Annonce

Réduire
Aucune annonce.

Le respect ca change la vie

Réduire
X
 
  • Filtre
  • Heure
  • Afficher
Tout nettoyer
nouveaux messages

  • Le respect ca change la vie

    Envoyé par Rivendell
    Remerciements à mon grand ami Tim qui a passé un après-midi à rédiger cette jolie prose, adressée à des stéphanois, mais il m'a semblé convenable de vous la présenter ! Même si l'auteur a du mal à cacher sa subjectivité, c'est néanmoins d'une qualité exemplaire et ô combien enrichissant !


    Quatre jours avant le match, tant attendu par des millions de personnes à travers la France et au-delà, ce match dont la haine mutuelle que les deux villes, luttant pour la suprématie régionale, et bien souvent nationale, entretiennent depuis plusieurs siècles (avant même que le football naisse) a permis de créer une atmosphère particulière, indéfinissable. Un match qui décidément, n'a rien à voir avec les autres matchs. Lyon - Saint-Etienne. Comment en est-on arrivés à un point tel que cet affrontement dépasse totalement les bornes du match de football ? Pourquoi ce match est-il le plus important que nous jouions chaque saison ? Pourquoi détestons-nous Lyon ? Toutes ces questions s'entrecoupent irrémédiablement à l'approche du match de samedi. Je me suis essayé à une liste non exhaustive des raisons qui font que Lyon est, tout simplement, l'inverse de Saint-Etienne.

    Lorsque l'on se demande pourquoi Lyon est l'ennemi juré, c'est l'évidence géographique qui parle la première. En effet, seulement soixante petits kilomètres séparent les deux centres urbains. C'est extrêmement peu. Réunis dans la même région, les politiques économiques des deux cités ont toujours été liées, et ce dès le XVIIIème siècle, notamment avec l'industrie textile. Saint-Etienne a longtemps été économiquement dépendante de Lyon. C'est donc une certaine proximité géographique qui vient à l'esprit lorsque l'on évoque la rivalité. C'est la suprématie régionale qui prime, la sensation d'être footballistiquement le chef d'une région géographique donnée, comme une alternance de diverses dynasties, régnant sur un pays jusqu'à ce qu'une autre la détrône.

    Il faut également placer la rivalité dans un contexte précis qui est celui du ressenti des propres habitants ; bien au-delà du football, la rivalité entre les deux villes se fait clairement ressentir. Un habitant de Saint-Etienne vous affirmera, dans la quasi-totalité des cas, ne pas se sentir à l'aise en se baladant dans Lyon, ne trouvant pas la chaleur humaine dégagée par sa ville d'origine, mais au contraire la froideur d'une ville riche et distante. De même, le lyonnais ne retrouvera pas ce qui fait son quotidien en arpentant les pauvres rues de la noire Saint-Etienne. Ce ressenti, propre aux habitants-mêmes des deux villes, ne peut être compris que partiellement par quiconque ne vivant pas dans l'une de ces villes au quotidien. C'est une spécificité propre à une région particulière.
    Il est ensuite indispensable de comparer les diverses politiques ayant permis le développement des deux villes sur les siècles derniers. Pour cela, il semble impossible d'occulter le fameux antagonisme entre la ville minière et la ville bourgeoise. A partir de là, comme l'affirmait Benjamin Couland dans son étude "Lyon et Saint-Etienne, un enjeu majeur de la restructuration des patrimoines régionaux", les deux cités "semblent même se servir de cet antagonisme comme représentation concrète de leur identité et utiliser celle de l’adversaire pour renforcer la leur". Le passé minier devient par conséquent la fierté des supporters de l'AS. Saint-Etienne. Et l'argument de la ville bourgeoise de devenir la principale raison du mépris envers le voisin lyonnais. De même, dans l'autre sens ; le passé bourgeois de la ville de Lyon est reconnu par les supporters, et c'est avec mépris que le passé minier du voisin stéphanois est évoqué. "L'Albanie à 50 kilomètres de l'Europe" affirmait encore, il y a peu, un supporter lyonnais sur un forum de discussion.

