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[OL] Articles de presse : Saison 2020/2021 (sans blabla)

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  • JMA: "..LA question du changement d'entraîneur n'est pas taboue"

    Martin Mosnier


    LIGUE 1 - Pour Eurosport.fr et avant OM-OL, "le match le plus important de la saison pour Lyon", le président des Gones a fait le point sur la situation de son club. Les "excès d'individualisme des joueurs", la situation précaire de Bruno Genesio : JMA n'élude aucune question.


    Comment avez-vous vécu l'élimination en Ligue Europa alors que cette compétition était un objectif majeur ?


    J-M.A. : C'est une déception, c'est certain. On était lancés après le match aller réussi à Moscou. Bien sûr, on s'était dit qu'il fallait essayer d'aller jusqu'à cette finale à Lyon. Si on était tombés face à l'Atlético ou Arsenal, peut-être que cela nous aurait fait moins mal. Après, ça se joue à peu. Un manque de précision et un excès d'individualisme.

    Cette équipe de Lyon n'aime pas le confort et les rencontres supposées plus faciles. Est-ce qu'elle ne manque pas de coups de pied aux fesses ?

    J-M.A. : Des coups de pied aux fesses peut-être. C'est certain qu'il faut une remobilisation sur des matches qui apparaissent confortables. On a battu Monaco, Marseille et Paris cette saison mais perdu des matches beaucoup moins difficiles a priori. Comme face à Moscou. Je mets cela sur le compte d'excès d'individualisme. Quand on se présente face au gardien, qu'il y a un partenaire mieux placé et qu'on choisit d'y aller quand même, j'appelle cela de l'individualisme.

    Bruno Genesio est fatalement responsable de tels égarements.

    J-M.A. : Tout le monde a sa part mais il est aussi responsable des victoires face à Paris, Marseille et Monaco.


    En l'état, ce match face à l'OM et alors que le podium s'éloigne semaine après semaine pour Lyon semble être désormais le match le plus important de l'année pour vous.

    J-M.A. : Dans ce contexte et les éliminations en Coupe de France et en Ligue Europa, il s'agit effectivement du match le plus important de la saison.

    Il semble bien difficile d'imaginer que Bruno Genesio puisse rester sur le banc de l'OL en cas de défaite à Marseille après une nouvelle saison sans trophée.

    J-M.A. : Ce n'est pas mon avis et jusqu'à preuve du contraire, c'est moi qui commande. J'ai 30 ans de carrière et plus de succès que d'échecs. Bien sûr, nous n'aurons pas de trophées mais les compétitions en France sont particulières puisque l'Etat qatari injecte 300 à 400 millions d'euros d'aide par an dans la gestion d'un club qui confisque, du coup, tous les trophées. La vraie compétition, nous la jouons contre Marseille. En France, il faut éliminer le Qatar et Monaco qui a des règles fiscales spéciales.



    Pour être clair, est-ce que Bruno Genesio sera encore le coach de Lyon la saison prochaine en cas de non qualification pour la Ligue des champions pour la deuxième année consécutive ?

    J-M.A. : Nous ne serons pas en ligne avec nos objectifs initiaux. Quand j'ai le sentiment qu'un changement d'entraîneur peut améliorer l'équipe, je peux le faire. Ce n'est pas une question taboue mais elle se pose à la trêve ou à la fin de saison. Aujourd'hui, la décision n'est pas prise. La qualification en Ligue des champions n'est pas le seul critère. Nous avons par ailleurs raté le quart de finale de Coupe de France à Caen et le 8e de finale de Ligue Europa.

    Presse Océan annonce d'ores et déjà une prise de contact avec Claudio Ranieri...

    J-M.A. : La question est prématurée. Bruno a tout ma confiance et on fera les comptes en fin de saison.

    Le Groupama Stadium a manifesté son mécontentement, la grogne monte chez les supporters. Comment vivez-vous la défiance qui s'installe autour de votre équipe ?

    J-M.A : Je comprends l'impatience de ceux qui veulent être tout en haut mais l'ambition ne peut pas être synonyme de courtermisme.

    Est-ce qu'une absence de Ligue des champions l'an prochain vous obligerait à vendre les éléments les plus cotés de votre effectif cet été pour rester à l'équilibre ? On pense notamment à Nabil Fekir.

    J-M.A. : Depuis que l'OL a créé sa formidable organisation économique, nos fonds propres sont supérieurs à ceux de la moitié du foot français. En cas de non-qualification pour la Ligue des champions, nous aurons sans doute des opérations à faire mais elles ne concerneront pas forcément Fekir. On a beaucoup de pépites avec notre centre de formation, qui ont une forte valeur marchande. On peut penser à Willem Geubbels par exemple.



    Comment vivez-vous justement cet épisode et le refus d'un de vos jeunes les plus prometteurs de prolonger son contrat ?


    J-M.A. : Je le vis comme un échec pour tout ce qu'on a fait en matière de formation. S'il fait le choix de partir alors qu'on lui a fait la plus grosse offre jamais proposée à un jeune de notre effectif que ce soit pour Benzema, Tolisso ou Lacazette , alors c'est qu'il prend en compte des éléments extra-sportifs qui faussent le jeu.

    Lesquels ?

    J-M.A. : Le soleil sans doute...

    Aujourd'hui, son avenir est-il scellé ?

    J-M.A. : Il est sous contrat jusqu'en juin et son père m'a assuré qu'il ne partirait pas libre. Il y a une chance sur deux qu'il ne prolonge pas avec nous cet été.


    Eurosport

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    • L1 – LYON : NEUF MATCHS POUR FINIR LA TÊTE HAUTE POUR BRUNO GENESIO


      PUBLIÉ LE 18 MARS 2018 À 07H00 - MIS À JOUR LE 18 MARS 2018 À 07H28

      RÉMI FARGE

      Très marqué par l’élimination de Lyon, jeudi en Ligue Europa, Bruno Genesio a donné l’impression d’être résigné quant à son sort en fin de saison. L’entraîneur de l’OL n’a plus qu’une mission : terminer la tête haute, et pourquoi pas en gagnant ce dimanche à Marseille (21h00).




      Ce n’est pas un sacrifice, mais ça y ressemble. Dès le lendemain de l’élimination de l’Olympique Lyonnais en Ligue Europa, contre le CSKA Moscou (2-3), Bruno Genesio a compris. L’entraîneur lyonnais a reçu une visite de son président. Mais avait-il besoin de cette entrevue pour réaliser que son aventure sur le banc de l’OL touchait à sa fin ? Sous contrat jusqu’en 2019, l’ancien adjoint d’Hubert Fournier n’a pas prévu de démissionner. Jean-Michel Aulas a assuré sur RMC qu’il ne le limogerait pas. Mais le président lyonnais a précisé que son coach « finira la saison ». Rien sur l’après. A part une réflexion : « Comme d’habitude, nous ferons le point à la fin de la saison, et si les objectifs ne sont pas atteints, cela laissera moins de chances au coach de continuer. »

      LE POIDS DU « QUOI QU’IL ARRIVE »


      Quels étaient les objectifs ? Faire mieux que la saison dernière, certainement. Demi-finaliste de Ligue Europa et 4eme de Ligue 1 en 2016-17, l’OL doit maintenant finir en boulet de canon, et donc battre Marseille ce dimanche (21h00), pour espérer accrocher le podium. Mais avant même de savoir si son équipe aura les armes pour terminer derrière Paris et Monaco, Bruno Genesio, encore sonné par le revers moscovite, a donné le sentiment d’être résigné, vendredi en conférence de presse. « J’ai beaucoup de chance d’avoir un président comme lui. (…) C’est une relation qui restera forte quoi qu’il arrive. (…) Je ne suis pas un rêveur, je connais bien le monde du football, et quoi qu’il arrive cette relation restera très forte, parce que j’ai beaucoup de valeurs et j’ai de la reconnaissance. » Prononcé deux fois, le « quoi qu’il arrive » prend forcément une résonance particulière.

      MÊME UNE TROISIÈME PLACE DEVRAIT NE PAS SUFFIRE


      Publiquement soutenu par ses joueurs, via Lucas Tousart vendredi devant les médias, Bruno Genesio sait aussi qu’il joue son avenir dans le métier. « Mon cas personnel sera ce qu’il sera en fin de saison, et je l’accepterai. Je n’aurai aucune rancœur, mais plus de reconnaissance et plus de respect encore », a-t-il ajouté vendredi, en marge du déplacement sur le terrain de l’OM. Sans expérience particulière hormis des passages dans le monde amateur à Besançon et Villefranche-sur-Saône avant d’intégrer l’encadrement technique de l’OL, l’ancien milieu de terrain devra trouver où rebondir, loin de ses racines. Et pour donner envie à un autre club de lui faire confiance, réussir une belle fin de saison serait un vrai plus sur le CV. Car depuis jeudi, et même avant, tout semble indiquer que la fin de l’histoire est arrivée. Même si troisième place il y a en mai prochain, avec cette cassure qu’il a grandement participé à créer, Aulas n’aura d’autres choix que de changer d’entraîneur à l’issue de la saison. Pour préserver ce qui peut encore l’être chez lui. Car après Genesio, il n’y aura plus de fusible.

      football365
      Dernière modification par descartes, 18/03/2018, 09h37.

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      • Lyon, au coeur de la crise


        Julien Huet

        LIGUE 1 - Depuis l'élimination jeudi soir, en Ligue Europa, l'OL s'efforce de faire bloc pour ne pas tomber encore plus bas ce dimanche à Marseille lors d'une rencontre décisive dans la course au podium.
        A l'OL, les soirs de défaites, les journalistes ont depuis des décennies l'habitude de voir débarquer Jean-Michel Aulas en zone mixte pour désamorcer la crise. Toujours convalescent après une nouvelle opération, le big boss n'était pas à Décines jeudi soir lors de la sortie de route face au CSKA Moscou (2-3). Et ce n'étaient évidemment pas Gérard Houllier ou Bernard Lacombe qui allaient monter au feu devant les médias. Le premier ne parle jamais aux suiveurs lyonnais depuis sa promotion comme "patron du football" (Aulas) en 2016, le second se contente désormais de rares sorties dans laquelle il ressasse ses glorieux souvenirs.



        Du coup, c'est au seul Bruno Genesio qu'est incombée la lourde tâche d'analyser l'inexplicable. Avouant sans détour dès sa première réponse sa "honte", le technicien est apparu terriblement marqué. Sans se déresponsabiliser, l'entraîneur a stigmatisé l'attitude "inadmissible" de certains de ses joueurs. L'égoïsme de Mariano était une fois de plus au cœur des débats. Dans le vestiaire, l'avant-centre n'a pas beaucoup de soutien et son oubli de servir Memphis n'a pas fait monter sa cote. Dans les tribunes, des slogans "Genesio démission" ont pour la première fois été scandés dans les deux virages même si l'assourdissante sono du stade a été lancée dès le coup de sifflet final pour masquer cette vague de contestation.

        La sortie de Marçal difficilement acceptée par certains partenaires



        Sur OL TV, les journalistes et consultants de la chaîne osent dire ce que tout le monde pense au club : "Ça ne doit pas exister sur un terrain de foot". En zone mixte, les joueurs se font rares. Abattu et en colère, le capitaine Anthony Lopes refuse de s'exprimer. Comme lui, les autres cadres – ou supposés cadres- sont aux abonnés absents. Si Fernando Marçal accepte, c'est surtout pour rapidement s'excuser d'avoir refusé de serrer la main de Bruno Genesio au moment de son remplacement. Un épisode difficilement accepté par certains de ses partenaires, d'autant plus que le Brésilien avait mis un temps infini à sortir de la pelouse alors que le chronomètre défilait. Pour les joueurs formés au club, disputer une finale de coupe d'Europe à domicile s'apparentait à une chance inouïe. D'après eux, les recrues n'avaient pas assez pris conscience de cette opportunité unique.



        Le lendemain matin, le club est en ébullition. A tous les étages ou presque, le programme de la journée est chamboulé. Dans les bureaux, les réunions s'enchaînent. Initialement ouvert au public, l'entraînement est finalement à huis clos. Le service de sécurité est renforcé. Prévue en début d'après-midi, la conférence de presse est décalée. Arrivé au club en fin de matinée, Jean-Michel Aulas déjeune dans la brasserie Bocuse du stade avec Bruno Genesio. Le directeur général adjoint juridique, Vincent Ponsot, est également présent.

        Aulas a exigé une remobilisation

        Si le contenu de la discussion est resté secret, l'entraîneur a dévoilé sa tonalité en évoquant "sa chance d'avoir un président comme lui". Venu rencontrer ses joueurs au centre d'entraînement, Jean-Michel Aulas laisse transparaître sa profonde déception. Après les avoir placés face à leurs responsabilités, le patron exige une remobilisation générale avant le choc à Marseille.

        Reparti en taxi sans souhaiter s'exprimer en conférence de presse, "JMA" répondra finalement à nos questions, à la veille du choc, rappelant que la question du changement d'entraîneur n'était pas "taboue" alors qu'il avait défendu bec et ongles son organisation, son entraîneur et son bilan, sur Twitter. Partis au vert (sans Marçal, sanctionné) dans la région marseillaise dès le samedi après-midi, les joueurs savent pertinemment qu'ils n'ont plus qu'une infime chance de sauver leur saison. Elle passe impérativement par une victoire à Marseille.

        Eurosport

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        • Bernard Tapie : OM-OL, « un vrai match de costauds »


          L’ancien patron de l’OM pose un regard acéré sur le choc de ce soir entre les deux Olympiques et sur la Ligue 1.
          Le 18/03/2018 à 08:34 mis à jour à 09:48




          Sa vie est un roman. Depuis plusieurs mois, elle est devenue un combat. Bernard Tapie souffre d’un cancer de l’estomac et est conscient de l’incertitude qui l’accompagne désormais.

          Au téléphone, sa voix est celle de toujours. Le personnage n’a pas changé. Quand il aime, il le dit ; quand il n’aime pas, il le dit aussi.


          Chef d’entreprise, ministre, député, patron de presse, acteur, chanteur, on l’a oublié, il a remporté deux Tours en 1985 et en 1986 grâce à Bernard Hinault et Greg LeMond et reste l’unique président d’un club français lauréat de la Ligue des Champions.

          Sa parole a ainsi une résonance particulière au moment où l’OM et l’OL se défient.

          Comment voyez-vous cet Olympico ?

          J’en sais rien ! Les deux équipes sont très proches l’une de l’autre et présentent des arguments différents.

          Que voulez-vous dire ?

          Ce n’est pas la même vision du jeu et de l’organisation. Lyon est plus fantaisiste, plus artistique ; l’OM, plus puissant, et plus académique. Ce sera un vrai match de costauds et plus équilibré encore qu’il y paraît.

          « On dispute un championnat de France de la deuxième place »


          Pourquoi ?

