 (sauf en cas de victoire en Coupe de la Ligue ou, comme l'a suggéré le président lui-même, en Ligue des Champions), a déployé des trésors d'imagination pour sauver son équipe tristement septième de Ligue 1 (après 28 journées).

            Dans un premier temps, le président de l'OL a milité pour une saison blanche – sans relégation ni champion –, mais avec les mêmes qualifiés en Ligue des champions. Heureux hasard, l'OL en faisait partie. L'idée a été écartée. Échec et mat pour Aulas ? Non, au contraire. Alors que les huiles de la Ligue cherchaient une solution, nouvelle pirouette : organiser des play-off. Selon nos confrères de L'Équipe, le principe était simple : les sept premiers (encore un heureux hasard) s'affrontent pour désigner le champion de France (Lyon était à 28 points du PSG…) et les places qualificatives en Coupe d'Europe. Caramba, encore raté ! La LFP a choisi un principe, certes discutable, mais qui a le mérite de proposer une solution qui respecte l'équité sportive. Mais voilà que Jean-Michel Aulas râle encore et toujours, et menace la LFP de poursuites judiciaires… Mauvaise foi ultime : il réclame que soit appliquée la même règle pour la D1 féminine. Triple heureux hasard : l'OL est en tête avec 3 points d'écart sur le PSG, mais un affrontement entre les deux équipes rivales devait avoir lieu.



            Une force devenue une faiblesse


            On aurait attendu du grand président d'un grand club – que lui et l'OL sont – qu'en cette période particulièrement difficile il fasse preuve d'un esprit magnanime et accepte la décision – certes douloureuse. Et qu'il en profite pour faire une introspection sur l'état de son club, ses récentes décisions, sa philosophie de jeu. Si l'OL doit tout à Jean-Michel Aulas – son statut, son palmarès, sa place dans le football français –, il lui doit aussi une partie de ses derniers échecs et son désamour grandissant. Avoir confié les clés du secteur sportif à Juninho et l'éphémère Sylvinho n'était pas l'idée du siècle. Les deux néophytes ont déconstruit tout ce qui faisait le charme de Lyon sous l'époque Génésio – qui se voit ainsi réhabilité, et c'est tant mieux. Le choix étonnant de Rudi Garcia, qui sortait de deux années moyennes avec l'OM, n'a pas réussi à réparer une saison mal engagée. Mis à part la victoire face à la Juventus, l'OL a déçu : une seule victoire sur le top 5 en Ligue 1… Pour un futur européen, ça fait tache.

            L'aléa sportif se gère, se comprend et se dompte. Le désamour, moins. Depuis une décennie, les sorties présidentielles mêlant arrogance contre l'adversaire, pleurnicherie contre les arbitres, colère contre les journalistes, provocations multiples contre l'OM ou Saint-Étienne ont terni l'image de Jean-Michel Aulas. Et plus grave, celle de l'OL. Ce nouvel épisode risque de dégrader durablement la figure de l'un des plus importants personnages du football français de ces vingt dernières années. Hélas, c'est ce qu'on appelle la maladresse des habiles. Il devrait quitter Victor Hugo pour Alfred de Musset. « À défaut du pardon, laisse venir l'oubli. »

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              Jean-Michel Aulas (OL) : « On est en train de se pendre »





              Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, pense que la décision d'arrêter la Ligue 1 était une erreur. Il est prêt à se battre pour pouvoir reprendre la saison en suivant l'exemple d'autres pays en Europe. Et est convaincu qu'un retournement de situation est encore possible.



              Jean-Michel Aulas, le président de Lyon. (A. Martin/L'Équipe)



              Hervé Penot mis à jour le 4 mai 2020 à 09h14



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              Dimanche soir, Jean-Michel Aulas (71 ans), le président de l'OL, n'a pas manqué une minute de l'intervention de Jérôme Salomon, le directeur national de la santé, sur le Covid-19. Rassuré de voir la situation sanitaire s'améliorer, il espère maintenant que la Ligue reviendra sur sa décision d'arrêter le Championnat, actée jeudi.

              Avant d'évoquer son nouveau combat, il a tenu d'abord à remettre des choses au point : « Je veux dire que nos pensées sont tournées vers le contexte sanitaire. À l'OL, nous sommes une entreprise avec 500 personnes et des proches, à qui on pense, ont été touchés par la maladie, certains même par des décès. Dire qu'on se bat seulement pour des millions, ça me choque. On est peut-être le premier club en France à avoir été sensibilisé via notre fondation. On a donné plus de 500 000 euros aux chercheurs, médecins, malades... On a fait une opération avec des centres de handicapés en finançant des tablettes récemment. On nous a habillés en quémandeurs d'argent, c'est profondément injuste. »

              Cette mise en perspective assénée, il revient sur cette période capitale à ses yeux. Et Aulas compte bien dès aujourd'hui fédérer autour de ses idées lors de l'assemblée générale extraordinaire de la Ligue.




              « Êtes-vous devenu sage comme le disait Noël Le Graët, samedi dernier ?



              Dès le lendemain de la décision de la Ligue, il m'a appelé, m'a parlé d'amitié et de relation franche. Mais il y a des choses qu'on aurait dû mieux faire, en se concertant... Noël est un ami. Je le soutiendrai mais il n'aurait pas dû faire une déclaration, le soir du conseil fédéral, le mercredi au Télégramme.



              Certains se trouvaient un peu piégés avant même les décisions de la Ligue. J'adhère pour l'essentiel à ce que Noël dit. Il veut, contrairement à la Ligue, aller au bout des finales (Coupe de France et de la Ligue) et je suis 100 % d'accord. Dans ma réflexion, je voudrais aussi qu'on puisse trouver un financement pour le foot amateur auprès de l'État. Car il y a des situations critiques.

              « Il y a eu d'abord une erreur politique »





              Comment avez-vous digéré les annonces de la LFP et cette 7e place qui vous prive de Coupe d'Europe via le Championnat ?



              Évidemment, l'OL n'avait pas fait une saison sportive exceptionnelle et je l'ai dit. À la 28e journée, nous sommes 7es, mais on est forts dans les sprints. Il y a donc un sentiment d'injustice de ne pas être européens. Il nous reste une finale de Coupe de la Ligue, nous avons fait une demi-finale de Coupe de France. Si on est autorisés, on a un 8e retour de C1 contre la Juventus (1-0, aller), un quart féminin contre le Bayern, un quart de Youth League aussi (Salzbourg).

              J'ai beaucoup consulté ces deux derniers jours des hommes politiques, des hommes du foot, de droit. Il y a eu d'abord une erreur politique. Pourquoi se précipiter pour dire qu'il est difficile de jouer avant août ? Alors qu'on ne sait pas si les autres pays vont avoir le même jugement... Il fallait faire un tour politique des quatre autres grandes Ligues. La France du sport, c'est comme la France des entreprises, elle est en compétition. On ne doit pas se précipiter en politique si on n'a pas la certitude que les autres ne font pas pareil.

              Ensuite, il y a une erreur démocratique. Il aurait été utile de consulter tous les clubs par une assemblée générale. La Ligue a cru devoir arrêter le Championnat alors qu'on pouvait attendre 15 jours, 3 semaines, jusqu'à début juin, pour savoir si les entraînements individuels et collectifs pouvaient reprendre. L'UEFA nous avait mis sur la voie avec les play-offs. On a pris une solution injuste et erronée juridiquement.




              Vous auriez aimé une autre consultation ?



              C'est une erreur de forme. En basket, en rugby, l'ensemble des clubs a été consulté. En arrêtant, on fait fi des 235 à 280 M€ de droits TV, on va beaucoup trop vite. Et on nous sort l'argument d'un prêt PGE (Prêt garanti par l'État) de 235 M€. Oui, bravo, mais c'est de la trésorerie, ça n'a rien à voir avec des recettes TV ou de sponsoring. La trésorerie permet seulement de survivre surtout à ceux en mauvaise santé... Et je suis certain que certaines sociétés de paris auraient été intéressées par des play-offs. On aurait trouvé à coup sûr des ressources utiles. On n'a donc pas pris les bonnes décisions


              .


              En prenant en compte le classement par quotient, l'OL de Rudi Garcia et Jean-Michel Aulas échoue à la 7e place de Ligue 1. (A. Martin/L'Équipe)




              Mais vos play-offs ont été moqués car ils privilégiaient l'OL...



              C'est vrai mais ce principe ne s'arrêtait pas à mon format, il y en avait un autre avec le PSG champion. Ce que je voulais, c'est que ça ne s'arrête pas. Car ça va coûter très cher à tout le monde y compris à la Ligue. Philippe Doucet (journaliste à Canal +) avait trouvé un très bon projet de play-offs que j'ai reçu, mais je ne sais pas si la Ligue l'a étudié. Tout était discutable. Voyez ce qui se passe en Italie, en Allemagne ou Espagne, aujourd'hui, avec la reprise des entraînements individualisés... On a tout accéléré et ça nous met dans une situation intenable.

              « Si nous avions été deuxièmes, on aurait essayé de trouver une solution par les play-offs pour être champions »





              Avez-vous acté quand même ces décisions de la LFP ?



              J'appelle à ce qu'on reprenne ces décisions lors de l'assemblée générale (ce lundi) ou celle du 23 mai. Je comprends les élus d'Amiens (19e) par exemple. Ou les dirigeants de Lille (4e) car l'équipe était plus proche que nous d'être en C1. C'est quoi le mérite sportif, comme disait l'UEFA (« le mérite sportif selon des principes objectifs, transparents et non discriminatoires ») ? L'OL a joué 44 matches depuis le début de saison, Nice qui pourrait être qualifié 32, dont 15 à domicile, nous 13.

              Il fallait consulter l'UEFA, la maison mère de la Fédération, écouter l'assemblée générale de la Ligue et ne pas pénaliser le PSG et l'OL car l'UEFA va finir ses compétitions. Et nous, on va se retrouver fin juillet contre le Bayern avec les filles en quart de la C1, alors que notre Championnat féminin a été arrêté et que le Bayern s'entraîne. Pareil pour Salzbourg en Youth League.




              Vous espérez un retournement de situation ?



              Bien sûr et il le faut !