    La rivalité entre les deux équipes reposerait donc sur une dichotomie sociale, dont la conséquence directe serait une opposition entre ville ouvrière et ville bourgeoise. Il faut noter qu'historiquement, cette opposition, pouvant paraître manichéenne à première vue, est tout à fait fondée. La dépendance de l'économie stéphanoise vis-à-vis de la cité lyonnaise a été ressentie dès la fin du XVIIème siècle, avec les premières politiques de développement ayant permis l'expansion du rayonnement économique lyonnais, d'abord dans toute la région forézienne, puis, avec le développement des axes de communication, dans la France entière. L'antagonisme entre les deux cités est donc un phénomène réel, puisant sa source dans la période prérévolutionnaire, et s'accentuant avec le développement industriel de la région. Pendant la révolution française, la rivalité s'accentuera par le fait que Lyon deviendra le bastion des contre-révolutionnaires (c'est la croisade lyonnaise contre les sans-culottes, en 1795 : la mathevonnade). Dans le même temps, Saint-Etienne prenait les armes contre le Roi. Par la suite, Saint-Etienne prendra réellement un statut reconnu de ville minière, tandis que Lyon verra son économie fleurir par le développement du commerce et la sédentarisation de familles riches et influentes. A partir de ce moment, on peut comprendre que les deux villes sont exactement l'inverse l'une de l'autre. Dès la fin du XIXème siècle, les deux cités sont clairement opposées ; elles le resteront. On remarque donc la légitimité historique de la croisade antilyonnaise, sans rapport aucun avec la plupart des "derbies" européens, et encore moins avec cette gigantesque mascarade qu'est Paris-Marseille, cette farce grandiose sans aucune histoire, montée de toutes pièces par les médias pour donner de l'intérêt au championnat, à un moment où le seul match intéressant n'avait jamais lieu, Saint-Etienne et Lyon se relayant, tour à tour, en deuxième division. Quoi qu'il en soir, aujourd'hui encore, dans l'esprit des supporters, l'affrontement entre les deux villes - car c'est un affrontement entre villes, et non pas entre clubs : c'est ce qui fait la particularité de ce match - reste, parfois confusément, celui entre la ville des ouvriers et celle des patrons, entre le club du peuple et le club de la bourgeoisie, comme on le retrouve dans divers pays (Penarol contre le Nacional, en Uruguay, par exemple). Dès lors, la rivalité peut prendre une dimension parafootballistique ; l'affrontement entre Lyon et Saint-Etienne peut donner lieu, on l'a vu, à un questionnement sociologique poussé. On va encore plus loin avec la banderole déployée par les supporters lyonnais lors d'un Saint-Etienne - Lyon de septembre 2000 : "Les gones inventaient le cinéma quand vos pères crevaient dans les mines". Choquante, cette banderole avait fait grand bruit à Saint-Etienne ; on peut se poser la question d'une discrimination éventuelle envers une population socialement défavorisée. Le passé minier de Saint-Etienne, dont les supporters tirent une fierté, est plus que méprisé par cette banderole ; le mineur devient un sous-homme et son métier une honte. Le terme "crever" montre la violence clairement affichée par cette banderole, violence s'ajoutant alors au simple mépris. Cet épisode marquant de l'histoire de la rivalité stéphano-lyonnaise est la preuve que cette rencontre-là est bien plus qu'un match de football.

    Pour finir sur un point de vue plus centré sur le football, l'affrontement entre stéphanois et lyonnais est une véritable bataille entre deux mentalités, entre deux façons opposées de voir le football. L'Olympique Lyonnais fait, aujourd'hui, plus penser à une entreprise qu'à un club. En aucun cas le business dans le football n'est condamné ; c'est la façon excessive dont les lyonnais l'exercent qui est blâmable. Lyon a fait du business sa marque de fabrique. A Lyon, vous pouvez prendre un taxi. En payant, une partie de l'argent reviendra au club. Il en est de même pour le coiffeur, pour certains produits ménagers... jusqu'au string OL (véridique !).

    Lyon est fier de ce "foot-business", se considérant comme des génies précurseurs, comme les inventeurs du "foot du futur", en érigeant Jean-Michel Aulas en prophète inspiré. A Saint-Etienne, nous avons encore la naïveté de croire que le football, c'est vingt-deux joueurs et un ballon, et que trop de business finira par tuer le football. Nous faisons perdurer le secret espoir que l'entreprise sévissant à soixante kilomètres s'écroule enfin et que le football gagne.
    Ce n'est là qu'une partie des raisons qui nous font détester Lyon. De nombreuses autres résident dans les soupçons de corruption des dirigeants lyonnais, dans l'étroite collaboration entre Jean-Michel Aulas et la Ligue de football Professionnel (laissant à penser qu'en haut de la hiérarchie, dans les institutions footballistiques, on souhaite que Lyon continue de gagner...), dans la personnalité des dirigeants et de leur non-respect chronique de l'éthique du football (les exemples sont si nombreux que nous nous en tiendront à l'affaire Ribéry, en juillet), et tant d'autres raisons qui font que ce match est attendu par chacun avec impatience et volonté.
    Face l'ogre lyonnais, invaincu et sûr de lui, notre hargne et nos efforts seront nécessaires pour espérer faire triompher notre vision du football, comme une bataille d'une heure et demie s'incrivant dans une guerre sans fin.
    Et aux Verts qui se présenteront samedi, à 17 heures, au stade Gerland, je demande d'avoir conscience de l'importance du match qu'ils vont jouer ; je leur demande de tout donner pour l'amour de Saint-Etienne, de ses habitants et de son football, fiers de notre passé et confiants dans notre avenir. Jouez chaque derby comme le match de votre vie. Allez les Verts !

    Tim
    tu aurais pu t'éviter tout cela,ili t'aurat suffit de dire que tu était jaloux (amoureux inside) de ton voisin Lyonnais. Nous sommes en 2006 plus en 1976 ! Malheureusement pour toi les poteaux ne sont plus carrés et JMA le sait..............;Lui !:grn:
Chargement...
X