          Logiquement, on pourrait croire que l’OM possède un avantage primordial en jouant à domicile. Mais, avec Lyon, ce n’est pas sûr. Les Lyonnais défendent mieux quand ils ne sont pas obligés de faire le jeu et ont des individualités redoutables en contre. Bon, je n’oublie pas Fekir. Son absence, c’est pas un petit truc. On va avoir aussi une énorme explication avec deux gardiens de très haut niveau qui supportent la comparaison avec les autres portiers de la L1, y compris celui du PSG […]

          Vous n’aimez pas ce Paris version Qatar ?

          C’est pas ça. Aujourd’hui, le problème, c’est qu’on dispute un championnat de France de la deuxième place. À mon époque, c’était complètement différent. C’est pour ça que j’avais poussé Jean-Michel Aulas, branché Denisot pour qu’on monte le Clasico, et fait ch… Bordeaux pour qu’il sorte ses sous. En 1993, quand on gagne la coupe d’Europe, il y avait aussi deux clubs français en quarts de finale de la coupe de l’UEFA, Auxerre et le PSG, et un en demi-finale, Paris. On ne peut pas avoir un championnat aussi déséquilibré et décrocher la Ligue des Champions.

          Que faut-il faire ?



          Je ne vois pas comment les concurrents du PSG vont combler le fossé. C’est même parti pour durer d’autant que Paris vendra plus cher encore Mbappé et Neymar. Je ne suis pas certain que l’OM transférera Payet 40 millions d’euros et je mets Lyon dans le même cas. Monaco est à part. On disait que le Russe était fou, mais quand on voit le fric qu’il fait… Il revend ses joueurs trois fois plus chers ! Sans aller jusque-là, les clubs qui s’en sortent le mieux sont ceux qui perdent le moins d’argent avec le capital joueur.

          L’arrivée de Frank Mc Court à la tête de l’OM a-t-elle été une bonne chose ?

          Par rapport à son prédécesseur, c’est mieux. Il y a un vrai projet avec des gens de qualité. On ne va pas faire la fine bouche surtout quand on voit ce qu’il se passe à Lille. D’ailleurs, Bielsa n’aurait jamais été mon entraîneur.


          Pourquoi ?

          Il faut lui mettre une camisole. Jamais, je n’aurais travaillé avec lui, même pas en rêve. Partout où il est passé, ça s’est toujours mal fini. Regardez à Marseille où les supporters se sont fait avoir. Quand on zappe la préparation foncière l’été, c’est sûr qu’on va voler. Et puis, à Noël, on n’a pas plus de pétrole, et tout le monde est à la rue.

          Pourtant, il jouit d’une très bonne image.

          Oui, dans les clubs où il n’est jamais passé.

          Que pensez-vous de Rudi Garcia et de Bruno Genesio ?

          Je ne les connais pas et je ne veux pas me plier à la discipline du café du commerce. J’ai besoin d’être dans la boutique, de sentir l’ambiance, et de voir, par exemple, si les joueurs qui s’en vont sont meilleurs qu’à leur arrivée. Les deux sont à leur place. Il n’y a pas de reproche à leur faire, et l’exploit pour eux, c’est de dépasser Monaco.

          Propos recueillis par Antoine Osanna

          Le progrès

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          • L'OM et l'OL face à la presse locale : les liaisons fièvreuses


            Publié le samedi 17 mars 2018 à 23:03 | Mis à jour le 17/03/2018 à 23:13


            À Lyon, comme on l'a vu récemment, et à Marseille, les relations entre les médias locaux et les clubs sont parfois tendues, entre passion et pression.


            Yohann Hautbois


            Au cœur de ce vieil immeuble qui accueille la Provence depuis 1974, tous les clichés sur Marseille s'effondrent alors qu'il pleut à l'extérieur : personne ne s'étripe sur l'OM pendant la conférence de rédaction du matin. Les responsables de rubrique devisent, tranquillement, des sujets à traiter dans le journal du lendemain, le Salon de la moto, les élections au PS, les annonces des concerts et spectacles... Le foot arrive plus loin, plus tard « mais parce que c'est naturel d'avoir un suivi du club dans le journal », estime Philippe Schmit, codirecteur de la rédaction. Difficile, en effet, d'échapper aux turpitudes sportives, parti pris totalement assumé par Schmit : «Même quand il ne se passe rien, il faut parler de l'OM, toujours. C'est comme les catholiques qui vont à la messe tous les jours, nos lecteurs viennent chercher l'homélie et le sermon sur l'OM .»

            OM-OL, les faux jumeaux


            Et quand l'équipe de Rudi Garcia prend trois points, la Provence, de son côté, gagne 5 à 7 % sur ses ventes (110 000 exemplaires par jour en moyenne). Son site Web, 270.000 visiteurs uniques quotidiennement, bénéficie à plein de l'actualité de l'OM qui génère 30% de son audience !

            Sur France Bleu Provence, on ne se limite pas non plus, avec une émission chaque lundi soir, des chroniques deux fois par jour, un point dans les journaux d'information, la retransmission de tous les matches et un débrief dans la foulée : «Le sport sur notre radio, à peu de choses près, c'est l'OM, l'OM et rien que l'OM, sourit le journaliste Tony Selliez. Jamais vous n'entendrez quarante secondes d'Unai Emery, jamais !»

            «J'assume pleinement d'être derrière l'OM. On ne ferme pas les yeux, on dit les choses mais on est chauvins. Ce n'est pas facile mais j'ose croire que je suis objectif» Tony Selliez, France Bleu Provence

            Biberonné aux exploits de Jean-Pierre Papin et Chris Waddle au début des années 1990, Fabrice Lamperti, sixième saison olympienne au compteur pour le quotidien régional, l'assure pourtant, il n'est plus supporter depuis qu'il a «basculé de l'autre côté de la barrière» :

            «Les supporters sont plus virulents, plus excessifs que nous, on ne peut pas leur raconter n'importe quoi. On préfère que Marseille gagne mais on ne le supporte pas pour autant .» Sûr ? «Bon, je me suis peut-être levé sur le but de Thauvin contre le PSG (2-2, le 22 octobre). Mais c'est parce que les gens étaient debout devant moi (rires). » Tony Selliez, probablement, était l'un d'eux : «J'assume pleinement d'être derrière l'OM. On ne ferme pas les yeux, on dit les choses mais on est chauvins. Ce n'est pas facile mais j'ose croire que je suis objectif.»

            C'est le paradoxe : soupçonnés de chauvinisme, les journalistes locaux sont, au contraire, souvent accusés par les dirigeants d'être trop sévères avec « leur » club. Jean-Michel Aulas confirme : « C'est comme avec les arbitres quand on évolue à domicile et qui, par peur d'être taxé de favoritisme, sont plus durs avec nous. Je n'ai pas du tout le sentiment que les journalistes lyonnais sont supporters de l'OL. Je trouve que la Provence, avec l'OM, l'est plus. »

            «Même en D 2, quand Lyon perdait à Montceau-les-Mines, Aulas voulait qu'on soit positifs» Christian Lanier, «Le Progrès»

            Christian Lanier, journaliste pour le Progrès, se rappelle que «même en D 2, quand Lyon perdait à Monceau-les-Mines, Aulas voulait qu'on soit positifs. Il considère que les Lyonnais doivent être derrière l'OL, même les journalistes.» À 57 ans, dont trente-deux passés à suivre les Gones, Lanier a vu également la riposte évoluer : des courriers au siège du journal, puis des fax, des communiqués de presse sur le site avant, stade ultime, le tweet à la syntaxe, parfois, aléatoire.
            Au retour du match de l'OL à Moscou, Jean-Michel Aulas a de nouveau dégainé sur Twitter, moquant les suiveurs rhodaniens qui bénéficiaient du confort de l'avion du club... Sans préciser, évidemment, que les médias avaient payé leur part. «Une méthode déloyale, violente, car on ne peut pas lui répondre sur le même plan», regrette Lanier, né dans le VIIe arrondissement, à un kilomètre de Gerland. À l'unisson, les médias (dont L'Équipe) décidèrent néanmoins de boycotter la conférence de presse suivante. Aulas ne regrette pas son tweet : «Je voulais rappeler qu'on mettait les médias dans les meilleures conditions de proximité avec les joueurs et le staff. De la même manière, on fait réaliser notre magazine des jours de match par le Progrès, notre base photos est alimentée par leurs photographes. Le Progrès a besoin de nous et on n'est pas souvent récompensés. On a besoin de lui mais de moins en moins car tout passe par le numérique.» Sans surprise, cette tension entre les deux parties s'inscrit au moment où les coéquipiers de Fekir sont dans le dur. «Aulas utilise une ficelle un peu grosse qui marche toujours, constate Gaël Berger, préposé à l'OL pour Radio Scoop. Quand les résultats ne sont pas bons, tu cherches contre qui te liguer sur le mode “personne ne m'aime“.»

            Aulas face à la nécessité d'évoluer


            À Marseille, depuis que l'ère McCourt - Eyraud a débuté (octobre 2016), tout va bien, surtout en comparaison de la période Labrune (juin 2011 - juillet 2016), très attentif à tout ce qui s'écrivait sur l'OM et lui-même. Philippe Schmit assure, pourtant, n'avoir «jamais reçu d'appels de la direction de l'OM.»

            «Si le traitement qu'on fait ne leur plaît pas, c'est leur problème. Quand les joueurs ont été catastrophiques, on a aucun état d'âme. On ne peut pas raconter des salades à nos lecteurs.» Ce qui n'a pas empêché une pression insidieuse comme ce coup de fil d'un président pour proposer de faire les articles sur le mercato «ensemble» ou cette page qui avait déplu aux dirigeants et qui fut affichée dans la salle d'interviews avec des passages surlignés...
            Fabrice Lamperti n'est pas dupe non plus, tout peut vite se dérégler : «Une crise de résultats entraîne souvent une crise relationnelle. Après Monaco (1-6, le 27 août) et Rennes (1-3, le 10 septembre), cela s'est un peu tendu. On est comme un couple en fait. » Au bout de trois décennies, celui formé par Aulas et Lanier a essuyé quelques tempêtes : «Je n'ai jamais eu peur de lui, mais certains confrères, oui, car il peut être dur, il peut faire téléphoner des proches. Il ne va pas pousser ta voiture dans le Rhône mais il sait mettre la pression. (Rires) » L'intéressé, qui considère Lanier comme «un bon mec» rit : « Ce n'est pas dans ma nature d'appeler leur chef ». Mais il a tout de même rencontré, mardi, Pierre Fanneau, PDG du quotidien. Un exemple illustre les rapports entre «JMA» et Lanier : «Quand Sonny Anderson arrive de Barcelone pour 120 millions de francs en 1999 (17M€), on titre : “Est-ce bien raisonnable ?” Il ne l'a jamais digéré, il me le sort tout le temps. Mais il avait raison », reconnaît, beau joueur, le reporter.
            Journaliste à la Provence, Fabrice Lamperti a travaillé avec Jacques-Henri Eyraud
            À 36 ans, son confrère de Radio Scoop n'en est qu'au début de sa carrière mais depuis 2002, il assure «vivre (son) rêve d'enfance avec le recul nécessaire». «Je n'oublie pas que je m'adresse aux Lyonnais mais j'essaie toujours de me dire, avant de donner mon avis, comment je réagirais si ce n'était pas Lyon. » Né dans le IIIe arrondissement, il suit «l'OL depuis tout petit, fatalement». Supporter ? «Oui, car quand ça gagne, je suis content sur les plans professionnel et personnel .»
            À force de passer tous les jours ou presque à l'entraînement, de couvrir cinquante matches par saison, le personnel prend le pas, parfois. «J'analyse le match, la façon de jouer, mais à un moment, oui, sur un coup franc de Juninho, tu peux péter un boulon, tu deviens supporter.» «Juni», son chouchou, Christian Lanier le concède aujourd'hui : «J'avais tendance à le trouver toujours bon. (Sourires) Tu t'attaches aux personnages comme (Ludovic) Giuly, (Pierre) Laigle, (Christophe) Delmotte, des mecs en or. Quand ils se rataient, cela m'emmerdait .»

            Sur le plan commercial, également, tout peut s'entremêler, les partenariats médias-club, les encarts publicitaires, les journalistes qui basculent du côté institutionnel de la communication. Christian Lanier a ainsi débuté au Progrès avec Olivier Blanc, aujourd'hui directeur général adjoint en charge de la communication de l'OL, Gaël Berger à Radio Scoop avec Pierre Bideau, chef de presse du club rhodanien, et Fabrice Lamperti, passé par Sporever (groupe de production et d'édition pluri-médias), eut comme patron Jacques-Henri Eyraud : «Cela a pu faciliter le contact mais il ne me donne pas plus d'infos pour autant.»
            D'autres effectuent le trajet inverse, parfois. Ancien président de l'OM, Bernard Tapie est devenu actionnaire majoritaire de la Provence il y a cinq ans et, promis-juré, il n'influe pas sur la ligne éditoriale, selon Philippe Schmit : «Il a l'OM dans le sang, il suit tous les matches, vit comme un supporter mais les interviews, il les fait plutôt chez vous ou France Football. (Sourires) Il n'a jamais donné de consignes et les journalistes le prendraient mal d'ailleurs. Parfois, pendant un match, il appelle et dit : “Il est bon, lui, il est bon !” Et il raccroche ! » Un vrai folklore qui, pour Tony Selliez, participe à faire du suivi de l'OM, «une drogue». Pourtant, le métier a changé, loin des vestiaires et des terrains d'entraînement, concentré sur les zones mixtes insipides et, à Marseille comme à Lyon, tous les journalistes se plaignent «de ne plus voir les joueurs ». Christian Lanier, au début de sa carrière, jouait avec eux à la pétanque, s'asseyait dans le vestiaire avec Domenech et Tigana : «On voyageait aussi en train Corail, pas en avion (sourires). » Et, surtout, il n'y avait pas Twitter.

            L'Equipe

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            • Ligue 1 : Lyon est-il imprécis ?


              Publié le dimanche 18 mars 2018 à 07:30

              Emprunté dans le jeu en Ligue 1 ces dernières semaines, Lyon renvoie parfois un sentiment d'imprécision. Cette impression est-elle justifiée ?


              Même si Lyon ne rayonne pas ces dernières semaines en Ligue 1, l'OL n'est pas encore totalement décroché dans la course au podium. Avec 54 points après 29 matches de L1, Lyon présente même le total le plus élevé pour un 4e à ce stade de la saison depuis Auxerre en 2009-2010, année où l'AJA avait fini sur le podium. Opposés à l'OM ce dimanche, les Lyonnais vont jouer le match de la dernière chance pour le podium, en espérant plus d'efficacité que contre Caen la semaine dernière (4 tirs cadrés sur 21).