              Mais si vous aviez été deuxièmes comme l'OM, vous n'auriez pas accepté cette situation ?



              Mais pas du tout ! C'est une honte ! Si nous avions été deuxièmes, on aurait essayé de trouver une solution par les play-offs pour être champions. Pour le quotient de la Fédération, d'ailleurs, on verra ce que dira le CNOSF. Il ne fallait pas arrêter le Championnat. Ça va engendrer des recours probablement très importants.

              « Comment la présidente (Nathalie Boy de la Tour) et le directeur général exécutif (Didier Quillot) peuvent laisser la situation perdurer ? »





              Quels recours envisagez-vous ?



              Pour le moment, j'appelle à la raison et à une concertation avec l'UEFA. Mais comment vont faire le PSG et l'OL pour jouer fin juillet, en cas de finale de la Coupe puis de Ligue des champions ? Il faut bien qu'on s'entraîne de nouveau. Cette situation est aberrante. Comment la présidente (de la LFP, Nathalie Boy de la Tour) et le directeur général exécutif (Didier Quillot) peuvent laisser cette situation perdurer ?


              Votre combat s'annonce difficile...



              Oui ce sera difficile mais j'ai eu des présidents de clubs étrangers, ils sont tous atterrés par la décision prise par la LFP. On s'est assis très rapidement sur 250 M€ en faisant croire que le prêt PGE allait compenser. Les 40 présidents de clubs (L1 et L2), probablement pas à l'unanimité, vont prendre conscience du déficit économique incroyable qui s'annonce. On est en train de casser le mérite sportif énoncé par l'UEFA et casser la filière économique du foot pro. Pourquoi les autres clubs européens se battent pour terminer leur saison et en ont eu l'autorisation ? On est en train de se pendre avec nos décisions.

              « Pourquoi en Italie et en Espagne, ça avance ? »





              Comment imaginez-vous votre finale de la Coupe de la Ligue ?



              Je n'en sais pas plus. J'ai simplement entendu l'autre jour au bureau de la Ligue qu'un président qui espère être qualifié par sa place en Championnat qu'il fallait l'annuler tout de suite... Je l'ai enregistré. Jouer à huis clos ? Si c'est en août, ce sera obligatoire. Pour nous, c'est vital d'être en Coupe d'Europe. Et on jouera cette chance à fond.


              Pensez-vous vraiment pouvoir encore reprendre ?



              J'y crois. Pourquoi en Italie et en Espagne, ça avance ? (le ministre des Sports italien a toutefois précisé dimanche qu'il n'était pas question pour le moment d'une reprise du championnat) Il y a des protocoles, on devait travailler dessus un peu plus. Il n'y a aucune raison légitime d'arrêter la saison, sauf peut-être dans les alcôves...


              Jean-Michel Aulas assure qu'il n'y a pas eu d'insultes entre lui et son homologue marseillais Jacques-Henri Eyraud. (F. Golési/L'Équipe)



              Entre vous et Jacques-Henri Eyraud (président de l'OM), ça s'est tendu...



              Il n'y a pas eu d'insultes au CA avec Eyraud comme l'a dit Raymond Domenech. Il (Eyraud) a fait un pamphlet dans le JDD gravissime qui fera l'objet d'une plainte en diffamation. Quand on attaque (dans cet article) ma dignité et mes qualités humaines, je réplique. Mais au-delà de ça, l'OM a fait une bonne saison. Parfois, quand on ne joue pas en Europe, on peut se consacrer au Championnat... Sinon, pourquoi j'en voudrais à l'OM sur cette décision d'arrêter le Championnat ? J'imagine que ce n'est pas l'OM qui a décidé ça.



              Comment allez-vous gérer les délicats sujets des salaires des joueurs qui pourraient être touchés ?




              Oui c'est un sujet délicat car il n'y avait pas unanimité au sein du groupe. On a trouvé des solutions différentes liées, par exemple, aux primes qui ne sont pas obligatoires. Mes joueurs ne sont pas satisfaits, ni le staff, par la décision de la Ligue. Les joueurs ont des primes, chez nous, sur des qualifications en Coupe d'Europe. Le fait d'être 7e sur tapis vert, ils préfèrent donc qu'on leur donne la possibilité de s'entraîner dès demain car on va jouer très rapidement la C1, logiquement le 8 août contre la Juve.

              Où aura lieu ce match ?
              Il n'est pas fixé encore mais logiquement c'est à Turin. Mais je ne sais pas si ce sera possible là-bas.

              Qu'avez-vous pensé de la sortie de Roxana Maracineanu, la ministre des sports, qui demandait aux clubs d'être plus prévoyants ?



              J'ai une grande admiration pour la ministre des Sports. C'est une nageuse et je sais combien c'est difficile de remporter des Championnats dans ce sport. Ce que la ministre a voulu dire - je ne vais pas l'appeler Roxana comme Jacques-Henri Eyraud car je ne suis pas assez proche d'elle pour pouvoir le faire -, c'est qu'elle était inquiète de la situation économique et ça se comprend. Nous, nous sommes en bonne santé. Quoi qu'il arrive, on saura rebondir et mener le projet que je défends jusqu'au bout. Nous ne sommes pas en péril, alors que si d'autres clubs n'étaient pas qualifiés (pour l'Europe) sur tapis vert, ce serait compliqué pour eux. »

              l'Equipe

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              • Les 30 qui ont fait le confinement



                issu du journal


                Les 30 qui ont fait le confinement - Noël Le Graët et Jean-Michel Aulas (n°2-3) : les anciens pèsent




                Le président de la FFF et celui de l'OL se sont gentiment accrochés par déclarations interposées. Mais la pandémie a rappelé qu'ils restent les patrons du football français.



                Noël Le Graët en compagnie de Jean-Michel Aulas (à droite). (B. Le Bars/L'Équipe)


                Régis Dupont 08 mai 2020 à 00h25
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                Ils font tous deux partie du paysage depuis plusieurs décennies et la crise récente a rappelé qu'ils occupaient encore bien l'espace. On pourrait presque imaginer un jeu d'acteurs bien rodé tant chacun reste dans son rôle. D'un côté Jean-Michel Aulas, 71 ans, président très « pro-actif » de l'Olympique Lyonnais, premier dirigeant français à avoir envisagé une saison blanche, puis à avoir proposé la mise en place de play-offs, et enfin à militer pour qu'on ne décide pas trop tôt de stopper l'exercice en cours.

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                De l'autre Noël Le Graët, 78 ans, président de la FFF, à ce titre garant de l'équité des compétitions. Une fonction qu'il aurait outrepassée en décrétant, dans la foulée des annonces gouvernementales, le 28 avril, une fin de saison des Championnats : « C'est terminé pour la Ligue 1 et la Ligue 2. »



                La décision sera entérinée le surlendemain par le conseil d'administration de la Ligue, confirmant par ricochet la prééminence de « NLG » sur le foot français, dans une période où il affiche son scepticisme par rapport à la gouvernance de la LFP : « Il faut remettre un peu d'ordre, avait-il tonné mi-avril. C'est compliqué d'avoir trop de gens qui s'expriment de façon différente sur les mêmes sujets. Il y a besoin d'une cohérence. On en manque. [...] La Ligue doit être forte. Elle se fragilise toute seule, tout le temps. »

                « Je n'ai pas de souci, à titre personnel, avec Jean-Michel »

                Noël Le Graët



                La réplique viendra donc de son « allié » Jean-Michel Aulas, membre du comité exécutif de la FFF. « Nous n'en resterons pas là », lance le Lyonnais à l'annonce des décisions de la Ligue, reprochant à Le Graët d'avoir annoncé l'arrêt des compétitions avant l'heure.

                « Je n'ai pas de souci, à titre personnel, avec Jean-Michel, avait tempéré le Breton. Il est déçu. On peut comprendre sa réaction. Laissons le temps au temps. J'aime bien les gens qui défendent leur club. Mais après, il faut rentrer dans la stratégie globale. Je sais qu'il (Aulas) deviendra sage assez rapidement. »

                « Noël est un ami. Je le soutiendrai mais il n'aurait pas dû faire une déclaration, le soir du conseil fédéral »

                Jean-Michel Aulas



                Une passe d'armes conclue le lendemain par le patron de l'OL : « J'adhère pour l'essentiel à ce que Noël dit. Dès le lendemain de la décision de la Ligue, il m'a appelé, m'a parlé d'amitié et de relation franche. Mais il y a des choses qu'on aurait dû mieux faire, en se concertant... Noël est un ami. Je le soutiendrai, mais il n'aurait pas dû faire une déclaration, le soir du conseil fédéral, le mercredi, auTélégramme. »



                Fin provisoire de la partie. À l'arrivée, chacun est resté dans sa filière. L'un incarne la sagesse, l'autre le volontarisme. Et à l'heure où des Championnats majeurs poussent à la reprise prochaine des compétitions (seule l'Allemagne a officialisé sa reprise), il serait malvenu de désigner déjà un vainqueur. Mais émerge le constat que, plus encore qu'hier, dans le foot français il y a ces deux-là devant et tous les autres derrière.

                L'Equipe

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                • Lyon


                  exclusivité abonnés



                  La perte d'influence de Jean-Michel Aulas dans les instances du foot français




                  Dans les instances, le patron de l'OL est de plus en plus isolé. La crise du coronavirus n'a pas fait remonter sa cote chez ses collègues présidents.



                  Jean-Michel aurait-il perdu de son influence ?

                  (A. Réau/L'Équipe)


                  Arnaud Hermant mis à jour le 11 mai 2020 à 10h04



                  Cette anecdote résume à elle seule la baisse d'influence de Jean-Michel Aulas dans les instances du football français. Le 30 avril, le président de l'OL était invité au bureau de la Ligue en tant que président du collège de L1. S'il n'y a pas de droit de vote, il peut faire entendre sa voix. Ce jour-là, le bureau a voté par douze voix de recommander l'arrêt des Championnats, et notamment de la L1, à la 28e journée avec un coefficient de performance. Il y avait deux autres possibilités : le boucler à la 19e journée, une option qui a obtenu deux voix et une abstention, et enfin à la 27e. Cette dernière, favorable à JMA puisque permettant à Lyon de finir cinquième de L1 (contre 7e à la 28e), n'a recueilli aucun suffrage.



                  « Sa non-présence dans les trois groupes de travail (calendrier, financier et dialogue social) pendant cette crise du coronavirus (*) valide cette tendance, analyse un président de L1. De même que son absence de la délégation qui a négocié avec les diffuseurs télé. » Sur ce point, il semble qu'il ait payé ses mauvaises relations depuis plusieurs années avec Nasser al-Khelaïfi, le président du PSG et de beIN sports.



                  « En plus de perdre du pouvoir, il se décrédibilise et s'est mis en porte-à-faux avec la Fédération, la Ligue et les autres clubs »

                  Un président de club




                  « Il demeure le plus grand président des trente-cinq dernières années, il connaît tous ses dossiers et l'OL est un grand club, enchaîne un autre dirigeant. Mais pendant cette période, il a changé trop souvent d'avis : un coup, il a parlé de saison blanche, un autre, de coefficient UEFA pour attribuer les places européennes avant de s'associer au projet Rivère (le président de Nice, fin de saison à l'automne et début de la prochaine début 2021) puis de plaider pour des play-offs. Et maintenant il signe la pétition d'Amiens pour une L1 à 22 clubs... Il n'a défendu que des options vouées à l'échec. Ça ne lui ressemble pas, mais c'est un peu à l'image de la saison de son club. »





                  Aujourd'hui, ses collègues lui reprochent surtout de continuer à s'opposer à l'arrêt du Championnat alors même que c'est une décision du gouvernement votée à l'unanimité par le conseil d'administration de la L1. « En plus de perdre du pouvoir, il se décrédibilise et s'est mis en porte-à-faux avec la Fédération, la Ligue et les autres clubs », tacle un patron de club.




                  Il ne siège plus dans les deux organes décisionnaires du foot pro




                  Si Aulas a perdu de l'influence, c'est aussi parce qu'il ne siège plus dans les deux organes décisionnaires du football professionnel : le bureau et le conseil d'administration de la Ligue. Et cela, il l'a choisi. Élu sur la liste de Noël Le Graët à l'élection de la présidence de la FFF, il a dû lâcher ses prérogatives à la Ligue. « Il s'imaginait succéder à Le Graët, pense un président. Quand il s'est aperçu que ce ne serait pas le cas, il a opéré un retour vers les clubs professionnels. À la Ligue, toutes les places étant prises, il a été élu président du collège de L1 en 2019. »

                  Ses collègues de L1 sont de plus en plus nombreux, comme Jacques-Henri Eyraud, le président de l'OM, à penser qu'il ne peut pas rester à ce poste. « Jean-Michel Aulas est une figure du football français, mais il ne peut pas s'exprimer au nom de l'ensemble des clubs de L1 », a confié, dimanche, lors d'un point presse organisé par le syndicat Première Ligue, Loïc Féry, président de Lorient promu en L1. Un collège de Ligue 1 doit se tenir cette semaine. Il pourrait être animé.




                  (*) Vincent Ponsot, le DG adjoint de l'OL, a siégé aux commissions calendrier et dialogue social.



                  publié le 11 mai 2020 à 00h20mis à jour le 11 mai 2020 à 10h0

                  l'Equipe

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                  • Ligue 1 : Ceferin (UEFA) a adressé un courrier à Aulas


                    Publié le

                    19 mai 2020
                    Par

                    Gwendal Chabas
                    Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, avait qualifié de « prématuré » l’arrêt de la Ligue 1. Dans un courrier adressé à Jean-Michel Aulas que s’est procuré Le Parisien, le dirigeant slovène confirme que le championnat pouvait se poursuivre après le 3 août.




                    Jeudi, le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin a jugé « prématurée » la décision de la Ligue de football professionnel de mettre un terme à la saison 2019 – 2020 (lire ici). Le même jour, il a envoyé un courrier à Jean-Michel Aulas. Un texte que s’est procuré Le Parisien. Dans celui-ci, le dirigeant slovène confirme que le championnat pouvait continuer après le 3 août. Une affirmation contraire aux informations annoncées par les instances françaises depuis le début de la crise.



                    Le patron de la Confédération européenne a répété les conseils donnés par l’institution. « Quant à savoir si l’UEFA a effectivement donné à ses associations membres un délai au 3 août pour terminer leurs championnats nationaux, la clarification suivante devrait répondre à votre question. Les dates du 20 juillet (pour les associations nationales classées 16 à 55) et du 3 août (pour celles classées 1 à 15, qui comprend la France) ont été mentionnées dans les présentations faites lors des réunions avec secrétaires et présidents des 55 associations membres de l’UEFA le 21 avril et lors des réunions entre l’UEFA, les groupes de travail ECA (Association des clubs européens) et EL (Union des Ligues européennes), a-t-il expliqué. Cependant, nous avons toujours mentionné lors de ces réunions que ces dates ne sont que des recommandations, formulées à titre provisoire et non pas officiel. J’espère que ces explications apporteront des réponses suffisantes à vos questions. »


                    Il était possible de modifier le format de la Ligue 1


                    Ceferin poursuit en indiquant qu’il était possible pour les championnats d’adapter leur format afin de terminer la compétition. « Au cours d’une vidéoconférence le 23 avril, le Comité exécutif de l’UEFA a souligné à l’unanimité que la santé des joueurs, des spectateurs et de tous les acteurs du football ainsi que du public au sens large doit rester la principale préoccupation à l’heure actuelle, a-t-il insisté. […] Ces lignes directrices, envoyées dans la lettre circulaire 24/2020, précisent ce qui suit : […] la recommandation de l’UEFA était donc clairement d’encourager les associations et les ligues nationales à faire de leur mieux pour terminer les championnats nationaux en cours, soit dans le format d’origine, soit dans un format adapté, si nécessaire. Le but était de tout faire pour protéger l’intégrité des compétitions et garantir l’application du principe du mérite sportif. »

                    Le 5 mai dernier, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, s’était expliquée sur la chaîne L’Equipe. « C’est la proposition que j’avais sur mon bureau : une saison qui devait se finir au 3 août à cause des dates imposées par l’UEFA », a-t-elle détaillé. Une information en partie erronée si l’on en croit ce courrier du président de l’instance européenne.

                    Lyon Capitale

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                    • OL


                      exclusivité abonnés


                      Baisse des salaires à l'OL : au cas par cash



                      Sans trouver d'accord collectif sur la réduction des salaires, les dirigeants lyonnais ont négocié des solutions individuelles avec les joueurs.




                      Hervé Penot 22 mai 2020 à 00h00


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                      C'est un accord collectif d'entreprise espéré qui ne s'est pas concrétisé... À l'OL, alors que les employés sont passés au chômage partiel (comme les joueurs, jusqu'à lundi prochain, avant d'être mis en congés payés jusqu'au 8 juin, date de la reprise[*]), que Juninho et Rudi Garcia, les têtes de pont du projet sportif, ont montré l'exemple, Jean-Michel Aulas n'a pas réussi à fédérer autour d'une baisse globale des salaires auprès de son effectif. Le président a pourtant très tôt pris les devants en envoyant une lettre pour expliquer aux joueurs la nécessité de réduire leurs émoluments en vertu de la « solidarité » et de leur « sens des responsabilités ».

                      (*) Ils auront aussi une semaine de CP en juillet.

                      L'idée était un dégrèvement sur les paies d'avril, de mai et juin à hauteur de pourcentages allant de 25 à 75 % suivant les individus. Pas simple évidemment de faire avaler de telles mesures, d'autant qu'un élément important entrait en ligne de compte : les primes perçues à l'OL dépendent uniquement d'une place en... C1.

                      « Quand le président évoque sans cesse l'argent que gagne l'OL, c'est que les caisses sont pleines, non ? »

                      Un proche du dossier



                      La Ligue des champions oubliée, à moins d'une victoire finale si la compétition reprend, les acteurs, même s'ils sont les principaux responsables de leurs échecs en Ligue 1 (7es), ne pouvaient espérer un supplément au terme de cette saison. Et comment imposer l'idée d'une baisse allant jusqu'à 75 % pour certains ?



                      La démarche a surpris. « Quand le président évoque sans cesse l'argent que gagne l'OL, c'est que les caisses sont pleines, non ? Pourquoi les joueurs devraient en pâtir ? » glisse un proche du dossier comme un résumé des idées qui ont essaimé en interne.



                      Un accord avec les féminines




                      Des Lyonnais avaient évoqué, très tôt, l'idée de reverser des sommes aux employés, aux administratifs. Mais pas question de réduire drastiquement celles qui étaient déjà impactées par leur mise au chômage partiel. Les efforts réclamés en avril, mai et juin n'ont pas abouti de manière collective lors de ces premières négociations et l'OL a dû se résoudre à bosser au cas par cas, ce qui a finalement plutôt bien fonctionné.

                      De nombreux joueurs ont ainsi accepté de raboter leurs revenus mais dans des proportions plus limitées que voulues par les dirigeants. On tournerait plutôt autour de 15 % que des 25 % minimum espérés. Certains ont aussi consenti à s'asseoir sur des bonus. D'autres, moins nombreux toutefois, ont refusé toutes ces concessions.

                      La direction a eu plus de réussite avec l'OL féminin puisqu'un accord collectif a été trouvé, ce qui ne pouvait que réjouir Aulas. Le président a apprécié l'état d'esprit de ses championnes d'Europe en titre. Chez les hommes, l'équipe a un peu plus évolué en ordre dispersé, comme sur le terrain, en somme, cette année...


                      L'Equipe

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                      • LA FIN DE LA L1 : DANIEL RIOLO RACONTE CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

                        (Genèse du complot contre l'OL inside)






                        29/05/2020 à 20h31

                        C’est la fin du feuilleton. Alors que les grands championnats reprennent en Europe, la Ligue 1 est à l'arrêt jusqu'à la fin août. On a recollé les morceaux de cette histoire de fou et on sait maintenant ce qu’il s’est passé.




                        Avant le 28 avril et la décision de mettre fin à la saison:




                        Malgré un contexte sanitaire effroyable, la LFP avance avec les clubs sur le scénario d’une reprise. Le protocole sanitaire prend forme et est validé. Il ressemble à ce qui se fera en Allemagne. Didier Quillot travaille sur tous les dossiers et cherche aussi à se mettre en phase avec l’UEFA. Si la situation sanitaire le permet, tout sera prêt pour une reprise en juin.