              Lyon renvoie parfois un sentiment d'imprécision, avec un déchet technique qui ne colle pas avec les talents qui composent son effectif. Cette impression est-elle seulement une vue de l'esprit ? La réponse est oui. Après l'analyse statistique du quatuor de tête de la Ligue 1, il ressort que l'OL est l'une des équipes les plus précises, derrière le PSG, intouchable leader.

              Dans la surface, personne ne cadre plus que l'OL


              Lyon est l'équipe qui cadre le plus de tirs depuis l'intérieur de la surface en Championnat (59,7%), contrairement à ce que les frappes au-dessus de Mariano contre Caen dimanche pourraient laisser penser. L'OL est également en bonne place au classement des frappes cadrées depuis l'extérieur de la surface (44%), seulement devancé par Nice (49,5%), Paris (45,8%) et Metz (44,5%).


              Alors que le manque d'efficacité est souvent pointé du doigt, par Bruno Genesio lui-même, il s'avère en réalité que Lyon marque plus qu'il ne devrait, selon l'indicateur Expected Goals, qui sert à estimer le nombre de buts qu'une équipe «aurait dû» marquer. Selon les Expected Goals, Lyon aurait dû marquer 1,73 buts par match cette saison en Ligue 1, mais présente une moyenne de 2,03 réalisations par rencontre, soit une différence favorable de 0,3 but/match.

              L'OL est donc efficace, même s'il l'est moins que Paris, et surtout Monaco qui tourne à 0,88 buts de plus par match par rapport à ses Expected Goals.
              Les Expected Goals, qu'est-ce que c'est ?

              Pas de problème dans les passes, plus dans les dribbles

              Concernant la précision dans les passes, là encore, l'OL s'en sort plus que bien. Si les standards du PSG sont inatteignables, l'OL présente un taux de passes réussies de 84,5%. C'est le troisième plus élevé de L1 derrière Paris (89,5%) et Nice (87,4%), passes longues et courtes confondues. Avec 53,8% de passes longues réussies, l'OL devance largement ses rivaux directs Marseille (50,9%) et Monaco (50,8%).
              Le déchet technique supposé se retrouve davantage dans le taux de dribbles réussis, avec seulement 57,7%. Un chiffre assez décevant quand on regarde les joueurs réputés techniques qui composent le onze lyonnais. Cela ne présage de rien toutefois, puisque Monaco est un solide dauphin avec seulement 48,8% de dribbles réussis, plus faible total de l'élite.

              C'est toutefois le plus mauvais pourcentage parmi les équipes qui ont le plus la possession du ballon (PSG, Nice, Marseille, Lyon), et cela peut expliquer le manque de décalage face aux défenses regroupées.


              Nathan Gourdol
              l'QUIPE

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              • FACE À FACE


                Rudi Garcia-Bruno Genesio: l'effronté contre l'effacé


                Par Sacha Tavolieri — 18 mars 2018 à 12:54

                L'OM reçoit l'OL ce dimanche soir: une rencontre décisive pour les deux clubs et l'affrontement de deux entraîneurs que tout oppose.

                Rudi Garcia et Bruno Genesio représentent deux écoles, deux personnalités, deux perceptions du football, deux rapports à leur hiérarchie aussi… Quand Garcia optimise à Marseille ses propres qualités, Genesio préfère se ranger derrière l’Olympique lyonnais, une institution qu’il n’a jamais lâchée. Décryptage avant un duel décisif pour l’avenir des deux Olympiques cette saison en Ligue 1, ce soir au Vélodrome.


                La personnalité


                Depuis ses débuts au Mans, Rudi Garcia a toujours progressé. Structuré, il a construit une trajectoire linéaire vers le succès. De ses débuts de footballeurs à l’AS Corbeil-Essonnes (Essonne) jusqu’à son poste à Marseille en passant par l’AS Roma, le natif de Nemours (Seine-et-Marne) s’est toujours façonné l’image d’un leader autoritaire avec qui on aime échanger. Partout où il passe, Garcia a su imposer le respect à ses joueurs. Au Losc, il invente un comité des sages pour solidifier ses liens avec l’effectif et utilise ce groupuscule (composé notamment de Florent Balmont et Rio Mavuba) comme outil de propagande. Choisis délibérément, ces joueurs deviennent les relais de son discours sur et en dehors du terrain, souligne Jean-Michel Vandamme, directeur général adjoint du LOSC à l’époque: «Si un joueur avait un contre-argument valable, il discutait avec lui et prenait le temps de lui répondre. Si les joueurs n’étaient pas d’accord et arrivaient à trouver les bons arguments pour le convaincre qu’il avait tort, alors il se remettait en question.»

                Sûr de lui, le champion de France 2011 (avec le Losc) s’obsède aussi à tout vouloir contrôler, au point même d’anticiper les scénarios de matchs: «Dans le vestiaire, il faisait son discours… blablabla… et puis il disait "Quand on gagnera 1-0, on sera plus prudent", comme si c’était une évidence qu’on allait gagner 1-0… (rires)», se souvient Jean-Michel Vandamme. L’image qu’il renvoie à la presse, la réputation de ses joueurs, le marché des transferts, sa relation (parfois tendue) avec ses supérieurs… Rudi Garcia passe tout au peigne fin: «Au Losc, il avait une grosse mainmise sur la gestion du recrutement. Là-dessus, vous pouvez être sûr qu’il sera très pointilleux et qu’il va se battre comme un lion pour obtenir ce qu’il veut…», argue l’actuel directeur du centre de formation de Lille.

                Bruno Genesio possède l’image inverse. Plus lisse et conciliant, l’entraîneur lyonnais s’est toujours montré fidèle à la cellule de recrutement et ses choix sur le mercato. Né dans le VIIe arrondissement lyonnais, Genesio fût biberonné à la culture OL: «En fait, je dirais qu’il a appris son métier au fil des années passées à Lyon», nous explique Gérard Houllier, entraîneur de l’OL de 2005 à 2007, avec qui Genesio débute dans le métier: «C’est quelqu’un de fin et beaucoup plus intelligent qu’on ne le croit…» Lorsqu’il devient entraîneur principal du club, le technicien français comprend qu’il franchit l’ultime échelon d’une carrière essentiellement vécue chez les Gones: «Il s’est très vite fait respecter. Je dirais que le premier impact qu’il a dans le vestiaire, c’est sa crédibilité», confirme Houllier. Au contraire de Garcia, le coach français préfère l’ombre aux spotlights, se complaisant dans un rôle de second, comme il l’expliquait à SFR Sport dans l’émission Transversales: «Etre coach, cela n’a jamais été un plan de carrière.»

                La philosophie du football


                Rudi Garcia opère les mains libres, il développe sa méthode et transmet son psychisme à son groupe. Généreux, l’entraîneur de l’OM s’accroche à un idéal de perfection et motive son groupe en vue d’un objectif à atteindre. «A Lille, sa philosophie de jeu était très offensive. Les ailiers jouaient très haut, un numéro 6 en sentinelle. On se retrouvait parfois dans une situation où c’est l’arrière droit qui centrait pour l’arrière gauche, qui se retrouvait dans la surface de réparation adverse et pouvait reprendre le ballon de volée…» explique Jean-Michel Vandamme.

                Même s’il se laisse parfois submerger par l’émotion, Rudi Garcia connaît ses limites. Intuitif, le coach des Phocéens reste équilibré et se dévoue pour son groupe, quitte à paraître parfois tyrannique. Dans un souci d’équité ou de justice, il monte au créneau pour protéger ses poulains, tel Florian Thauvin, souvent victime de tacles assassins: «Cela fait deux matchs qu’il se fait massacrer ou matraquer. Si on veut continuer à avoir du spectacle, il vaut mieux que les artistes soient sur la pelouse plutôt qu’à l’infirmerie.»



                Mais Garcia n’a pas toujours fait l’unanimité dans les vestiaires où il est passé. Malgré le respect voire l’admiration qu’il suscite chez ses joueurs, l’entraîneur s’est souvent pris le chou avec les cadres de l’AS Roma, que ce soit la légende Francesco Totti ou le champion du monde 2006, Daniele De Rossi: des personnalités aux tempéraments volcaniques. Jean Michel Vandamme, qui a aussi connu Garcia joueur en centre de formation, poursuit: «Il a pris plus d’expérience quand il est passé à la Roma en côtoyant des Francesco Totti ou des Daniele De Rossi, que ce soit sur le plan tactique ou même sur le plan humain. Quand tu dois gérer de telles légendes, forcément tu fais la différence…»

                Si Bruno Genesio se fait appeler «Pep», cela n’a rien d’un hasard. Inspiré par le jeu à la catalane de Pep Guardiola – «Tout part de derrière, on construit le jeu à partir de la défense», confirme Gérard Houllier – le technicien lyonnais n’a jamais caché son amour pour l’entraîneur de Manchester City: «Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il arrive à inventer des choses pour être efficace. C’est un entraîneur qui arrive à adapter des joueurs à certains postes sur le terrain.» Genesio avoue aussi vouloir chiper au tacticien catalan «son esprit de jeu, cette envie d’aller au bout de ses idées et la confiance qu’il donne à ses joueurs». Haranguer ses hommes pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, comme avec Nabil Fékir: «Il y a eu une prise de conscience chez lui. Ce mea-culpa [référence à un désaccord tactique qui les a opposés, ndlr] m’a beaucoup aidé dans ma relation avec lui, et il nous a fait avancer. C’est moi qui ai décidé de lui donner le brassard [de capitaine]. Puis, je l’oblige à jouer dans un système comme le 4-2-3-1 car c’est le meilleur dispositif pour qu’il évolue à 100%.»

                Bruno Genesio sait décider et assumer ses choix, comme mettre Memphis Depay (star de l’équipe, acheté 25 millions d’euros) sur le banc, pour créer l’électrochoc nécessaire chez ses joueurs. «Ce n’est pas un politique. Il installe une vraie discipline, une rigueur dans son travail et des règles qu’il suit assidûment tous les jours. Il n’y a pas de passe-droit, il est aussi très strict sur les horaires», explique Gérard Houllier. Reste à mesurer l’efficacité de sa méthode dans les faits. Jeudi, lors du huitième de finale retour d’Europa League face au CSKA Moscou, une scène n’a échappé à personne. Sorti à la 70e minute, le latéral gauche lyonnais Fernando Marçal refuse la main tendue de son coach, qui le somme de s’excuser avant une prise de becs véhémente entre les deux hommes. De ce florilège d’amabilités, Bruno Genesio ressort fragilisé, laissant transparaître l’image d’un entraîneur au manque de charisme criant. La sortie semble proche.

                Le rapport à la hiérarchie


                Du Losc à la Roma en passant par l’OM, Rudi Garcia a souvent entretenu un rapport frontal avec ses dirigeants et grince des dents lorsqu’il se sent moins écouté. Son charisme perd alors de sa substance, le lien s’effiloche et les résultats s’en ressentent. Les critiques fusent comme celles de James Palotta, président italo-américain de l’AS Roma : «Garcia manquait de passion dans sa façon de parler, sa stratégie, sa tactique et la façon dont il préparait les joueurs. Durant les entraînements, il ne parlait presque jamais de stratégie et tactique. Peut-être que ce n’est pas important dans d’autres pays, mais c’est le cas en Italie.»

                Bruno Genesio n’a connu que Jean-Michel Aulas comme président. Son salut à Lyon, il le doit à l’omnipotent septuagénaire. Inspiré par la philosophie des plus grands clubs du monde (Real Madrid, FC Barcelone, Juventus Turin), ce dernier rêve de développer à Lyon l’image d’une institution à la tradition forte. En optant pour Genesio, Aulas voulait miser sur un technicien apte à reproduire l’idéologie du club. Si tant est qu’elle existe…

                Une fois élu, l’éternel dauphin a dû digérer la pression, assumer l’exposition: «Il y a eu une incompréhension avec les supporteurs de l’OL, une réticence à l’idée de me voir débarquer comme coach.» Déçu, Genesio «a beaucoup souffert des critiques», confie Gérard Houllier. Parfois écrasé par la fonction, il reproche aussi aux médias leur «subjectivité»: «J’apprends à vivre avec… Quoi que je fasse, j’ai l’impression que vous allez toujours prendre l’angle négatif. La critique fait partie de mon métier et si on ne l’accepte pas, on doit changer de métier mais je regrette qu’on ne souligne pas le travail que je réalise…»

                Alors que Rudi Garcia a gagné le respect des observateurs grâce à ses titres avec le Losc, Bruno Genesio peine encore à obtenir un succès d’estime. Aux antipodes, les deux entraîneurs font pourtant le même métier. Johan Cruyff disait qu’il valait «mieux perdre avec ses idées qu’avec celles d’un autre». Dimanche à 21 heures, leur singularité fera la différence.

                Sacha Tavolieri

                Liberation

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                • TOPS/FLOPS MARSEILLE-LYON : DU GRAND AOUAR, THAUVIN N’A PAS EXISTÉ

                  Par Cédric Callier

                  Mis à jour le 18/03/2018 à 23h51 – Publié le 18/03/2018 à 23h50

                  Grâce notamment à l’excellente prestation d’Aouar, Lyon s’est imposé à Marseille (2-3). Retrouvez les tops et les flops de ce choc riche en rebondissements.



                  Les tops


                  Aouar a flambé

                  Absent jeudi lors de la déroute lyonnaise face au CSKA Moscou (2-3), Houssem Aouar a effectué un retour très remarqué dans l’entrejeu rhodanien. Le jeune joueur de 19 ans est monté en puissance au fil des minutes et a livré une grosse prestation en seconde période. Technique et bien inspiré, il a trompé la vigilance de Mandanda d’une belle frappe enroulée en première intention. En l’absence de Fekir, les qualités d’Aouar semblent indispensables à l’OL.

                  Ndombélé s’est démené

                  Dans le sillage d’Aouar, Tanguy Ndombelé a lui aussi livré une belle prestation au milieu de terrain. L’ancien joueur d’Amiens a progressivement imposé sa puissance et son volume de jeu. A l’origine du CSC de Rami en fin de première période, il a su casser les lignes et apporter un soutien offensif très précieux.

                  Mendy solide au poste

                  Profitant de la mise à l’écart de Marçal, Ferland Merland retrouvait une place de titulaire au poste de latéral gauche. Un retour convaincant. Le n° 22 de l’OL a parfaitement muselé Thauvin tout au long de la rencontre. Solide et tranchant dans ses montées offensives.

                  Les flops


                  Face aux gros, l’OM n’y arrive pas

                  L’OM avait l’occasion de frapper fort et conforter sa troisième place au classement. Finalement battus par un OL convalescent, les Marseillais ont confirmé leur incapacité à venir à bout d’un gros bras du championnat. En six matches face à Paris, Monaco et Lyon, les hommes de Rudi Garcia n’ont arraché que deux petits points sur dix-huit possibles.