                        Ceux qui alors disent qu’il faut attendre, ne pas se précipiter, penser aussi aux dégâts économiques et à la santé de notre foot sont vilipendés et quasiment traités d’assassins. Je signale, puisque je fais partie de ceux qui ont été attaqués, qu’en face, c’était pire! A aucun moment, les présidents n’ont pensé à autre chose. Chacun a pensé à son portefeuille! L’intérêt individuel a présidé à tout ce qui s’est passé. Il n’y jamais eu de position forte et commune.




                        L’interview de Sylvain Kastendeuch dans Le Monde a également pesé. Le syndicat UNFP ne voulait pas reprendre. On n’a jamais vu le vote et rien ne dit qu’un mois plus tard il aurait donné le même résultat, mais cette prise de parole a compté. Néanmoins, l’idée de la reprise tient encore la route à ce moment-là.



                        Tout va basculer durant le week-end des 25 et 26 avril. Le président de la République, c’est sa méthode, prend son téléphone et consulte. Le premier a lui dire qu’il ne faut surtout pas reprendre, c’est Pierre Ferracci. Le Président du Paris FC a beau affirmer qu’il ne parle pas foot avec Emmanuel Macron, c’est faux. Proche du Président, son fils Marc est témoin de mariage du Président, il parle de tout avec lui et lui donne même des conseils. Son avis est clair: Il ne faut pas reprendre car cela serait une erreur politique. La reprise sera analysée comme une faveur faite au monde du fric. Ferracci conseille aussi à Macron d’appeler Le Graët. Il lui dit en substance de parler au boss de la FFF car c’est le foutoir à la LFP. Ferracci traîne un vieux conflit avec Didier Quillot depuis une sombre affaire autour du Gazelec Ajaccio, il y a deux ans.



                        Le foot devient alors un outil de communication politique. Le protocole médical de la LFP prévoit ce qui peut être assimilé à un traitement de faveur autour des tests médicaux. Après l’affaire des masques, montrer que les footeux peuvent avoir des tests, même s’ils se les payent eux-mêmes, ça pouvait passer pour une faute politique.



                        L’appel de Macron à Deschamps sera aussi déterminant. Le sélectionneur des Bleus parle simplement et dans le contexte émotionnel de l’époque dit qu’il ne faut pas y aller. Il doit penser comme beaucoup de présidents de clubs que les autres pays feront pareil. Pas de calcul à ce moment là chez Deschamps. C’est moins vrai quand un mois plus tard, il déroule sa communication dans Le Parisien-Aujourd’hui en France en soutenant toujours la décision d’arrêter. Il ne pouvait clairement pas dire que le gouvernement s’était trompé. Et puis Deschamps n’a que faire de la L1. Ce n’est pas dans son champ d’action. Ses joueurs importants sont ailleurs et vont rejouer, eux. Il peut donc manier les bons sentiments sans conséquence.


                        Après le 28 avril




                        La décision est brutale. Et personne ne va contester. Juste après l'annonce par Edouard Philippe, à la tribune de l'Assemblée nationale, que la Ligue 1 ne pourra pas reprendre, Le Graët donne une interview au Télégramme de Brest et valide la décision. Il n’a plus qu’un seul but à présent, sauver "sa" finale de Coupe de France et les matches des Bleus de septembre.



                        Canal Plus envoie une lettre pour résilier son contrat. La panique financière guette. Le Conseil d’Administration procède au vote. A l’unanimité, l’arrêt de la saison est acté

                        .

                        Petit à petit, la situation évolue. D’abord, à l’étranger ça sent la reprise un peu partout. Le pari d’une unanimité européenne est perdu. Le foot français vacille devant le constat du trou financier qui se profile. On commence alors à s’intéresser à qui a fait quoi et surtout à qui avait intérêt à ne pas reprendre. En coulisse, une bagarre de lobby OM/OL se met en place. Le PSG ne joue même pas l’arbitre. Militer pour la reprise, c’est être dans le camp de l’économie et c’est mal vu. Encore une histoire d’image et de communication. Pourtant la situation sanitaire s’améliore et il semble de plus en plus évident qu’on aurait du au minimum prendre son temps. Personne n’a osé parler d’économie, mais l’avenir des clubs est en péril et on ne parle même plus de compétitivité par rapport aux autres. La casse sociale s’annonce compliquée à affronter aussi.

                        Très discret, Eyraud le président de l’OM ne veut pas entendre parler de reprise. Il est en guerre ouverte avec Aulas. Il a fait ses comptes. Assurer la Ligue des champions, c’est capital. Quand il entend parler d’un amendement proposé par des sénateurs proches de l’OL, visant à revenir sur la décision, il file chez Gaudin. Le sénateur le reçoit. Eyraud lui demande de faire quelque chose pour aider l’OM. Gaudin n’entend rien au foot et dit juste qu’il va se renseigner. Le lendemain, l’amendement est rejeté. Eyraud, fou de joie, appelle Gaudin pour le remercier. L’homme fort de la politique marseillaise en rigole encore: "Il me remercie, mais je n’ai rien fait!" Samia Ghali, sénatrice marseillaise, intervient médiatiquement et sur Twitter. Plusieurs personnalités politiques de la région attaquent Aulas. Une "guéguerre" stupide. L’OM peut s’estimer vainqueur du lobbying. Beaucoup de Marseillais gravitent autour du pouvoir. Le président lui-même, Sacha Houlié, jeune député très actif qui s’affiche avec un maillot de l’OM.



                        Notre foot pro était déjà bien bas avant la crise. Il en est devenu écœurant





                        Dans toute cette triste histoire, on a toujours été à des années-lumières de l’intérêt collectif du football français. Tout le monde n’a pensé qu’à sa boutique. Et le gouvernement s’est servi du foot pour sa communication et son message politique. La LFP a, seule, pensé au bien commun et tout le monde va profiter du plan de sauvetage (le prêt garanti par l’Etat) de 225 millions d’euros que Didier Quillot s’est battu pour obtenir.

                        Il n’y a pas de bons, pas de méchants dans cette histoire. Que des gens qui se sucrent sur le foot et qui se servent de lui. Que des gens qui nous ont menti en parlant de la santé des gens quand ils bricolaient en douce pour sauver leur boutique. Quand je pense à tous ces débats sur le foot avec ou sans public, à tous ceux qui disaient penser aux supporters, à la santé des joueurs, ça fiche la nausée. Notre foot pro était déjà bien bas avant la crise. Il en est devenu écœurant.

                        RMC

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                        • avant-première abonnés




                          Jean-Michel Aulas (OL), grand perdant après l'ordonnance du Conseil d'État








                          Le Conseil d'État a retoqué l'ensemble des requêtes du club lyonnais et l'a même condamné à payer 3 000 euros à la Ligue. Une décision qui clôture une passe difficile pour son président.




                          Arnaud Hermant 09 juin 2020 à 23h43





                          Jean-Michel Aulas ne lâche jamais rien. Il l'a encore prouvé ce mardi. Par le biais d'un communiqué officiel, publié sur les réseaux sociaux et le site de son club, dans lequel l'OL a dit « prendre acte de la décision du juge des référés du Conseil d'État » tout en continuant à attaquer la décision d'arrêter les Championnats prise par la Ligue, le 30 avril, et en annonçant vouloir aller sur le fond devant le Conseil d'État.

                          Pour appuyer encore un peu plus son argumentaire, il a envoyé un email à 20h31 à l'ensemble des présidents de L1 et de L2 avec le communiqué de son club et ces quelques mots : « [...] Pour votre information exhaustive, je vous prie de trouver ci-joint le communiqué de presse OL qui apporte les réponses aux questions posées. » Une démarche qui a fait dire à l'un d'eux que le dirigeant rhodanien « travestissait la réalité de l'ordonnance du Conseil d'État et allait encore un peu plus s'isoler par rapport aux autres clubs ».



                          « JMA » apparaît comme le grand perdant de cette séquence, qui intervient quatre jours après qu'Aleksander Ceferin, président de l'UEFA, lui a confirmé que le 3 août était bien une date butoir pour finir les compétitions nationales, ce que le boss lyonnais contestait depuis plusieurs semaines avec véhémence malgré la présence de la dite date dans des documents de travail de l'UEFA du mois d'avril, sous la mention « forte recommandation ».
                          Les deux requêtes de l'OL rejetées




                          Devant le Conseil d'État, l'OL portait deux requêtes : la première visait à « suspendre la décision de la Ligue de football professionnel et ses effets en tant qu'elle arrête les Championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 et qu'elle homologue le classement au quotient », la deuxième à « enjoindre la Ligue de football professionnel de réexaminer les conditions permettant d'envisager une reprise des compétitions au mois d'août, ou à défaut, de prononcer la saison 2019-2020 "saison blanche", dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance... »



                          Le juge Bertrand Dacosta les a rejetées. « S'agissant de la fin de la saison de Championnat, le juge des référés estime qu'il n'y a pas de doute sérieux sur la légalité de cette décision, qui pesait les avantages et les inconvénients d'un arrêt immédiat du Championnat, alors qu'une très grande incertitude affectait l'hypothèse d'un possible redémarrage des compétitions en temps utile », considère le magistrat sur ce premier point. Quant au second, « s'agissant du classement établi en tenant compte des rencontres déjà disputées, le juge valide les modalités définies par la Ligue, notamment pour le classement du Championnat de Ligue 1, compte tenu notamment de ce que tous les matchs de la 28e journée n'ont pu être joués », est-il écrit.

                          L'OL, septième de L1, n'est, pour l'heure, pas qualifié pour une Coupe d'Europe. S'il ne remporte pas la Coupe de la Ligue, dont la finale contre le PSG pourrait se jouer le 25 juillet, ou la Ligue des champions (*), cette absence de scène continentale constituera une première depuis 1997. Ce qui représentera un préjudice financier de plusieurs dizaines de millions d'euros pour le club.
                          Aulas s'est mis à dos pas mal de ses homologues de L1


                          Dans le même temps, Amiens et Toulouse, qui ont eu une communication moins prolixe que celle d'Aulas pendant la période, ont obtenu la suspension de leur rétrogradation en L2. Il ne s'agit peut-être que d'un succès provisoire mais c'en est un. Ultime « mésaventure » pour l'OL, le Conseil d'État l'a condamné à payer 3 000 euros de frais de procédure à la Ligue « en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ».

                          Cette décision de justice couronne la mauvaise passe d'Aulas depuis le début de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19. Par son acharnement à vouloir reprendre la saison même après les décisions gouvernementales et sa communication parfois critique, notamment des pouvoirs publics, il s'est mis à dos pas mal de présidents de clubs qui jugent son comportement excessif. D'autant qu'il est le patron du collège de L1.

                          Autre élément qui a aussi nui au dirigeant lyonnais, ses positions changeantes. Au tout début de la crise, il a milité pour une saison blanche qui lui aurait permis d'être qualifié en Ligue des champions la saison prochaine. Il a ensuite défendu l'idée d'une saison 2019-2020 se terminant à l'automne et un démarrage de la suivante en janvier afin de se caler sur la Coupe du monde au Qatar (en novembre-décembre 2022) avant de défendre l'idée de play-offs en guise de fin de saison où son club aurait pu se retrouver... champion de France.



                          Parallèlement à cela, il a eu plusieurs altercations verbales avec Jacques-Henri Eyraud, son homologue de l'OM, et a été sorti des négociations avec Canal + et beIN Sports, lui qui fait pourtant autorité parmi les dirigeants du football depuis plusieurs décennies. Pour l'OL comme pour Aulas, il est temps que cette saison 2019-2020 se termine.

                          (*) L'OL a remporté son huitième de finale aller contre la Juventus (1-0, le 26 février). La compétition pourrait se terminer en août.

                          publié le 9 juin 2020 à 23h43

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                          • LIGUE 1 «Aujourd'hui, Nabil Fekir ne serait pas lancé», Lyon et sa nouvelle gestion désespoir







                            Historiquement reconnu pour sortir des jeunes de son centre de formation, l'OL, sous la férule de Rudi Garcia, peine à gérer leur temps de jeu. Une situation instable qui mène inéluctablement à une fuite des talents.

                            15h32 ce mardi 10 mars. L'OL est mené 2-0 par l'Atalanta en huitièmes de finale de Youth League. Moment choisi par Amine Gouiri pour envoyer une lourde frappe dans la lucarne. Plus tard, le natif de Bourgoin-Jallieu est à l'origine de l'égalisation à 2-2 (46e), puis du 3-3, conclu par Cherki (90+3e). La seule autre fois où Gouiri frappait, c'était pour inscrire le tir au but final, synonyme de qualification. Un nouveau match plein et tourné vers l'attaque, qui mettait en exergue les deux prodiges lyonnais. Et pourtant, en pro, ça fait un long moment qu'on ne les a pas vus. Depuis le 9 février et sa titularisation contre Paris pour Cherki. Et vingt petites secondes douze jours plus tard à Metz pour Gouiri. Pour un club dont l'ADN est le centre de formation, et dont l'effectif a montré quelques limites cette saison, la gestion des jeunes espoirs interroge.



                            Guimaraes et Toko Ekambi, de nouveaux concurrents




                            Revenons en arrière, au mercato hivernal. En difficulté en première partie de saison, Lyon met la main au portefeuille pour renforcer significativement l'équipe. Avec Toko Ekambi en attaque et Guimaraes au milieu (sans compter Kadewere), Rudi Garcia gagne en profondeur de banc, mais retire logiquement du temps de jeu à ses jeunes joueurs. «Il y a beaucoup de concurrence aux postes de Cherki et Gouiri avec Cornet, Terrier, Traoré, Toko Ekambi, Dembélé et même Aouar, souligne Gaël Berger, journaliste pour Radio Scoop. Il y a assez peu de rotation et de solutions». C'est significativement la même chose pour Maxence Caqueret, quatrième dans la hiérarchie au milieu de terrain, derrière le trio Guimaraes-Aouar-Tousart cette saison. Gaël Berger confie : «Rudi Garcia estime qu'avec Guimaraes et Aouar, il faut un joueur au gros volume de course et doté d'une puissance plus importante. C'est pourquoi Tousart jouait. Il pense que Caqueret est trop frêle». Un argument fallacieux d'après les chiffres. Malgré son mètre 74, Caqueret récupère plus de ballons par match en Championnat que Tousart (7,4 contre 6,1 selon StatsZone).


                            Mais qu'importe. La hargne et l'envie du néo-Berlinois pouvait suffire à légitimer le choix de Garcia. Jusqu'à ce match contre Lille, le dernier de la saison. Dans l'entrejeu, les joueurs avaient du mal à tenir le choc physiquement, bien cadenassés par un pressing intense et un gros marquage de près des Dogues. Pas si étonnant quand on ne fait quasiment pas tourner...




                            Sur l'année civile 2020, l'OL a joué presque une fois tous les trois jours. En vue des grosses échéances (Coupe de France, huitièmes de finale de Ligue des champions contre la Juventus), Rudi Garcia a choisi de ne pas énormément faire tourner. Au grand dam des jeunes. Et de Gaël Berger : «Dembélé il est cramé depuis un moment. Il est à 42 matches joués, 37 titularisations toutes compétitions confondues (NDLR : sixième joueur le plus utilisé des cinq plus grands Championnats avant la trêve)». Dans l'effectif, le seul autre à avoir un profil de neuf pur, buteur, c'est Amine Gouiri. Et pourtant il n'a pas eu sa chance. «Gouiri il lui manque un truc, c'est qu'il n'a pas marqué dans ses entrées, déplore celui qui suit l'OL au quotidien. Mais j'ai trouvé son attitude très positive. Il ne s'est pas dit "il faut que je marque", quitte à manger des ballons. Il a été très intelligent, et jouait pour l'équipe. Il a toujours marqué beaucoup de buts, donc si tu lui donnes du temps de jeu, ça va venir. Il a ça dans le sang.»



                            Choix politiques et victimes économique




                            D'autres espoirs ont pu engranger plus de minutes. Comme Caqueret et Cherki. Mais dans les deux cas, ces choix dépassent le cadre du sportif. Gaël Berger analyse «Cherki, Garcia le lance car il sait bien qu'il y a une attente des supporters. Bien sûr qu'il ne le dira pas, mais ça a surement joué au moment des négociations de son contrat. C'était important de lui donner du temps de jeu avec les pros, ce qui a plutôt été une réussite d'ailleurs. Alors que pour Caqueret, pour moi ce sont plus les circonstances qui font qu'il a été lancé. À Strasbourg, il y a beaucoup d'absents quand il démarre. Au match précédent, il tente carrément de mettre Denayer en sentinelle. Là il n'avait pas vraiment d'autre choix que de mettre Caqueret. On a beau me dire que c'était prévu qu'il joue, ça fait un an et demi qu'il attendait qu'on lui donne sa chance». Sa chance, Maxence Caqueret l'a eue, et il l'a saisie. Mais Guimaraes est arrivé, éclipsant avec lui les deux très bons mois du Lyonnais dans l'esprit de Garcia. Idem pour Cherki, sans plus de succès à l'heure actuelle.
                            En défense, entre mauvaises prestations, blessures et suspensions, Rudi Garcia avait l'opportunité de donner sa chance à la jeunesse. Il l'a fait. Une fois, avec Melvin Bard. «Pour moi, sa gestion c'est un mystère, souffle le journaliste lyonnais. Je me suis renseigné, et ce qu'on me dit, c'est que le staff juge qu'il n'est pas au niveau. Il a joué 40 minutes à Nîmes où il n'a été ni très performant ni en-dessous. Difficile de se faire une idée sur un match aussi particulier.» Bard, tout comme Kalulu et Diomandé, qui avaient furtivement intégré le groupe en défense, sont des victimes collatérales de la nouvelle santé économique du club. «Des joueurs achetés cher, plus âgés et avec un plus gros salaire, même s'ils sont moins performants, ils continuent à jouer. Un jeune s'il n'est pas performant, on le sort tout de suite de l'équipe, on ne lui laisse pas le temps de s'installer sur plusieurs matches pour savoir ce qu'il vaut. J'ai vu plus de matches mauvais de Marçal, Koné et Cornet à gauche, mais ils ont pour eux d'avoir un statut. »


                            Un futur qui se dessine ailleurs




                            Le problème, c'est qu'avec la fin de saison tronquée, Rudi Garcia n'a plus la possibilité d'offrir quelques minutes à ses jeunes pousses pour étouffer le problème. Pire, la France ne jouant plus, on se dirige tout droit vers une fuite de ces promesses vers d'autres Championnats, dont la priorité semble davantage le jeu. Une stratégie que n'utiliseront certainement pas Cherki ou Caqueret, dont le napperon en équipe première semble définitivement acquis - en attendant le mercato - mais qui pourrait être utilisée sans scrupule par d'autres. Comment en vouloir à Bard ou Kalulu de vouloir s'exiler dans un club du même calibre que l'OL et qui lui promet plus de temps de jeu ? Avec la possibilité, en plus, de reprendre une activité sportive normale, ce qui n'est plus vraiment le cas en France. Avec l'espoir, aussi, d'intégrer un système plus méritant, où les jeunes peuvent concurrencer des cadres défaillants. Comme à l'AC Milan pour Pierre Kalulu.
                            «Si tu es un joueur avec du potentiel à polir, tu ne peux plus avoir de temps de jeu à Lyon, c'est terminé»
                            Melvin Bard n'a aucune promesse de temps de jeu, et suivra le mercato estival de très près. D'autres pépites lyonnaises vivront un été agité. «On se dit qu'ils ont des qualités, mais à Lyon on ne les voit pas», regrette Gaël Berger. Alors, la solution se situe certainement ailleurs. Y compris pour Amine Gouiri. Cet hiver déjà, il aurait pu faire ses valises. Récit du journaliste lyonnais : «Il a eu des offres fermes de Nîmes et du Havre. Il n'avait plus qu'à y aller. Garcia lui a expliqué qu'il aurait très peu de temps de jeu, et que s'il voulait jouer pour progresser, il fallait partir. Lui voulait vraiment rester à l'OL, en prenant le risque de ne pas beaucoup jouer». Avec le résultat que l'on connaît. «Avec l'arrivée de Kadewere, il sait qu'il ne jouera pas. Gouiri ne représente pas la même chose que Cherki, donc les dirigeants n'ont pas poussé pour qu'il joue».