                  Thauvin n’y était pas

                  Florian Thauvin est passé à côté de son match. Bien cerné, l’ancien Bastiais a perdu la majorité de ses duels et n’a fait aucune différence dans son couloir droit. Signe de son match particulièrement discret, il n’a pas frappé une seule fois au but. On attendait mieux de la part de l’international français, qui joue dans cette fin de saison sa place pour la prochaine Coupe du monde.

                  Rolando-Rami, une charnière en souffrance

                  L’OM a encaissé trois buts, mais la victoire lyonnaise aurait pu être plus nette sans plusieurs sauvetages de Mandanda. Le portier marseillais a souvent été abandonné par sa défense, notamment sa charnière centrale. Rolando et Adil Rami, respectivement buteur et passeur décisif sur l’ouverture du score, ont souffert sur les offensives lyonnaises. Facilement débordés et pris à revers, les deux hommes ont montré de grosses limites durant ce choc.


                  Sport 24-Le Figaro

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                  • Jean-Michel Aulas (Lyon) : «Si vous ne voyez pas, moi je vais voir»


                    Publié le lundi 19 mars 2018 à 10:32

                    Le président lyonnais Jean-Michel Aulas semblait sidéré par l'altercation de l'après-match entre Marseille et Lyon, dimanche soir (2-3).



                    Dans une séquence dévoilée dimanche soir sur J+1, des déclarations du président de l'Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, ont été dévoilées après les altercations de la fin de match entre Lyon et Marseille, et notamment entre Marcelo et Adil Rami . Ce dernier semble ne pas vouloir rentrer au vestiaire pour s'expliquer avec le défenseur lyonnais, également invectivé par d'autres joueurs marseillais.

                    «Moi j'ai vu. Si vous n'avez pas vu, c'est que vous ne voulez pas voir», a déclaré le président lyonnais à un responsable de la sécurité qui avait fait en sorte de séparer les deux hommes. «De toute façon je vais séquestrer les images, si vous ne voyez pas, moi je vais voir», a-t-il conclu sur cette séquence avant de rentrer dans le vestiaire gone.

                    l'Equipe

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                    • Coaching perdant



                      Saison | 19/03/2018 - 07:00



                      Il s'est fait attendre en conférence de presse. Mais au moment de s'installer derrière son pupitre, Rudi Garcia n'a pas perdu de temps pour trouver le tournant du match, comme vous pouvez le voir dans la vidéo. C'est la faute de ce satané hors-jeu sifflé contre Mitroglou à quelques minutes de la fin, qui prive non seulement les Marseillais d'une occasion en or d'emporter la victoire, mais qui sacre les Lyonnais puisque le coup franc est joué dans le camp adverse et, une déviation plus tard, Memphis Depay trompe Steve Mandanda de la tête. Pour Rudi Garcia, qui voit également trois penalties oubliés contre Nantes, cela fait beaucoup, et donc, vivement la vidéo pour éviter ce genre d'erreur. Le problème, c'est que la vidéo en question ne lui aurait pas forcément donné raison, déjà, puisque la position du corps du Grec suffisait à l'arbitre de touche pour l'interpréter en position de hors-jeu. Puis, puisqu'on veut introduire des ordinateurs et des écrans dans le foot, un logiciel aurait pu aussi calculer la vitesse moyenne de l'attaquant marseillais et en déduire que, en partant du milieu de terrain, avec d'autres paramètres tels que l'adresse et les adversaires, ce n'était pas à coup sûr une balle de but. Au moment où le coup franc lyonnais est joué, les Phocéens ont fait le deuil de l'offensive précédente. Ils sont donc attentifs et ce n'est pas vraiment de la faute de l'arbitre si Rami puis Rolando perdent leurs duels de la tête face à Mariano et Depay. Une charnière qui, à la base, doit se distinguer dans ce domaine face à des garçons dont ce n'est pas vraiment la spécialité...

                      Alors non, même s'il y a peut-être à redire sur l'arbitrage, ce n'est pas là que cela s'est joué, désolé. Ce n'est pas l'explication que l'on peut servir aux plus de 60 000 spectateurs de ce match, dont certains ont accepté de payer une coquette somme pour voir un sommet du championnat, un vrai. Si l'observateur neutre s'est sûrement régalé avec le scénario, le compte n'y est pas pour le supporter de l'OM, avec un Thauvin quasi-transparent, un Payet qui n'a pas su faire de ce match le sien, un Luiz Gustavo qui n'est plus très loin du burn-out et un Maxime Lopez qui a cherché une passe-clé toute la rencontre, en vain. Dix des onze titulaires l'étaient également jeudi, à Bilbao. C'était l'équipe en forme, les gars du moment, et c'était une gestion parfaite. Mais en football plus qu'ailleurs, on ne peut pas s'endormir sur ses lauriers. A voir comment les entrées de Sanson et Mitroglou ont redynamisé l'équipe dans le dernier quart d'heure, il n'est pas interdit de penser que la confiance placée par Garcia en Lopez et Ocampos a été trop grande. Dans l'animation offensive en général, tant les Lyonnais se sont arrangés pour que Valère Germain ne leur pose aucun problème. Et encore, il y avait la place de rectifier le tir à la pause, alors que Ndombele et Aouar faisaient ce qu'ils voulaient au milieu. Désolé d'enfoncer le clou, mais là encore, ce n'est pas Monsieur Buquet qui a donné l'ordre au quatrième arbitre de ne pas enregistrer les changements. Au final, Lyon a pris l'avantage à la 52e. Par l'intermédiaire d'Aouar donc, qui a été étincelant. Mais qui a joué malade avec des maux au ventre et à la tête. Rappel, Lyon était également privé de son meilleur joueur, Nabil Fékir. Et Steve Mandanda a été le meilleur phocéen, de loin, en sauvant son équipe à plus d'une reprise. Il n'y a donc pas vraiment de quoi la ramener avec un bilan définitif de deux points pris sur dix-huit possibles en championnat contre les trois gros là où l'OL en a pris douze, ne serait-ce qu'en sous-entendant que la différence entre les deux équipes tient à quelques centimètres au niveau de la ligne médiane. Pour Garcia c'est un nouveau match raté contre les gros. Alors ce n'est pas sur Zambo Anguissa qu'il faut taper parce qu'il a fait monter la sauce dans la presse deux jours avant. Mais sur ceux qui n'ont pas été là le jour J avec la détermination nécessaire. Que ce soit sur le terrain ou sur le banc de touche. Ca en fait du monde avant d'évoquer l'arbitre...


                      Le Phocéen

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                      • Ligue 1 : Marseille-Lyon, provoquer n’est pas jouer

                        Dimanche, les Marseillais ont perdu un match lancé en amont avec des déclarations belliqueuses. Une stratégie devenue classique en Ligue 1 mais risquée, estime notre chroniqueur Jérôme Latta.

                        LE MONDE | 19.03.2018 à 12h24 • Mis à jour le 19.03.2018 à 12h45


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                        Fin de match tendue au Vélodrome entre le Marseillais Adil Rami et le Lyonnais Marcelo.

                        « On a beaucoup parlé cette semaine, et au final, on s’est fait exploser. Les Lyonnais chambrent beaucoup, mais le combat, c’est sur le terrain qu’on aurait dû le faire. » Le sage capitaine marseillais, Steve Mandanda, a livré la morale du choc OM-OL, un choc qui avait commencé bien avant son coup d’envoi. « Pardonnez-moi d’être vulgaire, mais on veut les exploser, leur montrer qu’on est chez nous et qu’on y fait la loi », avait déclaré son coéquipier Zambo Anguissa à La Provence, la veille…

                        Battu sur le fil au Stade-Vélodrome par Lyon, l’Olympique de Marseille s’est immédiatement vu reprocher ses intentions belliqueuses, les Lyonnais eux-mêmes ne manquant pas l’occasion de les surligner rétrospectivement. Il faut toujours « respecter l’adversaire ». En d’autres termes, il ne faut jamais s’exposer à entendre les adversaires victorieux dire : « Ils nous ont manqué de respect. »

                        Provocations et punitions

                        « Tous les gens du staff ont fait l’union sacrée pour expliquer aux joueurs qu’ils méritaient mieux que ce qu’on avait dit d’eux. Quelques déclarations des Marseillais avant le match ont aidé à faire en sorte qu’on ait encore plus envie de les battre », a commenté le président Jean-Michel Aulas en zone mixte, ravi de l’aubaine.

                        Vieilles ficelles, grosses ficelles, mais bonnes ficelles. Aucun entraîneur ne va manquer de surmotiver ses joueurs en leur mettant sous le nez des déclarations vexantes de l’adversaire. Soit que ce dernier se soit réellement aventuré dans les provocations, soit que ses propos eussent été quelque peu tronqués, voire habilement reformulés. En tout cas, les voilà affichés dans le vestiaire, avec une efficacité plus grande que l’émolliente philosophie de motivation habituellement inscrite sur ces murs.

                        Toute provocation prend le risque de sa punition, tout comme les « Olé ! Olé ! » des spectateurs ou les grigris des joueurs virtuoses augmentent la probabilité d’un taquet à la cheville. Sur le terrain, les provocateurs gagnent souvent : c’est la réaction du provoqué qui va être vue et sanctionnée – le football accorde une prime à la malice (ou au vice). En dehors du terrain, l’exercice est plus délicat.

                        Défiés avant la rencontre, les Lyonnais l’ont achevée en défiant les Marseillais défaits, certains comme le défenseur Adil Rami tombant dans le panneau. « A la fin du match, on se trompe de combat », a encore constaté Mandanda. Ne restait plus à Rudi Garcia, l’entraîneur local, qu’à recourir à un autre ressort éculé : la critique (à tort) des décisions arbitrales.
                        Règlement à crédit

                        Le retour du bâton que l’on a tendu est toujours brutal, en pareil cas, et quelques exemples sont restés célèbres. En 2006, à la veille d’un huitième de finale de Coupe du monde, le quotidien sportif Marca avait titré : « Envoyons Zidane à la retraite ». Le soir, Zidane envoyait l’Espagne en vacances. Et à l’image de Lionel Messi brandissant son maillot à Santiago-Bernabeu, ou de Nabil Fekir l’imitant à Geoffroy-Guichard, le meilleur moment pour une provocation, c’est quand la victoire est acquise.

                        A l’époque des PSG-OM les plus sulfureux, les Parisiens avaient parfois tendu la joue en se mettant sur un terrain où leurs rivaux étaient supérieurs. Ce sont ces « matchs d’hommes » des années 1990 qu’Adil Rami a récemment déclaré regretter. En cause sur deux des trois buts lyonnais, impliqué dans la bagarre finale et exposé à une longue suspension, le défenseur peut nourrir d’autres regrets, ce matin.

                        Il est toutefois difficile de jeter la pierre aux perdants de ce jeu, qui sont avant tout victimes du score. Car s’ils remportent une victoire préparée en roulant des mécaniques, l’opinion générale considérera qu’ils ont su aborder la rencontre comme il le fallait. Le tout est de trouver le bon dosage afin que les avertissements ne passent pas pour des rodomontades, l’assurance pour de l’arrogance – laquelle retire tout droit à la faute. Et de mettre les actes en conformité avec les paroles. Commises dans le jeu, les erreurs techniques « se paient cash » ; commises en dehors, les erreurs de communication se règlent à crédit, avec intérêts.

                        Mais c’est justement à cause de cette justice différée propre au football que l’on n’a jamais vraiment le dernier mot. En brandissant son maillot au nez des vaincus, le défenseur lyonnais Marcelo a certes déclenché des échauffourées qui ont jeté un peu plus de sel sur les plaies des Olympiens d’en face. Mais il a aussi remis une pièce dans le juke-box. « Les Lyonnais nous ont manqué de respect. (…) Il ne faut pas se comporter comme ça, ils le paieront », a prévenu Florian Thauvin.

                        Jérôme Latta

                        Source Le Monde : http://www.lemonde.fr/ligue-1/articl...3_1616940.html
                        Ils se sont levés. Ils m'ont applaudi et ils ont pleuré.

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                        • En fin de match, une échauffourée a eu lieu dans le tunnel


                          Publié le lundi 19 mars 2018 à 00:46

                          Une incroyable mêlée a été déclenchée par Marcelo et Rami à la fin du match, même si aucun coup n'a, a priori, été porté.
                          Mathieu Grégoire

                          MARSEILLE -«Je n'ai rien compris ! Les insultes fusaient dans tous les sens, c'était la foire d'empoigne.» Encore médusé par la séquence, un salarié de l'OM, qui a empêché Steve Mandanda de filer vers le vestiaire lyonnais, va retrouver un pouls normalisé en zone mixte. Quelques minutes auparavant, dans le large tunnel bleu du Vélodrome chauffé à blanc, on a vu le docteur Christophe Baudot calmer Ferland Mendy, côté OL, des stadiers de l'OM retenir un Adil Rami hors de lui qui voulait s'en prendre à Mouctar Diakhaby, des attachés de presse du club marseillais pris entre deux mauls, et même Jacques-Henri Eyraud, champion de taekwondo dans sa jeunesse, arriver dans l'arène avec un calme salvateur.

                          À l'origine de cette mêlée, qui donnera des images impressionnantes et des stigmates physiques anodins, un geste de Marcelo. Devant Mandanda, Rami et Ocampos, le défenseur central exhibe son maillot à la sortie du terrain, comme Nabil Fekir face au public de Geoffroy-Guichard, l'automne dernier. Rami, que Rudi Garcia peine déjà à calmer, va dégoupiller. En toute fin de rencontre, Marcelo et lui se sont frictionnés verbalement et tactilement, puis, dans le dos de M. Buquet, le Marseillais a asséné un coup d'épaule au Lyonnais, qui s'est effondré sur la pelouse. Anthony Lopes va tenter d'apaiser les débats, d'autres Lyonnais crient à l'attentat. Après ce geste inutile, Marcelo remettra donc une pièce dans la machine.


                          Digne, son flegme revenu, Mandanda s'épanche sur l'échauffourée : «On s'est trompés de combat à la fin, tous. Moi-même, je n'avais pas envie de me calmer. Il y a un peu de colère car ils (les Lyonnais) ne respectent pas trop l'adversaire. Ils chambrent beaucoup. C'est difficile à accepter. Mais c'est sur le terrain qu'on doit gagner les duels. Pendant la semaine, on avait beaucoup d'envie, on a beaucoup parlé. Mais sur le terrain, on s'est fait exploser.» Une allusion aux propos de Frank Anguissa, dans La Provence de samedi, qui avait employé ce mot «exploser», dans le registre tactique du combat et des contacts.

                          «Il ne faut pas se comporter comme ça. Ils le paieront»
                          Florian Thauvin

                          Sur la pelouse, Rafael, Ndombele ou Mendy ont fait plus mal que leurs adversaires. Florian Thauvin, lui, est encore remonté : «Des Lyonnais se sont permis de nous chambrer, ce n'est pas professionnel. L'un d'eux a montré son maillot à nos supporters, il n'avait pas à faire ça. Ils ont gagné, c'est bien. Mais il ne faut pas se comporter comme ça. Ils le paieront. Quand on se comporte mal, on le paye.» Les plus anciens à roder dans les couloirs du Vélodrome se rappelleront de bleus ou de bosses plus marqués, quand le tonique capitaine Patrick Blondeau sévissait, ou quand Marcelo Gallardo se faisait rosser par des stadiers. «Des agents de la sécurité ont fait des choses inacceptables à nos joueurs», a affirmé de son côté. Jean-Michel Aulas.

                          l'Equipe

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                          • OLYMPIQUE LYONNAIS

                            La vie sans Nabil Fekir

                            En cette période de trêve internationale, l’OL s’entraîne en petit comité et sans Nabil Fekir qui n’a pas recommencé à courir. Le club lyonnais devra apprendre à vivre sans son capitaine qui devrait être apte à la mi-avril.


                            Le 24/03/2018 à 07:50 mis à jour à 07:51


                            Ce n’était pas un jour de grande affluence à Décines. L’actualité se porte sur les matches internationaux et l’équipe de France. Alors, du côté de l’Olympique Lyonnais, on gère un quotidien ludique, en petit comité, en s’appuyant sur le matelas du réconfort qu’a constitué un succès à Marseille.

                            « On en profite pour travailler sur des espaces réduits, à base de petits jeux », reconnaît Bruno Genesio qui a d’ailleurs accordé deux jours de répit aux joueurs professionnels ce week-end.


                            « Pour les hommes qui ne sont pas internationaux, ce n’est pas plus mal de couper d’autant que l’on n’est pas très nombreux », dit Bruno Genesio.

                            La seule inconnue est relative à la situation de Nabil Fekir. Même si le club lyonnais a pris acte de l’indisponibilité de son capitaine.

                            Nabil Fekir vise un retour contre Amiens le 14 avril

                            Touché au genou droit, le 25 février dernier lors du derby, Il a dû se résoudre à assurer l’essentiel avec un genou déjà opéré en septembre 2015. Ainsi, il a subi une arthroscopie le 14 mars dernier, et il faudra sans doute un mois de délai minimum avant de le surprendre de nouveau sur les terrains. Tout s’est très bien déroulé. « Mais Nabil n’a pas recommencé à courir, ça suit son cours », dit Bruno Genesio. Il faut comprendre que le club olympien ne prendra aucun risque.

                            Nabil Fekir a déjà loupé six matches. Mais sans lui, les joueurs olympiens ont montré qu’ils pouvaient se comporter en grands garçons, et on l’a vu dimanche dernier à Marseille.

                            Au moment où l’OL s’est montré rassurant quant à son tempérament et ses facultés à rebondir, il a bien l’intention d’assurer le coup avec son fer de lance.

                            Le pari de le voir débouler en pleine forme pour le sprint final est aussi dans les têtes.

                            Dimanche prochain, les Lyonnais accueilleront Toulouse, et Nabil Fekir qui aura sans repris la course sera en pleine convalescence. La perspective de le voir jouer n’a pas été envisagée. Et il sera peu probable de le voir se déplacer à Metz le 8 avril.

                            Si son genou débarrassé de ses aspérités répond favorablement, la réception d’Amiens le 14 avril sera à son calendrier.

                            Il lui restera six matches, pour finir la saison, à fond, comme il l’avait fait en tout début d’exercice (4 buts lors 6 premiers matches). Et tout se terminerait alors de la plus belle manière…

                            Christian Lanier

                            Le progrès

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                            • OL : Laurent Blanc entraineur de l'OL, l'idée est lancée


                              Publié Vendredi 23 Mars 2018 à 16:00 Dans : OL, Ligue 1.


                              Dithyrambique au sujet de Jean-Michel Aulas cette semaine dans un entretien au Dauphiné Libéré, Jean-Pierre Bernès préparait-il le terrain pour une discussion estivale de première importance avec le président lyonnais ? Agent notamment de Nabil Fékir à Lyon, l’ancien bras droit de Bernard Tapie est aussi le représentant d’un certain Laurent Blanc, sans poste depuis la fin de son aventure à Paris il y a deux ans de cela. Annoncé un peu partout, le « Président » a bien fait comprendre qu’il ne retrouvera le banc de touche que pour un projet ambitieux. Peut-être celui de l’OL, avance Manu Lonjon, et pour qui le rapprochement pourrait se faire au cas où la collaboration avec Bruno Genesio ne se poursuivrait pas au-delà de cette saison délicate. Interrogé sur l’avenir de Jean-Louis Gasset à Saint-Etienne, le journaliste de Yahoo Sport a fait part de la tendance.

                              « Gasset suivra Laurent Blanc s’il trouve un club à priori. D’ailleurs, je ne serais pas étonné que le meilleur ennemi de Sainté tente d’approcher le « Président ». L’excellent rapport OL/Bernès pourrait y aider », a confié Manu Lonjon, pour qui cette piste devrait au moins être étudiée en fin de saison si jamais l’OL ne parvenait pas à atteindre ses objectifs.

                              Foot01

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                              • Comment l’OL s’exporte à l'international


                                23/03/2018 à 12h55

                                Selon les informations de RMC Sport, une délégation de l’Olympique Lyonnais menée par Christian Bassila, responsable de la préformation, s’est rendu très récemment dans un club de Libreville, au Gabon, pour y effectuer un "audit" et exporter son savoir-faire.
                                Sous la chaleur humide de l’Estuaire, l’OL ne cherche pas (encore) le nouveau Pierre-Emerick Aubameyang. Pourtant, l’ancien Lyonnais Christian Bassila, responsable des U13-U14-U15 de l’OL, est bien là, à Libreville, dans une mission assignée par son club. L’homme de 40 ans se rend au CF Mounana, club de première division gabonaise. L’ancien imposant défenseur (1m92) est là pour effectuer un "audit" du champion en titre du Gabon, et pas forcément pour établir un partenariat - même s’il peut en être la première étape. Le Président de Mounana, Hervé Patrick Opiangah, conseiller présumé d’Ali Bongo, n’a pas la cote chez les opposants du chef d’état gabonais, et c’est le moins que l’on puisse dire. L’objectif pour l’heure: analyser la formation gabonaise, les jeunes talents du football africain, et dans certains cas, "vendre" son savoir-faire.

                                D’ailleurs, l’Olympique Lyonnais a récemment réalisé des audits au Maroc, en Pologne, sans qu’un partenariat sportif ne soit mis en place.

                                En Chine, en revanche, l’entrée de l’investisseur IDG au sein du capital de l’OL en décembre 2016 (et l’apport de 100 millions d’euros) a forcément accéléré le processus. Lyon y a ouvert trois académies (à Shenzhen, Shanghai et Chongking) et poursuit son rapprochement avec le football de l’Empire du Milieu. Récemment, l’OL a accueilli huit entraineurs chinois dont le sélectionneur de l’équipe de Chine féminine, pour qu’ils s’imprègnent de la qualité de la formation lyonnaise. En janvier 2016, le club présidé par Jean-Michel Aulas a également signé un partenariat avec la fédération de Ho Chi Minh au Vietnam.


                                .

                                Cette politique d’expansion ne date pas d’hier. En 2011, l’OL signait déjà un partenariat avec un club libanais, l’Athletico Sport Lebanon. L’Olympique Lyonnais regarde donc actuellement en Afrique - ailleurs - pour développer encore sa stratégie tentaculaire.

                                RMC sports

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                                • OL: Entre «animalité» et «arrogance», Memphis Depay n'est-il pas plus qu'un joueur accro aux buts d'anthologie?




                                  FOOTBALL Un an après avoir inscrit son premier but d’exception sous le maillot lyonnais en lobant Alban Lafont du milieu du terrain, Memphis Depay retrouvera Toulouse dimanche (21 heures) au Parc OL…

                                  Jérémy Laugier



                                  Publié le 30/03/18 à 15h05 — Mis à jour le 30/03/18 à 15h05

                                  Après 14 mois à Lyon et malgré 18 buts et 18 passes décisives au total, Memphis Depay est loin de faire l’unanimité.
                                  Finalement, son principal problème ne serait-il pas sa quête de buts impensables, à l’image de celui inscrit au Toulousain Alban Lafont il y a un an, ou plus récemment contre le PSG et Villarreal ?

                                  « J’ai marqué le but de ma vie. » En trompant le gardien toulousain Alban Lafont d’un hallucinant lob du milieu du terrain, en mars 2017 (4-0), Memphis Depay avait signé son premier coup d’éclat majeur à l’OL. Au moment de retrouver le TFC dimanche (21 heures), la recrue phare du mercato hivernal 2017 (16 millions d’euros + 9 millions de bonus) en a enchaîné un paquet d’autres.



                                  Entre l’ouverture du score dans le derby (0-5), la tête de la gagne (avec en prime l’arcade en sang) lors du sommet de la dernière journée de Ligue 1 à Marseille (2-3) et surtout deux frappes surpuissantes et clutch à souhait contre le PSG (2-1) et Villarreal (3-1), l'ailier gauche souvent supersub de 24 ans ne peut pas être taxé de se planquer dans les grands rendez-vous. Encore moins de collectionner les réalisations de raccroc depuis 14 mois dans le Rhône.



                                  Un « diamant brut » capable d’agacer coéquipiers et supporters

                                  « Memphis était déjà un peu comme ça dans sa période néerlandaise, confie Jean-Paul Rison, journaliste pour Eurosport en Hollande. J’ai souvenir d’un tour préliminaire de Ligue des champions contre Zulte Waregem (2-0) en juillet 2013. Pendant une heure, il a agacé ses coéquipiers et les supporters en tentant sa chance tout seul dans des angles impossibles. Puis il a inscrit un but sublime de plus de 30 mètres [à 3 minutes sur la vidéo ci-dessous] et l’a célébré sans plus, style c’était tout à fait normal pour lui. »





                                  Toujours perçu comme « un diamant brut », celui qui a marqué avec sa sélection lundi contre le Portugal (3-0) surfe sur un bilan avec l’OL considéré comme plus que probant dans son pays, pour une raison simple que détaille Jean-Paul Rison.

                                  Aux Pays-Bas, le grand public estime qu’il est très performant avec Lyon car seuls ses buts contre le PSG et Marseille ont atteint les journaux et télévisions. Comme on se dit entre journalistes, Memphis joue toujours comme s’il essayait de se créer une nouvelle compilation de top buts sur YouTube. »

                                  Le Dominique Wilkins du foot moderne, « l’animalité » en plus


                                  Memphis Depay est ainsi : il se nourrit de sa quête de highlight, à l’image de ses numéros de dribbles lunaires contre Villarreal en Ligue Europa. Comme la star NBA Dominique Wilkins dans les Nineties, il pourrait parfaitement être surnommé Human Highlight Film, et ce dans un sport où ce profil détonne encore davantage.





                                  beIN SPORTS

                                  @beinsports_FR
                                  [🎞️VIDEO - ⚽️BUT] 🏆 UEFA Europa League
                                  💥 Quel coup de canon de Memphis Depay !
                                  🚀 Une pure frappe de buteurhttp://po.st/rPtu4j #OLVIL

                                  23:50 - 15 févr. 2018
                                  86
                                  30 personnes parlent à ce sujet


                                  « Je n’ai pas l’impression que Memphis calcule le fait d’être extravagant ou de spécialement inscrire des beaux buts, nuance Kévin Diaz, ancien joueur de D2 néerlandaise et désormais consultant pour Canal +. Il est un peu dans la catégorie des Zlatan et Balotelli, il a vraiment cette animalité en lui, à l’image de son énorme tatouage de lion dans le dos. Dans son esprit, penser à tenter sa chance du milieu de terrain est juste naturel. »



                                  Canal Football Club

                                  @CanalFootClub
                                  . @Memphis Depay peut-il devenir le meilleur joueur du monde à Lyon ? 🌎 #CFC

                                  21:40 - 18 mars 2018
                                  287
                                  253 personnes parlent à ce sujet



                                  Une carrière à la Ben Arfa ou à la Cristiano Ronaldo ?:-o


                                  S’il a récemment rappelé sur Canal + qu’il avait « les qualités pour devenir le meilleur joueur du monde », cet individualiste parfois exaspérant est encore très loin du compte malgré son bilan statistique intéressant (18 buts et 18 passes décisives en 61 matchs au total avec l’OL depuis son arrivée). Ancien défenseur international néerlandais passé par l’AS Cannes et le Losc (de 1991 à 1999), Adick Koot résume à sa manière l’évolution de l’ancien prodige du Mondial 2014.

                                  Je suis plutôt agréablement surpris par son passage à Lyon. Mais j’ai vu cette interview et c’est quand même magnifique qu’il ait cette ambition. Il place la barre très haut avec une arrogance assez ''ronaldéenne''. Cristiano Ronaldo aussi a beaucoup irrité les gens avant de confirmer son talent. La vraie question pour Memphis, c’est de savoir s’il va devenir un Ben Arfa ou un Ronaldo. Il est à un stade de sa carrière où il va basculer d’un côté ou de l’autre. »

                                  En clair, il est sans doute temps pour Memphis Depay de laisser une véritable trace à cet OL sans trophée depuis 2012 et en passe de manquer la Ligue des champions pour la deuxième saison consécutive. Et non d’ambitionner soulever chaque printemps le trophée UNFP du plus beau but de Ligue 1 en portant une veste à la Michael Jackson.

                                  "20 minutes"

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                                  • FANZINES ZONE


                                    «Le Libéro Lyon», en couverture du foot rhodanien


                                    Par Damien Dole — 31 mars 2018 à 14:38



                                    Semi -pro ou amateur , un nombre conséquent de sites de qualité spécialisés dans le sport essaiment sur Internet . «Libé» arpente ce microcosme et raconte chaque semaine l'un de ses membres. Ce week-end , un site qui traite du foot à Lyon avec un ton devenu une marque de fabrique.

                                    Huitième épisode de Fanzines Zone qui arpente le microcosme des médias de qualité, semi-pros ou amateurs , spécialisés dans le sport, qui essaiment sur Internet.

                                    Le foot est une tragédie , surtout pour les supporteurs. On a beau débuter chaque saison avec l’espoir de voir son équipe triompher, ça se termine mal pour la plupart des équipes. Et chaque trophée glané délivre un sentiment de satiété toujours grandissant : une coupe appelle le podium en championnat , le podium appelle le titre national, le titre national appelle le sacre continental.