                            Un discours envers les jeunes qui ne devrait pas plaire aux supporters lyonnais. Et à Amine Gouiri. Vendu depuis des années comme le futur grand buteur formé au club, il a toujours fait preuve d'un gros mental (NDLR : il est revenu plus fort d'une rupture des ligaments croisés la saison passée). Mais ça n'a pas suffi. Direction l'ambitieux projet niçois où la jeunesse a davantage sa place. Gaël Berger conclut : «Aujourd'hui, parmi la belle génération 2010 des Lyonnais, seuls Lacazette et Umtiti seraient peut-être lancés, mais pas les autres. Même pas Fekir. Je ne dis pas qu'aujourd'hui il n'y a pas de jeunes talentueux, mais juste qu'il faut être un phénomène pour avoir un tout petit peu de temps de jeu. Si tu es un joueur avec du potentiel à polir, tu ne peux plus le faire à Lyon, c'est terminé.»



                            Émile Gilet

                            France football

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                              Lucas Tousart : « Je n'ai jamais fait l'unanimité » à Lyon




                              Désormais au Hertha Berlin, le milieu défensif revient sur son aventure lyonnaise. Et il analyse avec beaucoup de recul les réserves qu'il a suscitées à l'extérieur du club.






                              Lucas Tousart dans les tribunes du stade olympique de Berlin, le 13 juin, lors de Hertha Berlin - Eintracht Francfort (1-4) en Bundesliga. (nordphoto/Imago/Panoramic)



                              Bilel Ghazi, à Lyon mis à jour le 8 juillet 2020 à 04h32



                              Près de cinq ans après son arrivée de Valenciennes, Lucas Tousart (23 ans) a vu son histoire lyonnaise s'achever subitement. Transféré au Hertha Berlin en janvier, mais prêté dans la foulée à l'OL, le milieu défensif espérait terminer la saison dans le Rhône. Mais, au sortir du confinement, les deux clubs ne sont pas parvenus à trouver un accord pour allonger son prêt.



                              « J'ai des fourmis dans les jambes », souffle l'international français Espoirs, contraint d'attendre la prochaine saison de Bundesliga pour retrouver la compétition. Après un passage par Berlin, il a donc pris le temps de souffler quelques jours dans l'Aveyron, d'où il est originaire, de s'arrêter à Lyon pour boucler ses cartons, puis de s'envoler pour des vacances en Corse. « J'étais arrivé au bout d'un cycle et j'avais besoin de changement », confiait-il la semaine dernière, au moment de revenir sur son aventure lyonnaise




                              « Votre but face à la Juventus (1-0, le 26 février, en 8es de finale aller de la Ligue des champions), restera le dernier souvenir marquant de votre aventure lyonnaise...



                              Il y a ce petit regret de ne pas jouer le match retour. Mais l'aller et ce but, ce sont des souvenirs inoubliables. Je suis très fier de partir sur ça. J'espère que cela va aider l'équipe à se qualifier. Après, forcément j'aurais aimé disputer la finale de la Coupe de la Ligue (face au Paris Saint-Germain, le 31 juillet) et terminer la Ligue des champions. On a un peu tout essayé pour y parvenir, le club comme moi.




                              Le Hertha Berlin s'y est opposé ?



                              Cela n'a pas été un non catégorique. Mais ils ont posé un certain nombre de questions et de problématiques à l'OL. D'un point de vue juridique et contractuel, c'était très compliqué pour les dirigeants d'y répondre. Notamment en cas de blessure. J'ai essayé de convaincre tout le monde mais, au final, je pense que les deux clubs ne voulaient prendre aucun risque. J'ai également eu des discussions avec mon nouveau coach (Bruno Labbadia), qui voulait que j'arrive le plus rapidement possible à Berlin.

                              « Il y avait des joueurs comme Valbuena, Gonalons, Tolisso ou Lacazette. J'étais impressionné. La première année a vraiment été ouf. Je me suis rendu compte de ce qu'était le haut niveau »





                              Cet hiver, vous aviez conditionné votre transfert à Berlin à la possibilité de terminer la saison avec l'OL...



                              J'avais envie de continuer l'aventure car j'estimais que, à la moitié de la saison, ce n'est pas le meilleur moment pour partir d'un club et changer de vie. J'avais cette envie de finir la saison avec Lyon car on avait de beaux objectifs. Mais avec la pandémie, je n'ai pas pu finir mon histoire lyonnaise comme prévu. C'est ce que je regrette le plus.



                              Quelles images gardez-vous de votre passage à Lyon ?



                              Il y en a un paquet ! Quand je suis arrivé de Valenciennes (2015), j'étais un gamin. Il y a eu la première fois où je suis rentré dans le vestiaire... Il y avait des joueurs comme (Mathieu) Valbuena, (Maxime) Gonalons, (Corentin) Tolisso ou (Alexandre) Lacazette. J'étais impressionné. La première année a vraiment été ouf. Je me suis rendu compte de ce qu'était le haut niveau. Sur le terrain, il y a ensuite eu cette aventure en Ligue Europa, en 2017 (élimination en demi-finales contre l'Ajax Amsterdam), avec des matches marquants. Ce fameux derby à Saint-Étienne aussi (0-5, le 5 novembre 2017), avec la présence de nos supporters. C'était un moment magnifique ! Au-delà des moments de joie, au quotidien ça a été un plaisir d'évoluer au sein de ce club. Mon aventure à Lyon m'a permis de grandir et de devenir un homme.

                              En bref :
                              23 ans

                              Milieu défensif

                              2015 : arrivé au mercato d'été en provenance de Valenciennes, il dispute le 5 décembre son premier et unique match de la saison avec Lyon, face à Angers en Ligue 1.
                              2020 : le 27 janvier, il s'engage avec le Hertha Berlin, qui le laisse à l'OL sous forme de prêt. Il dispute son dernier match avec les Lyonnais lors de leur déplacement à Lille (0-1), le 8 mars en Ligue 1.




                              Vous avez souvent renvoyé l'image d'un joueur de l'ombre...



                              Cela ne me dérange pas car ça correspond aussi à ma personnalité dans la vie de tous les jours. Je suis une personne assez calme et réfléchie. Dans un groupe, je ne suis pas du genre à me mettre en avant. Au début de chaque saison, je n'étais pas forcément dans les plans, et tous les entraîneurs m'ont accordé, au fur et à mesure, leur confiance. Sur la longueur, je pense que ça montre que je suis un joueur sur lequel on peut compter.



                              Vous avez pu avoir le sentiment de toujours devoir en faire plus pour être reconnu ?



                              De toute façon, je n'ai jamais fait l'unanimité. Il y a toujours eu pas mal de réserves me concernant auprès de certains. Mais pas auprès de mes entraîneurs. Je pense qu'aucun d'entre eux ne s'est posé de question sur ma fiabilité. Ils connaissaient ma valeur et ma régularité. Après, à l'extérieur, mon profil et ma manière de jouer ne plaisaient pas à tout le monde. Devoir toujours prouver, ça fait partie de la vie d'un footballeur. On est tout le temps jugés.

                              « Les critiques peuvent être pesantes lorsqu'elles sont répétitives. Mais je ne faisais pas forcément de fixette dessus. Chacun a son style de jeu, son rôle »





                              Cette perception clivante, vous la comprenez ?



                              Ce que les gens n'ont peut-être pas compris, c'est mon rôle et ma manière de jouer. J'avais parfois certaines consignes qui pouvaient ne pas être connues de l'extérieur. Ça fait partie de ce que mes entraîneurs me demandaient dans l'intimité de nos échanges, notamment au niveau de mon positionnement sur le terrain. Mais je comprends que j'aie pu susciter des interrogations.



                              Les critiques ont pu vous toucher ?



                              Certains ont des qualités naturelles et c'est plus facile pour eux. Moi, j'essaie d'apporter autre chose. Mon jeu est beaucoup basé sur le physique. Au niveau mental, ça ne fait plaisir à personne, mais les critiques, ça forge un peu. Les premières sont un peu difficiles à accepter et on ne se remet pas forcément en cause. Mais en y réfléchissant, les critiques ont aussi du bon. Elles nous permettent parfois de voir ce qui ne va pas, ce qu'on doit travailler. Après, elles peuvent être aussi pesantes lorsqu'elles sont répétitives. Mais je ne faisais pas forcément de fixette dessus. Chacun a son style de jeu, son rôle. Certaines fois, ça m'a touché, oui. Mais on est exposés et ça fait partie du métier.



                              Avez-vous eu la tentation de vous couper des réseaux sociaux ?


                              Je n'y vais pas très souvent. J'estime que la communication est très importante et je fais gérer mes réseaux sociaux. Mais je n'en suis pas fan. Ils ont pourtant de bons côtés, notamment en termes d'information. Mais ça peut aussi être la porte ouverte à tous les avis. Twitter est l'exemple de ça. Tout le monde est libre de donner son opinion mais, parfois, ça peut aller un peu loin. Notamment quand on t'identifie avec des insultes. Pour la famille aussi, au quotidien, ça peut être pesant. Mais ce n'est pas propre à moi, ou même au football.



                              Comment appréhendez-vous votre aventure au Hertha Berlin ?


                              Je ressens une certaine excitation. Avec le confinement, j'ai eu le temps de me préparer au départ. J'ai pu aller récemment à Berlin, avec ma compagne, pour visiter la ville et des appartements. On a été agréablement surpris. C'est une nouvelle expérience qui s'ouvre. Même s'il y a encore la barrière de la langue. Les cours d'allemand, c'est très compliqué (rire) ! Heureusement, là-bas tout le monde parle anglais, et on va apprendre l'allemand, petit à petit ! »

                              publié le 8 juillet 2020 à 00h43mis à jour le 8 juillet 2020 à 04h32

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                                Avec l'élection de Grégory Doucet, Jean-Michel Aulas se retrouve face à une marée verte





                                Le président de l'OL va devoir composer avec une nouvelle majorité moins favorable à la « marchandisation » du sport.