                                    «Si je fus parfois comique , c’est par souci de pédagogie : le comique n’est que la deuxième face de la tragédie», écrit le dramaturge de l’absurde Eugène Ionesco . Alors ce rire nous sauve. Il permet de faire redescendre la pression que se mettent les fans. Notamment en se moquant des rivaux. Mais là encore le tragique , l’inéluctable arrivée de la souffrance revient : chaque match sans défaite de Paris contre Marseille , par exemple , amène les quolibets envers les meilleurs ennemis, mais rapproche aussi d’une défaite qui sera d’autant plus humiliante que les Rouge et Bleu auront assené à quel point la victoire était soi-disant devenue la norme.

                                    Insouciance salvatrice


                                    Parmi les sites s’attachant à traiter d’un club, l’ affaire est souvent sérieuse. Analyses sur les finances ou la tactique; brèves d’actu ; articles historiques rappelant les plus belles épopées, parfois les drames (qui s’inscrivent dans la tragédie). S’il n’utilise pas que l’ humour pour traiter le foot rhodanien, le Libéro Lyon se fait souvent connaître des fans d’autres équipes par ce biais. Les «Fraude Book» , qui affiche les prévisions du Libéro Lyon pour le mois à venir ; un «Petit guide de survie face à des hooligans russes» sorti à l’occasion de la double confrontation de l' Olympique lyonnais contre le CSKA Moscou en mars ; l’ultime jour du mercato d’été 2015 … Une série de papiers ou chroniques du média, signés notamment du mystérieux Zénon Zadkine et d’Eddy Fleck. «On voulait un site journalistique, et non un blog. A la fois léger et sérieux , avec du recul sur le club. Et quand je regarde ce que ça a donné depuis notre premier article , qui annonçait ce qu’on voulait faire, je me dis qu’on a respecté notre idée initiale et qu’on a vu à peu près clair sur ce qu’il fallait faire», explique Pierre , fondateur du site en avril 2013, qui a passé la main depuis deux ans après avoir été débauché par l’Equipe.



                                    Si le Libéro Lyon est un média de référence pour l’OL, les raisons se situent au- delà de ce ton parfois humoristique et se trouvent surtout dans sa ligne éditoriale, qui fait fi des brèves d’actus ou d’une partialité trop affichée. Les comptes rendus de matchs , par exemple, se veulent le plus objectif et détaché possible. Les entretiens , avec des joueurs et surtout joueuses, anciens ou actuels, voire des personnes qui gravitent autour de l’OL, sont devenus une marque de fabrique du site. Comme cette interview-fleuve de l’attaquante Elodie Thomis , qui parle avec une insouciance salvatrice à l’heure d’un foot contrôlé par les directeurs de la com. «Le Libéro, c’est un espace de liberté, décrit Hugo Hélin , rédacteur en chef du site depuis 2015, qui a pour la première fois entendu parler du projet de Pierre Prugneau sur un terrain de foot à 7 en 2012. Lorsqu’on fait un compte rendu, on est moins cadenassé que ne peut l’être la presse traditionnelle, on est totalement libre de dire ce qu’on a aimé ou non. Et du coup, ça plaît.» Pierre Prugneau : «Le fait que tu ne puisses pas voir les joueurs de l’équipe te rend plus objectif finalement, car tu ne leur dois rien.»

                                    Pure- player du sport lyonnais


                                    Le Libéro Lyon a un traitement global du foot rhodanien : l’actu de l’OL masculin senior, des féminines, des jeunes et aussi des autres clubs de la région jouant dans des divisions inférieures. Hugo Hélin : «Sur les jeunes, quand t’as presque la moitié de l’équipe senior qui est issue du centre de formation , t’es obligé de les suivre. Quand tu vas voir les matchs en u17 ou u19, tu te demandes du coup qui va sortir du centre de formation. » Une manière de faire mise à mal par le nouveau stade à Décines, dont l’éloignement est un sujet récurrent chez les fans lyonnais. Pierre Prugneau : «Avant, on était trois stations de métro du stade Gerland, Olivier, [derrière le compte Twitter @Gone_Academie, ndlr] qui nous aide énormément, habitait dans le quartier. On allait voir des matchs de jeunes très régulièrement, c’était comme une sortie. Là, c’ est presque deux heures de transports , tout ça pour prendre le risque qu’ils soient partis faire un footing ailleurs. Pour un site comme le Libéro, c’est un problème. Et un budget aussi, même pour les pigistes professionnels.»





                                    Cette écriture totale, qui en fait un pure-player du sport lyonnais, se retrouve aussi dans le traitement des matchs de Lyon la Duchère, Saint-Priest, Chasselay ou Villefranche. Les résultats sont donnés chaque semaine, des comptes rendus réalisés sur place, comme lors du Lyon La Duchère - Sannois Saint-Gratien, dont deux buts ont fait le tour du monde. «On est des passionnés de foot. Et le foot, c’est toujours un truc de proximité. Donc t’es souvent attaché aux clubs de ton quartier ou des villes qui sont juste à côté», rappelle Hugo Hélin. Lors de la création de la métropole du Grand Lyon, le média avait publié un papier donnant la composition d’une fictive «sélection grand-lyonnaise», qui permettait ainsi d’instruire l’histoire du territoire comme du club. «Je ne suis pas un supporteur de l’OL, je suis un supporteur de Lyon, confie Pierre Prugneau. Quand tu t’es imprégné de cette ville, froide au premier abord, tu te mets vite à l’adorer et à ne plus pouvoir t’en passer. Et pour le club, qui peut paraître froid aussi de l’extérieur, c’est pareil.» Ou comment nourrir son sentiment d’identité à un lieu, par le haut, grâce au sport.

                                    Liberation

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                                    • OM-OL : Lyon peut désormais se plaindre des penalties pour l'OM

                                      Publié Dimanche 01 Avril 2018 à 12:40


                                      Au coeur de l'hiver, Jacques-Henri Eyraud avait fait part de son mécontentement concernant les décisions arbitrales prises à l'encontre de l'Olympique de Marseille, le président de l'OM faisant remarquer que l'Olympique Lyonnais avait étrangement beaucoup plus de penalties accordés que le club phocéen. Mais ce dimanche, après les deux penalties donnés par Jérôme Brisard à Marseille contre Dijon, dont un a été transformé par Dimitri Payet, Mathieu Grégoire, journaliste de L'Equipe en charge de l'OM, dresse un bilan plutôt étonnant.

                                      En effet, désormais l'Olympique Lyonnais et l'Olympique de Marseille sont à égalité sur le plan des penalties accordés (6), mais l'OM a un énorme avantage sur le club de Jean-Michel Aulas. Car dans le même temps, les arbitres ont sifflé 8 penalties contre l'OL et seulement 4 contre l'OM. Une statistique qui apporte un éclairage original sur le classement actuel des deux formations en pleine bataille pour la troisième place. On attend les explications de Jacques-Henri Eyraud et de Jean-Michel Aulas sur ce sujet, même si finalement tout cela démontre surtout que les arbitres sifflent toujours en leur âme et conscience et que la théorie du complot doit être relativisée...

                                      Foot 01

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                                      • Tony Vairelles revient sur son échange avorté avec Cristiano Ronaldo



                                        02/04/2018 à 00h32


                                        Sur le plateau de J+1, l'émission de Canal Plus, Tony Vairelles a évoqué à nouveau ce dimanche son choix de ne pas quitter l'Olympique lyonnais pour le Sporting Portugal en 2003. Si l'attaquant avait accepté, alors l'OL aurait pu attirer un certain Cristiano Ronaldo, jeune talent en devenir.
                                        C'est une petite anecdote qui laisse forcément des regrets dans le Rhône. Invité dans J+1 dimanche, Tony Vairelles a évoqué ses années en Ligue 1, et notamment son passage contrasté à l'Olympique lyonnais entre 1999 et 2003 (entrecoupé de prêts à Bordeaux, Bastia et Lens). L'ex-attaquant est revenu à nouveau sur son "échange qui ne s'est pas fait" entre lui et... Cristiano Ronaldo!

                                        "Lyon doit regretter aujourd'hui!":cloown:


                                        On est en 2002-2003 et le Sporting Portugal souhaite attirer Vairelles sous forme d'échange. Le buteur n'est plus dans les petits papiers de l'OL, mais "Lyon voulait de l'argent", explique-t-il, avant de préciser: "Il me restait un an de contrat, donc Lyon voulait un transfert et ne voulait pas d'un échange." Dans le détail, le club lisboète veut attirer Vairelles et envoyer à Lyon deux joueurs, dont Cristiano Ronaldo, 18 ans à l'époque.


                                        Finalement, face à l'inflexibilité de l'OL, Tony Vairelles s'en va à Rennes et Cristiano Ronaldo ne débarque pas en France. "Je pense que Lyon doit regretter aujourd'hui!", rigole-t-il. Quelques mois plus tard, le Portugais signera à Manchester United...

                                        RMC sports

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                                        • OL: Pourquoi Myziane Maolida est-il pris en grippe par une partie des supporters lyonnais?


                                          FOOTBALL L’attaquant de 19 ans formé à l'OL a été sifflé pour la deuxième fois en moins d'un mois par une partie du Parc OL, dimanche contre Toulouse (2-0)...

                                          Jérémy Laugier

                                          Publié le 04/04/18 à 08h05 — Mis à jour le 04/04/18 à 11h05



                                          A 19 ans, Myziane Maolida est l’un des jeunes les plus utilisés par Bruno Genesio cette saison.
                                          A l’image de son entrée en jeu dimanche contre Toulouse et des réactions de nombreux supporters, le jeune attaquant n’est pas encore parvenu à se lâcher en Ligue 1 avec son club formateur.
                                          A 19 ans, Myziane Maolida ne s’attendait certainement pas à avoir autant sa chance avec le groupe professionnel cette saison. Auteur de 3 buts en 21 apparitions, toutes compétitions confondues, le prometteur attaquant devrait être en plein rêve avec son club formateur. Mais sifflé par une partie du Parc OL lors de ses deux dernières apparitions en Ligue 1, il est très loin de faire autant l’unanimité qu’ Houssem Aouar.


                                          Infos de L'OL
                                          @InfosDeOL
                                          Ouai, bon bah on jouait super bien puis Myziane est entré en jeu.
                                          C'est bien qu'il ait du temps de jeu, mais pas un passe droit.
                                          Gouiri a fait plus en 2 min de jeu.#OLTFC

                                          22:51 - 1 avr. 201
                                          8


                                          Dézu
                                          @AntoineDzl
                                          Myziane il a rien d’un jeune talent... 😑 #OLTFC

                                          22:13 - 1 avr. 2018


                                          Comment un nouveau symbole de cette fameuse académie lyonnaise dont sont tant fiers les supporters peut-il être aussi vite pris en grippe ? « Il fait partie de ces joueurs qui peuvent agacer car ils ont un côté lymphatique, estime Stéphane Roche, ancien directeur du centre de formation. On aimerait parfois qu’il ait plus de tranchant mais c’est son style. Il va presque toujours au même rythme, ce qui ne l’empêche pas d’éliminer ses adversaires. Et que ce soit en U19 ou en National 2, il a marqué des buts décisifs. »



                                          « Dès son arrivée en U16, son jeu défensif était un gros frein à gommer »


                                          Malheureusement pour lui, Myziane Maolida a manqué une balle de qualification pour les quarts de finale de Ligue Europa, au bout du fiasco face au CSKA Moscou (2-3) le 15 mars. Quatre jours plus tôt, le numéro 17 lyonnais avait mystérieusement été hué à son remplacement après 65 minutes intéressantes contre Caen (1-0). A l’image de dribbles manqués et d’un pressing parfois insuffisant, ce qui lui a valu un vif recadrage de Bruno Genesio, il a par contre été en difficulté dimanche face à Toulouse (2-0).


                                          Eddy Fleck
                                          @eddy_fleck
                                          Myziane qui sort en premier (belle gestion) et sifflé en plus. Prenez des cours intensifs de football svp.

                                          19:27 - 11 mars 2018



                                          Raphaël
                                          @ibarbinho
                                          COMMENT CA MYZIANE EST SIFFLE C'EST UNE PURE HONTE


                                          19:26 - 11 mars 2018

                                          « Dès son arrivée chez nous en U16, il a fallu le faire évoluer dans son jeu défensif, qui était un gros frein à gommer, indique Stéphane Roche. Il a fait beaucoup de progrès mais il peut donner l’impression de manquer de détermination. » Il lui en faudra davantage pour profiter de la blessure musculaire de Maxwel Cornet et jouer un rôle clé dans la quête de podium de l’OL en Ligue 1.

                                          « Il a du Anthony Martial en lui »


                                          Avec une inconnue : comment un espoir de 19 ans perçoit-il les sifflets de ses propres supporters ? « Myziane n’est pas le genre de mec à douter, indique un joueur l’ayant côtoyé à l’OL. Je suis certain qu’il ne calcule même pas ces sifflets. Il va en surprendre plus d’un car il a du Anthony Martial en lui, sur le talent incroyable et sur ce même côté en dilettante. »






                                          Un talent qui a notamment sauté aux yeux avec les pros lors d’un match de présaison en juillet dernier au Celtic Glasgow (0-4), avec un sacré slalom victorieux à la clé. Un petit numéro qui semble déjà loin au vu de son actuel manque d’inspiration. « Cette période et ces sifflets font partie d’un parcours, conclut Stéphane Roche. Myziane va devoir passer ce cap du dernier geste. » Sans quoi il ne parviendra pas à retourner cet exigeant public du Parc OL.

                                          "20 minutes..."

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                                          • Bruno Génésio envisage de faire évoluer son équipe dans un 4-4-2 en losange avec Memphis Depay en pointe haute. Pour plusieurs raisons.
                                            La semaine dernière face à Toulouse (2-0), Bruno Génésio surprenait son monde en alignant Memphis Depay à la pointe de son 4-3-3 mis en place depuis la blessure de Nabil Fekir. Auteur d'un match plein conclu par un doublé, l'international néerlandais avait répondu favorablement aux attentes de son entraîneur qui, depuis plusieurs jours, fait part à son entourage de sa grande satisfaction. À tel point que sa réflexion le pousse aujourd'hui à remodeler le système utilisé ces dernières semaines pour permettre à Depay de conserver la liberté d'action qui lui permet de s'exprimer au mieux.

                                            Moins de responsabilités défensives
                                            Depuis le début de la saison, Memphis Depay ne brille pas par son implication défensive et la rigueur que le poste d'ailier nécessite dans une animation avec un double pivot axial. Plus libre de ses mouvements en pointe face à Toulouse, l'ancien de Manchester United a fait preuve de beaucoup d'entrain pour se balader dans les différentes zones, décrocher, combiner dans les petits espaces ou prendre la profondeur. Mais alors que ce positionnement n'était envisagé qu'en remplacement de Mariano (suspendu, ndlr), la performance de Depay a poussé Bruno Génésio à envisager de nouvelles associations. Cette semaine, à l'entraînement, le coach rhodanien a mis en place un losange avec le Néerlandais en pointe haute derrière une doublette Mariano-Traoré.

                                            Préparer le retour de Nabil Fekir
                                            Cette approche permet aussi à Bruno Génésio d'anticiper le retour à la compétition de Nabil Fekir, présent vendredi à l'entraînement collectif. Et puisque l'entraîneur lyonnais ne semble pas considérer son exil sur un côté comme une solution durable, le 4-3-3 devrait de nouveau céder sa place. Pour ce nouveau système en losange ? Plus probable que l'ancien 4-2-3-1 qui supposait d'enlever un milieu de terrain. En l'absence du capitaine, Houssem Aouar et Tanguy Ndombélé ont convaincu. Pour répondre à ces différentes problématiques, Bruno Génésio a donc étudié la possibilité d'un nouveau 4-4-2 qui permettrait en théorie de régler les problèmes d'équilibre souvent mis en lumière par les ailiers, de conserver un entrejeu à trois, de réintégrer Nabil Fekir à son poste préférentiel et de déporter la concurrence sur Depay, Traoré et Mariano qui se disputeraient les deux postes de l'attaque. L'option, répétée à plusieurs reprises cette semaine, pourrait être opérationelle dès dimanche à Metz.

                                            goal.com/
                                            Et loin des esclavages, l'air qu'ils boivent ferait éclater vos poumons

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                                            • Lucas Tousart déjà cadre de l'OL


                                              Publié le samedi 7 avril 2018 à 00:05


                                              L'international Espoirs est devenu en deux saisons un pilier de l'OL. Et s'amuse que son style «de 6 un peu à l'ancienne» le vieillisse alors qu'il n'a que vingt ans.


                                              Hervé Penot



                                              Dès la fin de l'entraînement, après une séance photo rondement menée, Lucas Tousart, sourire franc, s'assoit dans une salle du centre d'entraînement de Lyon. À bientôt vingt et un ans (le 29 avril), moins médiatisé que Houssem Aouar et Tanguy Ndombele, ses équipiers, il est pourtant le milieu que Bruno Genesio coche au moment de façonner son coeur du jeu. Il n'a raté qu'un match de Championnat (suspension) et un seul de Ligue Europa pour cause de déplacement sans enjeu à Bergame. Il a même été capitaine des Espoirs lors de leur victoire au Monténégro (2-0), à la faveur de la blessure d'Abdou Diallo. L'ancien Valenciennois raconte son arrivée à Lyon et son évolution rapide.

                                              «On peut vous appeler l'ancien du milieu avec vos vingt-trois apparitions en L 1 avant cette saison quand Ndombele et Aouar sont des quasi-débutants ?


                                              On me le dit souvent. Quand ils me voient jouer, les gens pensent même que j'approche de la fin de ma carrière. C'est assez rigolo. La barbe y fait peut-être un peu (rire)... Mais ça vient de mon style de jeu, ma manière d'être, je suis un 6 un peu à l'ancienne. Mais je vais aussi sur les réseaux sociaux (rire).


                                              Vous en êtes déjà à cinquante matches, en comptant ceux avec les Espoirs. Comment gère-t-on cet enchaînement pour une première saison complète ?


                                              Je mets tout en oeuvre pour bien récupérer, car je me lève parfois avec les muscles qui tirent. Les gens ne voient que les matches, mais si tu n'es pas sérieux dans ta vie, les soins, les entraînements ne servent à rien. Je me couche assez tôt car le sommeil est important quand on joue tous les trois jours. Quand tu cours un peu moins à mon poste, ça se ressent. Peut-être que certains ont plus d'activités que moi (rire).


                                              Tout va très vite non ?


                                              Très très vite. En plus, quand j'ai débuté, j'étais devant, sur un côté avec une tendance à déborder mais vers 15-16 ans, on m'a descendu. On m'a dit : "Tu as un gros volume de course, tu vas servir plus devant la défense." Au début, j'étais frustré. Quand on est jeune, on veut faire des passes décisives, marquer des buts, mais avec le temps j'ai compris que ce poste me correspondait. J'avais perdu en vitesse. Ado, mon corps a changé, j'avais du coffre pour enchaîner les courses, mais pas pour des courses rapides ou intensives sur 10-20 mètres. À Lyon, il y a beaucoup de joueurs capables de folies techniques devant, moi je suis donc là pour compenser.


                                              Est-ce frustrant ?


                                              Ceux qui connaissent le foot savent juger mon poste. Ce n'est pas un problème. Je suis admiratif de ce que font Houssem (Aouar) et Tanguy (Ndombele) et on met plus en lumière ceux qui sont à la finition. Mais le staff est reconnaissant du travail de l'ombre...

                                              «Celui qui me bluffe, c'est Verratti»


                                              Quels sont vos axes de progression ?


                                              On travaille ma capacité à trouver des relances qui vont casser une ligne vers l'avant. Ça va avec la prise d'information : voir avant de recevoir, voir à l'opposé avant de transmettre le ballon. Je dois être capable de faire cette passe qui trouve les attaquants ou de temporiser si l'adversaire est bien regroupé.


                                              Observez-vous des joueurs qui évoluent à votre poste ?


                                              Oui et surtout comment ils font avant de recevoir le ballon. Celui qui me bluffe, c'est Verratti. À chaque fois qu'il va le recevoir, il donne des coups de tête sur les côtés ou vers l'arrière : il regarde si quelqu'un le serre et où sont ses partenaires. C'est très fort. Ensuite, il sait déjà ce qu'il va enclencher, comment se comporter, comment se positionner. J'ai vu Iniesta (33 ans) avec le Barça, cette semaine... Malgré son âge, il est magnifique. Regardez son intelligence, sa faculté à voir partout ce qui se passe, sa tête bouge comme un radar. Je dois apprendre de ces gens-là.


                                              Tout n'a pas été évident à vos débuts à Lyon...

                                              ... À Lyon, l'adaptation n'est pas toujours facile. C'est déjà un problème de niveau. Ce n'est pas évident de s'intégrer quand on vient de plus bas. Il y a un cap à franchir au niveau des entraînements, des matches. Moi, j'arrivais avec seulement six mois de L 2 et j'ai logiquement connu le banc (2015-2016, 60 minutes en L 1). Quand vous voyez dans un vestiaire des Valbuena, Gonalons, Tolisso, Lacazette, il n'y a rien à dire. Alors je bossais, mais il faut être costaud quand, le week-end, on descend en CFA alors qu'on s'est entraîné avec le groupe la semaine. Ce n'est pas hyper motivant. Mais on sait aussi le travail qu'il reste à accomplir.

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                                              Son nombre de titularisations avec l'OL, toutes compétitions confondues, depuis le début de la saison 2016-2017.
                                              Étiez-vous soutenu dans ces moments difficiles ?



                                              Pas forcément. Le monde du foot, c'est un monde où tu es un peu livré à toi-même, même jeune. À toi de prendre les décisions, mais cette année dans l'ombre m'a fait grandir. Je vivais seul. Ce n'était pas évident parfois, mais j'avais ma famille, mes proches.
                                              Il a fallu la suspension de Maxime Gonalons (4 matches) après le match contre Bordeaux (le 10 août 2016, 1-3) pour intégrer vraiment l'équipe...
                                              Ça a tout lancé. Je me suis dit : tu dois saisir ta chance, tu as quatre matches. Ensuite, on a pu jouer ensemble, j'ai fait la Ligue Europa. Gonalons m'a aidé. Il est vachement dans la réflexion. Être un 6, ça demande de l'intelligence dans le placement et il m'a beaucoup appris. On ne s'en rend pas compte de l'extérieur, mais l'expérience est un élément clé. Prenez Jérémy Morel. Il t'apporte de la sérénité par ses qualités, mais aussi par son regard. Tu le sens tranquille, calme. Ça te rassure.


                                              Vous avez été nommé capitaine lors du dernier match des Espoirs au Monténégro...


                                              ... C'est flatteur et ce n'est pas rien. Ça veut dire que les coaches m'accordent une certaine importance dans un groupe. Mais je ne dois pas m'arrêter à ça. J'ai encore des paliers à franchir...»

                                              L'équipe

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                                              • OL - Ferland Mendy, l'insouciance incarnée


                                                Julien Huet

                                                LIGUE 1 - Sur le terrain comme en dehors, l'une des révélations de la saison lyonnaise ne se pose pas beaucoup de questions. En dépit d'un choix crucial à bientôt devoir effectuer entre les sélections française et sénégalaise.
                                                Vingt matches de Ligue 1. C'est tout. A 22 ans, Ferland Mendy vient seulement de lancer sa carrière au plus haut niveau. Et pourtant, certains observateurs lyonnais n'auraient pas été surpris de le voir avoir une chance en équipe de France lors du dernier rassemblement.


                                                Cela n'a pas été le cas mais qu'importe : comme Houssem Aouar et Tanguy N'Dombélé, Ferland Mendy est l'une des révélations de la saison. Placé en concurrence avec Fernando Marçal, l'ancien Havrais a fini par prendre le dessus. A ceux qui diront qu'il a fallu pour cela que le Brésilien refuse de serrer la main de son entraîneur lors de son remplacement devant le CSKA Moscou (2-3), d'autres rétorqueront que la prise de pouvoir de Mendy était inéluctable.



                                                La Grande Surface
                                                @grandesurface
                                                De retour à l'@OL, acte 2 entre @ferland_mendy et @NabilFekir 😂. Toujours une aussi bonne ambiance 👍🏻... #TeamOL 🦁

                                                6:10 PM - Feb 1, 2018
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                                                Arrivé à Lyon sur la pointe des pieds en provenance de la Ligue 2, le latéral gauche a très vite pris la mesure de la Ligue 1 : "C'est vrai que je n'ai pas eu l'impression d'être en-dessous de l'effectif quand je suis arrivé. Quand tu découvres la L1 et que tu vois la vitesse du jeu, tu te mets vite au niveau, notamment grâce aux joueurs avec lesquels tu t'entraînes." Et aussi en visionnant après chacun de ses matchs un montage de sa prestation.

                                                France ou Sénégal ?


                                                Parfois coupable de quelques fautes d'attention, l'intéressé s'efforce de progresser sur ce plan: "La concentration sur les déplacements, sur les moments où je dois intervenir ou pas, sur le respect des consignes données à l'entraînement. Avec le travail et le conseil des anciens, je progresse petit à petit.'' Un peu plus que ça si l'on en croit les propos de Bruno Genesio : "En ce moment Rafael et lui nous apportent un bon équilibre avec leurs facultés à être rigoureux défensivement et à apporter offensivement.'' Notamment quand Mendy met les cannes depuis son aile gauche pour venir perforer dans l'axe, une rareté pour un latéral : "Je rentre parfois à l'intérieur car je sens le coup comme ça. Je vais là où il y a l'espace." Pas étonnant pour ce fan de Marcelo, "la classe mondiale''.

                                                Le Lyonnais n'en est pas encore là, quoique le FC Barcelone aurait un œil sur lui. Une rumeur qui fait franchement marrer ce chambreur invétéré : "Pour l'instant, je suis ici, je suis tranquille! (Rires) Peut-être que c'est faux, peut-être que c'est vrai, je ne suis pas au courant. Entendre cela m'a fait plaisir mais je ne suis pas quelqu'un qui va se dire : ''Pourquoi pas le Barça?''

                                                Le jeune homme n'est de toute façon pas le genre de type qui va se prendre la tête, même quand le Sénégal lui fait les yeux doux dans l'optique de la coupe du Monde: "Honnêtement, je n'y pense pas. Que ce soit l'équipe de France ou le Sénégal, je ne me suis pas vraiment penché sur cette question." Alors, on insiste, on lui fait remarquer que le Mondial est dans trois mois et qu'il va bien falloir qu'il se prononce : "Oui, c'est une décision qui va être difficile à prendre. Je le ferai quand ce sera le moment venu mais je pense que le moment venu ne va pas trop tarder! (Sic) Honnêtement, aujourd'hui, je ne sais pas du tout, je ne peux pas vous dire." A Lyon, certains pourront lui rappeler que, quatre ans plus tard, Samuel Umtiti n'a sans doute aucun regret de ne pas avoir cédé aux sirènes du Cameroun pour le Mondial 2014.

                                                Eurosport

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                                                • PORTRAIT

                                                  Nabil Fekir, le clou du spectacle

                                                  Par Rico Rizzitelli — 9 avril 2018 à 18:16 (mis à jour à 19:01)


                                                  D’un abord réservé, le meneur de jeu international français impose son talent et s’épanouit depuis qu’il porte le brassard de capitaine de l’Olympique lyonnais.

                                                  Les footballeurs professionnels n’aiment pas les lendemains. De fête, comme tout le monde, et surtout de matchs en nocturne. L’adrénaline les empêche de dormir. En ce lundi matin polaire, Nabil Fekir, le géomètre du jeu de l’Olympique lyonnais (OL) peine à ouvrir les yeux en face du photographe. Rentré tard dans la nuit de la Côte d’Azur, il est venu aux soins (cryothérapie) au centre d’entraînement de Décines (Rhône). Parka sombre, pull tacheté, pantalon blanc cassé, sneakers pourpres Dior («ça change, non ?»), il porte un bonnet Dsquared2 dont il ne veut pas se séparer. Las, harassé mais affable. «Nabilon» voudrait être ailleurs.




                                                  Fekir, à son corps défendant.«Depuis ma blessure aux croisés, je prends encore plus soin de mon corps. Je ne suis pas parfait, ça m’arrive de faire des excès. Je déploie alors plus d’efforts à l’entraînement pour compenser. On est dans un milieu où il faut faire attention à tout. Plus jeune, j’ai eu une affection au genou [la maladie Osgood-Schlatter, ndlr] qui m’a handicapé et j’ai dû quitter l’OL avant d’y revenir.»

                                                  Gérard Bonneau (recruteur à l’OL), scout toujours.«Il n’a pas été conservé à Lyon à 14 ans, il manquait un peu de puissance. Je suis allé le rechercher quatre ans plus tard à Saint-Priest, il avait une technique hors normes. Il voulait montrer que l’OL s’était trompé mais sans esprit de revanche. Alors qu’il disposait de propositions fermes de contrat ailleurs, il est revenu ici, sans garantie. Un an plus tard, il signait pro. Il a une force de caractère peu commune, comme Karim Benzema.»

                                                  Saïd Mehamha (ex-pro à l’OL), grand pote.«Il a un gros mental. Quand il a été blessé, j’allais courir avec lui après les entraînements. Il est ambitieux et bosse sans fin. Entre amis, il chambre facile et taquine sur les habits. Autrement, il est pudique, réservé et ne s’ouvre pas à tout le monde. Cela ne l’empêche pas de rester accessible. Même avec l’ampleur qu’il a prise, il a toujours le temps pour des selfies ou des autographes.»