                                Grégory Doucet est le nouveau maire de Lyon. (JEFF PACHOUD/AFP)


                                Régis Dupont 10 juillet 2020 à 18h30
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                                Après avoir vécu en (très) bonne intelligence avec Gérard Collomb, maire de Lyon de 2001 à juin 2020, Jean-Michel Aulas va devoir composer avec une nouvelle équipe, moins favorable à ses orientations sur le papier, par exemple, que Yann Cucherat, l'ancien adjoint aux Sports, tête de liste LR battue aux dernières élections. « Je ne connais pas personnellement Grégory Doucet (le nouveau maire Europe Écologie Les Verts) mais il a réussi une performance incroyable en remportant haut la main les élections : on va rencontrer l'équipe des sports en pouvant apporter beaucoup à toutes les autres associations non professionnelles, assure le président de l'OL. Quant à la métropole, Bruno Bernard (son président EELV) est un homme d'entreprise aux idées plus écologiques et on va l'écouter attentivement pour améliorer notre "OL Vallée" (le périmètre d'une superficie de 50 hectares autour du stade) de Décines, déjà construite autour de principes environnementaux très orientés sur l'écologie. »

                                « Il (Aulas) représente le sport business mais quand, en 2004, il a fondé l'OL féminin, ça m'a beaucoup intéressée »

                                Julie Nublat-Faure, nouvelle adjointe aux Sports à Lyon



                                Le discours de « JMA » se veut conciliant, dans un contexte moins porteur. « Je ne le connais pas et j'aurai à le rencontrer, comme d'autres présidents, pour évoquer des sujets précis comme les subventions, la formation des jeunes, le lien entre le sport professionnel et le sport amateur, entre le sport et la transition écologique », explique déjà Julie Nublat-Faure (42 ans), la nouvelle adjointe aux Sports. Le modèle de l'OL actuel ne semble pas correspondre à l'orientation qu'elle souhaite donner à son mandat : « Il (Aulas) représente le sport business mais quand, en 2004, il a fondé l'OL féminin, ça m'a beaucoup intéressée », nuance-t-elle.

                                L'Arena qui doit prochainement sortir de terre à côté du Groupama Stadium (inauguration prévue en 2023) ? « Cela fait partie des projets qui ont été votés sous l'ancienne mandature, il ira à son terme, mais nous n'aurions sans doute pas validé un projet aussi vaste qui contribue à la marchandisation du sport et me paraît en décalage avec la crise sanitaire et environnementale actuelle, explique Julie Nublat-Faure. Avec ce projet, nous sommes exclusivement dans la marchandisation du sport, c'est à l'opposé de ma vision du sport. Notre rôle, c'est que chacun puisse faire du sport dans sa ville gratuitement, de développer les infrastructures municipales. Nous serons très tournés vers le sport au quotidien. »
                                Il y a dix ans, JMA avait besoin de l'appui des politiques pour faire grandir son club. C'est moins sûr aujourd'hui


                                Les deux camps devront donc faire un pas vers l'autre pour s'entendre. Mais l'enjeu est moindre pour les dirigeants de l'OL maintenant que leurs projets « structurants » (stade, académie, arena) sont achevés ou en passe de l'être. Il y a dix ans, Jean-Michel Aulas avait besoin de l'appui des politiques pour faire grandir son club. C'est moins sûr aujourd'hui. « L'OL, depuis la construction du Groupama Stadium, a peu d'aides des collectivités mais entretient des relations civiques et sociales avec les collectivités, rappelle le président du club. On espère pouvoir avancer très vite sur le projet de télécabine rejoignant le Groupama Stadium au grand Large puis à l'A 42 au-dessus du parc de Miribel », ajoute-t-il, comme pour souligner la modestie des soutiens politiques qu'il guigne.


                                « Ce sera intéressant de pouvoir se mettre autour d'une table avec les représentants des grands clubs (OL, LOU, Asvel), qu'on mette en place ensemble des critères clairs de subventions, des moyens d'évaluation de ces subventions, et je crois que les grands clubs peuvent être moteurs dans la transition écologique en cours, martèle Julie Nublat-Faure. La crise du Covid a mis en lumière la vulnérabilité de notre système économique. Les grands clubs aussi peuvent et doivent repenser leur modèle économique. »

                                Une drôle de perspective pour l'OL, dont le principal motif d'orgueil depuis plusieurs années n'est plus la réussite sportive mais la vigueur de son EBITDA, l'acronyme qui désigne, en gros, la capacité d'investissement du club.

                                publié le 10 juillet 2020 à 18h30

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                                • OL : Bard sème la panique, opération surprise au mercato


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                                  Publié Samedi 11 Juillet 2020 à 10:00Dans : OM.

                                  En milieu de semaine, la presse allemande a révélé l’existence d’un accord entre Melvin Bard (OL) et le Bayern Munich.

                                  Jugé comme extrêmement prometteur en interne, le défenseur de l’Olympique Lyonnais ne semble toutefois pas encore avoir les faveurs de Rudi Garcia. Avant l’interruption de la saison en raison de la pandémie de Covid-19, l’entraîneur des Gones privilégiait en effet Fernando Marçal, Youssouf Koné et Maxwel Cornet au poste de latéral gauche. Cela n’a pas manqué d’exaspérer une bonne partie des supporters de l’OL, mais le club rhodanien pourrait rectifier le tir dans les jours à venir afin de s’éviter un départ catastrophique de Melvin Bard pour le Bayern Munich. Preuve que Lyon s’active, le club cherche d’urgence une porte de sortie à Fernando Marçal, selon David Barbet.

                                  Bien que polyvalent, le Brésilien occupe une place d’extra-communautaire, et ne s’est jamais réellement imposé comme un titulaire à Lyon, que ce soit en défense centrale ou sur le côté gauche. Par ailleurs, le journaliste indique que Juninho et Jean-Michel Aulas pourraient sacrifier Youssouf Koné, dans le scénario où Fernando Marçal ne trouverait pas de porte de sortie. L’objectif des Gones est plus que jamais de se délester d’un joueur au poste de latéral gauche afin d’envoyer un message fort à Melvin Bard, en lui prouvant qu’il peut au minimum devenir le n°2 dans ce secteur de jeu. Reste à voir si cela suffira à convaincre le défenseur de l’OL, qui a bien compris au cours des derniers mois qu’il n’avait pas une cote folle auprès du staff de Rudi Garcia. Après avoir perdu Pierre Kalulu et Amine Gouiri, Lyon refuse de voir partir une nouvelle pépite formée au club, et s’active pour s’éviter une petite catastrophe…

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                                  • Leonardo (PSG) - Juninho (OL), deux idées directrices




                                    Leonardo et Juninho sont Brésiliens, ont été des piliers de la Seleçao et occupent désormais un poste similaire. Pourtant, les directeurs sportifs du PSG et de l'OL sont foncièrement différents.






                                    Leonardo et Juninho, les directeurs sportifs du PSG et de Lyon. (A.Martin/A.Reau/L'Equipe)



                                    Régis Dupont 30 juillet 2020 à 18h47



                                    Lors de l'interminable conférence de presse de reprise de l'OL, le 10 juin, quand Juninho a expliqué qu'il « avait le droit », en tant que directeur sportif, de donner son avis sur l'équipe, il a été repris par son président. « Tu en as même le devoir », a rectifié Jean-Michel Aulas, dans un réflexe protecteur qui dessine aussi la limite du pouvoir de l'ancien milieu de l'OL.



                                    À Paris, une telle intervention amicale de Nasser al-Khelaïfi pendant une déclaration de Leonardo semble inimaginable et, si elle intervenait, elle apparaîtrait plutôt comme une remise en place du directeur sportif parisien. Le champion du monde 1994 est un président bis, voire plus. Pas son équivalent lyonnais, qui se complaît dans l'ombre.




                                    L'un était né pour incarner ce type de poste, l'autre l'occupe parce que c'est Lyon. « Leo est volontaire, autoritaire, peu flexible, il a depuis toujours l'aura d'un décideur, résume un dirigeant brésilien qui a connu les deux hommes dans leur vie de joueurs. Il a toujours eu son mot à dire dans le vestiaire, y compris en Seleçao, où il n'hésitait pas à remettre en cause certains choix : "Non, ça, ce n'est pas bon, on devrait mettre plutôt celui-là à gauche plutôt que tel autre." Il a toujours voulu diriger. Juninho, lui, est très humain, gentil, il n'a jamais aimé les conflits. Il est là parce qu'il se considère comme lyonnais, il ne serait pas venu si on lui avait proposé le même poste à Toulouse, par exemple. Il y a un côté sentimental. Leo, lui, n'est pas un sentimental. »



                                    Leonardo l'interventionniste





                                    Quand il prend la parole, c'est dans le cadre d'une stratégie bien précise, comme lorsqu'il demande à intervenir lors de l'émission Canal Football Club, sur Canal+, en février, pour un show remarqué. « Ce que je n'aime pas, c'est qu'on commence à créer une négativité », lance-t-il après la victoire contre Lyon (4-2) et quelques jours avant le huitième de finale aller de Ligue des champions contre Dortmund (1-2). Une prise de parole qui valait surtout par son ton, offensif, et par son timing, à un moment où Paris avait besoin que la pression retombe ou soit au moins détournée des joueurs. Leonardo (50 ans) est complètement investi dans sa fonction, qu'il a déjà occupée de 2011 à 2013 à Paris, avec ce qu'elle comporte de mauvaise foi assumée.



                                    Quand Juninho (45 ans) accorde, au début du mois, à nos confrères du Guardianune riche interview dans laquelle il évoque les maux du Brésil, il est repris de volée par son compatriote pour avoir illustré en partie son propos par l'attitude de Neymar et son entourage. « Il a signé au PSG uniquement pour l'argent. Le PSG lui a donné tout ce qu'il voulait, et maintenant il souhaite partir avant la fin de son contrat, notait Juninho. Il doit se remettre en question et grandir. »




                                    « Ce serait mieux de parler de son club. Nous, on ne parle pas de la situation de l'OL et je demande à l'OL de ne pas parler de nos joueurs et de notre club », avait répliqué Leonardo sur RMC. Une petite joute verbale qui ne remet pas en cause l'estime réciproque des anciens internationaux, qui ne se sont pas côtoyés sous le maillot de la CBF.