                                                  Robert Mouangué (ex-entraîneur à Saint-Priest), éducateur en herbe.«On n’entendait pas le son de sa voix. Sur le terrain, il parlait avec ses pieds. La proximité du papa lui apportait quelque chose de très fort. Mohamed savait très bien y faire avec Nabil qui puisait dans ses racines familiales une force incroyable. Parfois, il m’appelait et n’avait qu’une seule question : "Nabil s’est-il bien comporté ?"»

                                                  Nabil Fekir, fils prodige.«J’ai grandi à Villeurbanne. Ma mère est assistante maternelle, et mon père a travaillé dans la métallurgie, avant d’être invalide. Il est bénévole au club de Vaulx-en-Velin. Je suis l’aîné, et deux de mes frères, Hamza et Tarik, jouent là-bas. Yassin [21 ans, ndlr] a signé pro à Lyon, l’an dernier. Depuis mon mariage et la naissance de ma fille, je deviens plus conscient, j’ai une famille à gérer. Mes parents m’ont appris à ne pas me prendre pour un autre, à être généreux et poli.»

                                                  Abdel Redissi (kiné de l’OL), mécanicien des corps.«Il est droit, réglo, respectueux. Il a des valeurs transmises par ses parents, dont il s’est toujours occupé. Devenu père, il regarde la vie différemment. Il fait ce qu’il faut et sait où il veut aller. En même temps, il est très croyant, laisse agir la part du destin. On ne choisit pas ce qui nous arrive. Une blessure, par exemple. Il faut l’accepter, ça rend plus fort.»

                                                  Ali Rechad (président du Football club de Vaulx-en-Velin), témoin périphérique.«Il est timide, introverti et n’aime pas s’exposer. Ça ne l’empêche pas d’être facile d’accès et altruiste. Il soutient des œuvres caritatives, dans l’humanitaire ou contre le handicap, et même notre club, mais il n’en parle jamais.»

                                                  Nabil Fekir et la couleur de l’argent.«Je ne suis pas économe mais je le gère normalement. Quand on commence à en gagner, ça peut rendre un petit peu fou. Du coup, j’essaie de garder les pieds sur terre.» En février, l’Equipe estimait son salaire à 230 000 euros net mensuels.

                                                  Abdel Redissi.«Il le dépense à bon escient. Il accorde aussi du temps à ceux qui sont laissés à l’écart ou qui n’ont rien. Sur terre, on ne rencontre pas les gens par hasard. Quand il peut tendre la main, il partage.»

                                                  Jean-Michel Aulas (président de l’OL), gardien du temple.«C’est un garçon structuré, sympathique, toujours positif, en parfaite adéquation avec l’institution OL.»

                                                  Nael Fedlaoui (coéquipier de 8 à 18 ans à Vaulx-en-Velin, à Caluire et à l’OL), homeboy de toujours.«Son talent inné, naturel, il l’a toujours mis au service de l’équipe. Même en meneur de jeu, il fait du travail défensif. Il pense d’abord à toi avant de songer à lui. Dans la vie, il a le cœur sur la main. Pas de secret, en vrai, on joue comme on est.»

                                                  Citizen Nabil.«Je me sens concerné par la vie de la Cité et, bien sûr, je vote. Aux deux tours ? Oui, mais je ne dirai pas pour qui. Je ne suis pas retourné en Algérie depuis trois, quatre ans ; ça n’a rien à voir avec la sélection. C’est le pays où mes parents ont grandi, mes racines, j’y suis attaché. Le choix de la sélection a été compliqué. J’ai deux pays, c’est comme ça.»

                                                  Kemil Sebaa (ancien partenaire à Saint-Priest), acolyte perdu de vue.«Je l’ai vu jouer en débutant à 5 ans à l’AS Tonkin, à Villeurbanne, et c’était déjà une pépite. Je l’ai retrouvé à moins de 19 ans à Saint-Priest et il "froissait" tous les Lyonnais avec ses passements de jambes quand on jouait contre l’OL. C’est un gars qui ne fait jamais d’histoires. A Lyon, il voulait le numéro 18, comme Ben Arfa, un rebeu, gaucher et technique, comme lui. Quand il est devenu capitaine, les gens ont douté mais il l’était déjà dans l’âme. C’était le capitaine de sa famille, unie et solidaire, le repère de ses petits frères.»

                                                  Jean-Michel Aulas.«Le capitanat l’a responsabilisé. Il l’a assumé avec envie, il est devenu plus expressif. Je n’ai jamais vu un joueur de son niveau ici, pas même Karim [Benzema]. C’est un joueur à part, il suffit de regarder le respect que lui vouent les autres joueurs.»

                                                  Robert Mouangué.«Il s’en est toujours sorti par le jeu. Lors d’un match important contre Montpellier, Bryan Dabo faisait le malin avant pour nous déstabiliser : "Quand on sera pros, vous serez tous mécanos." Nabil n’a rien dit, et, sur le terrain, il a fait la misère à Dabo. C’était la première fois que Dabo entendait parler de Nabil Fekir et il ne l’a jamais oublié.»

                                                  Cernes prononcés, barbe luxuriante et regard dans le vide, ce matin-là, Nabil n’avait qu’une envie : rentrer chez lui, dormir. «On a conscience de nos qualités, on sait ce qu’on doit corriger, on ne doute pas», disait-il, sans qu’on sache s’il parlait de lui ou de son équipe. Pour ce qui le concerne, l’été s’annonce brûlant, entre une place peu évidente à conquérir pour la Coupe du monde avec les Bleus et un éventuel transfert dans un grand club européen…

                                                  18 juillet 1993 Naissance à Lyon.
                                                  Juin 2005 Pas conservé en préformation à l’Olympique lyonnais.
                                                  Eté 2012 Signe professionnel à Lyon.
                                                  26 mars 2015 Première sélection en Bleu contre le Brésil
                                                  .

                                                  Rico Rizzitelli
                                                  Liberation

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                                                  • Jean-Michel Aulas : « Le modèle parisien ne pourra pas persister »


                                                    Le président de l’Olympique lyonnais défend le modèle de son club et dénonce la concurrence faussée du PSG et de Monaco.


                                                    LE MONDE | 14.04.2018 à 07h00 • Mis à jour le 14.04.2018 à 08h24 | Propos recueillis par Etienne Labrunie



                                                    Jean-Michel Aulas, en 2015, à Lyon.

                                                    Un autre football est possible. « Un foot business durable », promet Jean-Michel Aulas, le grand timonier de l’Olympique lyonnais (OL). Dans un entretien au Monde, le doyen des présidents de L1 (trente et un ans d’ancienneté) refait le foot, la saison et imagine l’avenir, de préférence sans le Paris-Saint-Germain version qatarie.

                                                    Comment abordez-vous ce sprint final ?

                                                    Avec beaucoup d’envie. Car, on le sait, Lyon termine très bien ses championnats en général. C’était le cas à la grande époque, avec quatre grandes remontées sur nos sept titres consécutifs. Nous venons de prendre la 3e place. Une première étape. Mais pourquoi pas plus haut ? Toutes les équipes ne sont pas à l’abri d’une mauvaise série. Monaco joue à Paris pendant que nous recevons Amiens. On peut revenir à quatre points. Tout est possible.

                                                    Une quatrième place serait un échec ?

                                                    Dans l’absolu, oui. Car notre objectif est de nous qualifier pour la Ligue des champions [C1]. On peut aussi pondérer : ce qui est un échec pour Lyon ou Paris est une réussite brillante pour Bordeaux, Saint-Etienne ou Marseille. Mais je n’imagine pas qu’on ne soit pas sur le podium.

                                                    Une qualification pour la C1 « vitale » pour l’OL, selon vos propres termes ?


                                                    Non, elle est juste nécessaire pour atteindre les sommets et combler le retard avec les grands clubs européens. Les revenus liés à la C1 sont très importants et vont encore augmenter l’année prochaine grâce aux droits télé, revus à la hausse (+ 38 %). Atteindre les quarts de finale devrait rapporter autour de 80 millions d’euros. Si on échoue, on trouvera une solution. Nous pouvons multiplier les activités dans notre stade, ou nous accorder le droit de vendre un joueur de plus. Notre équilibre n’est pas en péril. Loin de là.

                                                    Quel regard portez-vous sur cette saison contrastée ?

                                                    C’est une saison énervante, car nous avons battu les trois candidats au titre chez nous. Nous sommes allés gagner à Marseille [3-2, le 18 mars] dans un match d’anthologie ! Mais il y a aussi eu quelques trous d’air qui ont crispé tout le monde. Le foot est ainsi fait. Le bilan est globalement très positif. Les défaites contre Caen en quarts de finale de la Coupe de France et face au CSKA Moscou en huitièmes de Ligue Europa sont les plus dommageables.

                                                    Cette élimination face à Moscou est votre plus gros regret ?

                                                    Oui, car on avait beaucoup bataillé pour que l’UEFA choisisse Lyon pour la finale, avec l’idée en tête d’aller au bout. Gagner une Coupe d’Europe à Lyon, cela aurait été beau !

                                                    A quoi sont dus ces « trous d’air » ?

                                                    Avec le recul et trente années de pratique à mon poste de président animateur, je suis bien placé pour juger. Mon explication, qui est la bonne, est la jeunesse de notre effectif. Des joueurs très brillants qui se laissent déborder par leur enthousiasme. Ils ne font pas exprès. Cette jeune classe doit juste comprendre que, quand elle réussira tous ses matchs comme à Marseille, on ne sera pas loin d’être champion de France.

                                                    Cette saison a aussi été marquée par des problèmes récurrents avec les supporteurs…

                                                    Nous avons été confrontés à deux phénomènes. D’abord, l’impatience de certains supporteurs. Depuis vingt et un ans, nous sommes en Coupe d’Europe. Nos supporteurs, qui sont de plus en plus jeunes, sont dans l’ivresse de la performance. A cette impatience s’ajoutent les interdictions de déplacement souvent injustes. Parallèlement à cela, il y a un certain nombre de mouvements en France auxquels il faut faire attention. Des mouvements identitaires dont nous avons été victimes. Ils viennent manipuler, noyauter des groupes des supporteurs. Ils trouvent un terrain fertile à travers le foot et son exposition médiatique.

                                                    Aux débordements et incidents s’ajoutent les banderoles hostiles. Comment sortir de la crise ?

                                                    Le dialogue est ouvert. Je ne suis pas inquiet. C’est dans ma nature. Le début de ma carrière s’est fait sur les barricades de Mai 68, donc, les négociations, les discussions, ça me connaît. J’ai une relation suivie avec nos groupes de supporteurs. Nous avons un besoin absolu des fans pour soutenir l’équipe, mais nous avons aussi besoin des entités économiques. Il faut faire attention à l’image que l’on donne. On peut discuter, mais on ne doit pas mettre l’institution en danger.

                                                    L’institution justement. Votre modèle n’est-il pas dépassé, mis à mal par l’arrivée massive d’investisseurs étrangers ?

                                                    On peut l’analyser comme ça. Moi, je pense avoir toujours été en avance. Un visionnaire. Il y a trente ans, quand je suis arrivé, les clubs étaient des associations. Je suis allé à Bruxelles pour que nous obtenions le droit d’être des sociétés anonymes et cotées en Bourse. Aujourd’hui, nous sommes propriétaires de notre stade, notre académie est la meilleure de France et la 3e en Europe. Nous sommes cités en exemple partout dans le monde.

                                                    Alors, quel est le problème ?

                                                    Ces Etats tout-puissants, qu’ils soient qataris, émiratis ou autres, qui compromettent un équilibre fragile. Ils provoquent la dérégulation du marché, l’inflation des salaires et des transferts. A l’UEFA, il y a une vraie prise de conscience, et la mise en place de la nouvelle règle « d’équilibre compétitif » dans le cadre du fair-play financier est une vraie bonne réponse. Elle va mettre en lumière les clubs qui ont des bases de fonctionnement saines et d’autres qui ont mis en place des systèmes qui n’ont rien à voir avec le sport et le foot. C’est bien pour cela qu’à moyen terme, le modèle parisien ou celui de Manchester City ne pourront pas persister.

                                                    Le PSG pourrait être inquiété par ce « nouveau » fair-play financier ?

                                                    On verra. Il peut y avoir des surprises et des sanctions en fin de saison. L’UEFA prend la main. « L’équilibre compétitif » sera appliqué en juillet. Désormais, un club de foot doit dépenser ce qu’il génère et des limites sont fixées. La dérégulation doit être contrôlée. Et ceux qui ne respectent pas les règles, sanctionnés.

                                                    Le PSG de Neymar qui remplit les stades ne fait-il pas la promotion de la L1 partout dans le monde ?

                                                    Il ne faut pas se tromper de débat. On a un besoin d’un championnat équilibré avec trois-quatre équipes de haut niveau pour qu’il soit vendeur. Le monde professionnel est à un tournant. Car il a construit une sorte de monstre avec le PSG. Derrière, il y a le reste de la troupe qui est en train de s’autodétruire. Le budget moyen des clubs de L1 est de 65 millions quand celui de Paris est de 700 millions, même s’il le conteste. Comment est-ce possible ? Il faut passer par une forme de régulation. Sinon, le système va exploser.

                                                    Les droits télé pourraient-ils être revus à la hausse ?

                                                    Un PSG qui termine avec 25 points d’avance, ça ne fait pas la valeur des droits. Pour l’instant, ils sont de 500 millions d’euros par an. En Angleterre, c’est trois milliards ! En outre, les droits sont vendus jusqu’en 2020. A cette date, Neymar sera-t-il encore là ?

                                                    La diffusion en prime time en Chine de Nice-PSG a été un succès d’audience et la Ligue professionnelle de football vient de signer un accord avec la chaîne publique chinoise CCTV5 pour la diffusion de matchs de L1 jusqu’en 2021…

                                                    Tant mieux. Mais la Chine veut surtout acheter des Nice-Lyon, car nous avons des actionnaires minoritaires chinois. Il n’y a pas que le PSG ! Je vous assure qu’un Lyon-Marseille fera beaucoup plus d’audience en Chine qu’un PSG-Guingamp !

                                                    L’OL peut-il être champion de France l’année prochaine ?


                                                    Non, car nous ne pouvons pas encore concurrencer le PSG tant que nous ne jouons pas avec les mêmes armes. Je mets également à part Monaco, qui bénéficie d’avantages fiscaux. Par contre, nous pourrons lutter avec le Bordeaux new-look, financé par un fonds américain, et l’OM de [l’Américain Franck] McCourt. Des concurrents loyaux et forts qui jouent avec les mêmes règles que les nôtres.
                                                    Dernière modification par Mr_X, 14/04/2018, 09h13.
                                                    Ils se sont levés. Ils m'ont applaudi et ils ont pleuré.

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