                                    Le Parisien (56 sélections, 7 buts) a été champion du monde en 1994 (comme latéral gauche), puis finaliste de la Coupe du monde 1998 (comme milieu) ; il a mené l'essentiel de sa carrière de joueur et l'intégralité de sa vie de dirigeant hors du Brésil. Juninho (44 sélections, 7 buts), lui, n'a jamais obtenu le même statut que son aîné sous la tunique auriverde, ni les mêmes succès (il a été éliminé par les Bleus en quarts de finale de la Coupe du monde 2006). Mais il a achevé son parcours de joueur au Vasco de Gama, le club de Rio avec lequel il avait été deux fois champion du Brésil (en 1997 et 2000).




                                    « Juninho ne renie jamais ses convictions, ses idées. Il est authentique »

                                    Rafa Marques, animateur de l'émission « Futebol de verdade »







                                    Dans l'ancienne capitale nationale et ailleurs dans le pays, il a laissé une empreinte renforcée par le début de sa deuxième vie, en tant que consultant pour Globo pendant quatre ans. « Il est déterminé, investi dans tout ce qu'il entreprend, organisé, témoigne Rafa Marques, qui animait avec lui l'émission Futebol de verdade. Il est toujours dans l'échange, sait travailler en équipe, en écoutant les autres. Mais il ne renie jamais ses convictions, ses idées. Il est authentique, il dit ce qu'il pense, et il paie parfois un prix très élevé pour cela parce qu'aujourd'hui, au Brésil, on est pour ou contre, il n'y a pas d'entre-deux. »



                                    En 2018, Juninho avait quitté TV et Radio Globo après avoir critiqué une partie des journalistes locaux. Il avait fui le Brésil, gagné par la fièvre bolsonariste, pour s'installer aux États-Unis. Il s'appuie pourtant sur ses réseaux brésiliens pour recruter. C'est au Brésil qu'il avait choisi Sylvinho en mai 2019 (remercié en octobre et remplacé par Rudi Garcia), alors adjoint de Tite à la tête de la Seleçao, pour succéder à Bruno Genesio, mais aussi le milieu Jean Lucas. C'est au Brésil qu'il a réussi son premier coup dans ses nouvelles fonctions en enrôlant Bruno Guimaraes, le milieu défensif qui a changé la vie de l'OL en février.






                                    Leonardo, lui, ne cultive pas spécialement ses racines. Avec le PSG, les Brésiliens qu'il convoite ne viennent pas de l'autre côté de l'Atlantique, en dehors du cas Lucas Moura, déniché à Sao Paulo en 2013. Ses cibles sont déjà basées en Europe, comme Thiago Silva ou Marquinhos, qu'il a tous deux recrutés en Italie, le pays où ses réseaux sont le mieux établis et où il a endossé tous les costumes : joueur, entraîneur et dirigeant. Pour lui aussi, le Brésil est un lien, un point de départ. Si Juninho se sent avant tout lyonnais, Leonardo est un Parisien apparenté italien.



                                    L'Equipe

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                                    • OL : Lyon est une équipe lambda, Roustan sidéré par Garcia






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                                      Publié Samedi 01 Août 2020 à 21:00



                                      L'Olympique Lyonnais vit une saison terrible et il ne lui reste plus qu'une occasion de sortir de cette spirale descendante. A Rudi Garcia de jouer.






                                      Rudi Garcia s’est rapproché un peu plus d’une « performance » qu’il espérait probablement éviter, à savoir être le premier entraîneur de l’Olympique Lyonnais depuis plus de 20 ans à ne pas qualifier son équipe pour une coupe d’Europe. Dernière occasion de rectifier le tir, la Ligue des champions. Et c’est clair, si l’ancien coach de l’OM réussit à gagner la C1 avec l’OL, alors ce sera l’exploit du siècle. En attendant, la copie rendue vendredi par Lyon face au PSG n’a pas convaincu Didier Roustan, pas plus que les explications de Rudi Garcia après la rencontre. Pour le journaliste, l’entraîneur de l’Olympique Lyonnais fait des choix toujours frileux et le paie.

                                      « Qu’est-ce que vous voulez-dire ? Il n’allait pas dire qu’il fallait être plus conquérant, que le PSG était bon à prendre (...) Non, toujours la sécurité. Durant la prolongation, il n’y a rien. A un moment il faut le dire, il y a certaines limites (...) Je trouve que lentement mais sûrement Lyon est une équipe qui décline, mais qui paie certaines choses d’un passé relativement récent aussi. Il y a une forme de logique à ça, et même une victoire aux tirs au but aurait été un arbre qui cache la forêt. Lyon est devenu une équipe lambda, car même la qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions a été juste, et contre la Juventus après la pause c’était pas ça quand même », a fait remarquer, lors de l'EDS, un Didier Roustan visiblement consterné.

                                      foot01

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                                        issu du journal



                                        Lyon entrevoit sa première saison sans Coupe d'Europe depuis 1997






                                        À moins d'une surprise incroyable, l'OL ne disputera pas de Coupe d'Europe l'an prochain, pour la première fois depuis la fin du XXe siècle.



                                        Memphis Depay pourrait bien vivre une saison sans Coupe d'Europe. (S. Mantey/L'Équipe)



                                        Hervé Penot 02 août 2020 à 00h35


                                        Battu par le PSG en finale de la Coupe de la Ligue, vendredi (0-0, 6-5 aux t.a.b.), et 7e de la L1 la saison dernière, l'OL devrait vivre pour la première fois depuis 1997 une année sans Coupe d'Europe, comme la confirmation d'une saison chaotique, marquée par des bouleversements immenses à la tête du club, entre changements d'entraîneurs (Bruno Genesio, puis Sylvinho, puis Rudi Garcia) et de direction sportive (arrivée de Juninho).



                                        Il sera temps après la Juventus (8es de C1 retour vendredi, 1-0 à l'aller) ou après le Final 8, en cas de qualification pour les quarts de finale, d'analyser cette période. Il ne faudra pas oublier un recrutement décevant, où un trio majeur sera resté sur la touche dans les moments clés (Andersen, Thiago Mendes, Koné).




                                        « Qui vous dit qu'on ne retrouvera pas le PSG à Lisbonne? »

                                        Marcelo, le défenseur de Lyon






                                        On s'avance sur l'avenir de l'OL ? Peut-être, mais on imagine mal, à moins d'un séisme, comment l'équipe pourrait remporter le trophée majeur du foot européen alors qu'elle vient tout juste de reprendre la compétition et qu'elle se coltine le tableau le plus compliqué du lot (Juve, City, Real, Bayern, Barça, Naples). Marcelo, après le match contre le PSG, vendredi soir, se voulait pourtant optimiste. « Qui vous dit qu'on ne retrouvera pas le PSG à Lisbonne ? » Sous-entendu : en finale.



                                        Ce serait le plus grand exploit d'un club français dans cette C1. Mais Garcia veut y croire : « Il faudra qu'on soit un peu meilleurs offensivement pour marquer, mais c'est une bonne base de travail ce qu'on a réalisé. C'était notre premier match de compétition, on a beaucoup souffert physiquement et la récupération sera un élément important par rapport à vendredi. »




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                                        L'OL n'a certainement pas à rougir de cette soirée au Stade de France : son schéma, son pressing ont longtemps bousculé Paris. Mais il a manqué cette justesse dans les derniers gestes, cette intensité, cette efficacité pas simple à retrouver après un arrêt de cinq mois. Garcia aurait aussi aimé lancer Jeff Reine-Adélaïde ou Rayan Cherki en prolongation, mais une douleur à un mollet d'Anthony Lopes l'a contraint à rester inactif. « Si ça avait craqué avant la fin, on n'avait plus de gardien en cas de tirs au but », a expliqué l'entraîneur.



                                        Marcelo rassurant pour la Juventus





                                        Il a subi beaucoup plus de changements qu'il ne les a initiés en raison de la fatigue et de douleurs, comme cette pointe derrière la cuisse de Marcelo, peut-être l'Olympien le plus solide. « Mais ce n'est pas trop grave, je devrais être là contre la Juve », assurait le Brésilien. Il le faudra vu son rôle dans la défense à trois. À l'OL, on va devoir certainement revoir les plans pour l'année prochaine et réduire l'effectif, notamment devant. Mais avec un match par semaine en L1, une fois la déception digérée, Lyon aura des arguments pour penser en grand. Même si, au club, on espère encore un miracle en C1...





                                        Seul Lyon peut qualifier Lyon en C1



                                        Vaincu sur le tard par le PSG (0-0, 5-6 aux t.a.b.) en finale de la dernière Coupe de la Ligue, vendredi, Lyon, 7e de L1, ne dispose pas de ticket pour la Coupe d'Europe, la saison prochaine. Son dernier espoir réside dans un sans-faute contre la Juve, vendredi (1-0 en 8e aller), puis au Final 8 (12-23 août). Remporter la C1 le qualifierait d'office pour l'édition suivante de la Ligue des champions. Tout autre combinaison ne lui serait d'aucun secours. Même une finale PSG-OL à Lisbonne remportée par les Parisiens.
                                        En dehors de Naples et de Lyon, tous les vainqueurs potentiels de la C1 2020 sont déjà qualifiés pour l'édition 2020-2021 par le biais de leur Championnat. Si l'un de ces dix-là l'emporte, la place garantie au tenant du titre deviendra vacante et reviendra au champion du 11e pays à l'indice UEFA (arrêté en juin 2019), en l'occurrence l'Ajax Amsterdam, qui sera alors dispensé des barrages. Rennes, pour l'heure attendu au 3e tour préliminaire (15 ou 16 septembre), peut aussi rejoindre Paris et Marseille directement en phase de groupes, si le vainqueur de la Ligue Europa, le 21 août à Cologne, est déjà qualifié en C1. C'est le cas de l'Inter Milan, Manchester United, le Séville FC, le Chakhtior Donetsk ou Istanbul Basaksehir.



                                        E. Bj.
                                        publié le 2 août 2020 à 00h35

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